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Bettencourt et le Gotha, selon les Pincon-Charlot, pourquoi les riches sont riches, une philosophie économique à traduire dans une politique, note 1

Publié le 04 juillet 2010 par Jcgrellety

Cadavres dans le placard, argent dissimulé, propos tenus en privé, les citoyens sont confrontés à une révélation : les relations humaines fonctionnent sur des secrets, ou en créent, et il arrive que, quelqu'un, quelque chose, fasse que ce qui a été dissimulé ne le soit plus, soit exposé à tous. Malgré Anelka, malgré Liliane de Bettencourt, un enregistrement témoigne. Qui, à leur place, ne serait pas révulsé d'être ainsi placé sous de tels feux de la rampe, malgré eux, soi ? Mais entre les citoyens, qui ont leurs petits secrets, et ce que ces enregistrements (le témoignage anonyme d'un joueur ou d'un membre de l'encadrement de l'équipe de France, un enregistrement audio) révèlent, concernant des personnes publiques, les citoyens apprennent que certains, parmi les plus haut placés, mettent en cause la valeur de l'autorité publique et par leurs "pouvoirs" réussissent à s'en libérer, alors que les autres sont eux soumis à une loi unique et intransigeante. Mais est-ce que ce qui fonde l'autorité et la loi est juste et bon ? La question est légitime, et le droit de répondre négativement l'est également. Mais il faut constater que, pour l'un et l'autre, il s'agit d'une remise en cause de ce qui les a constitué pour ce qu'ils sont, comme tels. Le premier n'est qu'un footballeur dont la place sur le terrain dépend d'un sélectionneur et d'un système dans lequel le fonctionnement et la réussite dépendent du droit et du pouvoir de choix d'un individu; droit et pouvoir dont l'Anelka a profité tout au long de sa carrière; la seconde n'est que la principale actionnaire d'un groupe, agrégat d'entreprises, et dont les dividendes annuels ont dépendu et dépendent du travail de milliers de salariés et des actes d'achat de millions de consommateurs-citoyens, de citoyens-consommateurs. Sans les uns et sans les autres, la fortune de Mme Bettencourt n'existerait pas. Or, il se trouve que, concernant cette fortune financière et des actifs, il existe des règles fiscales. A l'époque d'un bouclier fiscal qui lui a permis de percevoir l'année dernière un chèque de 30 millions d'euros, à titre de restitution, alors qu'il a été mis en place expressément pour permettre aux plus riches de l'être plus encore, il faut donc constater que Madame Bettencourt et les gestionnaires de sa richesse estiment que, malgré tout, ce n'est pas assez, et qu'il fallait donc frauder; En somme, s'il était possible de dissimuler toute cette richesse d'avoirs, il faudrait croire qu'elle l'aurait fait. Mais celles et ceux qui connaissent l'histoire de la gestion des fortunes en France savent que des grandes entreprises utilisent des subterfuges pour payer moins d'impôts et que quelques-uns parmi les plus fortunés font de même (certains réussissent, selon les années, à ne pas en payer du tout). Anelka, lui, préfère jouer en Angleterre pour ne payer trop d'impôts en France (trop, malgré le bouclier ? !). Or, NI M. ANELKA, NI MADAME BETTENCOURT, n'est riche PAR LUI-MEME, par ELLE-MEME. Aucun d'eux n'est un self made-man ou woman. La plus grande partie de cette richesse vient d'une collectivité citoyenne, des placements de milliers, de supporters, d'entreprises fondées sur le travail de milliers de salariés, d'acheteurs. Si l'un et l'autre ont pu chercher à trouver des solutions pour échapper à une prise de la collectivité sur leurs fortunes, c'est que le système le leur permet. C'est donc ce système qu'il faut examiner et remettre en cause. 1 : le non-plafonnement des revenus salariaux et des dividendes perçus

2 - une imposition à postériori, qui permet à une gestion habile de frauder ou non (car le pire est sans doute dans une gestion honnête mais dénue d'intérêt pour la collectivité). 

Or, depuis des siècles, les plus fortunés d'Europe ont inventé un réseau d'entraide et de co-gestion des fortunes, l'Internationale capitaliste. On vit dans des ghettos, on se marie entre soi, on...

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