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"Woerthgate" 3 pistes pour en sortir par le haut, par Corinne Lepage

Publié le 04 juillet 2010 par Dominique Lemoine @lemoinedo
La stérilité du débat engagé entre l’UMP - NC et le PS autour du « Woerthgate » occulte les vraies questions, et par conséquent les voies de réponses.
·   OUI, il y a une forme de chasse à l’homme, toujours déplaisante. Mais n’est-elle pas due au refus du ministre et du Président de tirer les conclusions d’une situation intenable, et d’organiser le départ de Eric Woerth qui est -répétons-le - inévitable.
·   OUI, cette affaire encourage le populisme et nourrit le « tous pourris » dont chacun sait à qui il profite. Mais, faut-il pour autant fermer les yeux sur cette situation inacceptable, et de manière générale augmenter l’opacité pour cacher toutes les turpitudes publiques et politiques, ce qui ne peut que les encourager et accroître par là même le mal qu’il faut combattre.
·   OUI, d’autres partis politiques et personnalités bénéficient de largesses de mécènes, ce qui pose la question de leur désintéressement. Mais, la particularité du cas de Eric Woerth est qu’il cumulait les fonctions de trésorier de l’UMP, de grand collecteur de fonds via le Premier Cercle et de ministre du budget, patron du fisc… et que sa femme travaillait pour la gestion privée de la fortune de Mme Bettencourt.
Il est toujours regrettable qu’il y ait un volet personnel avec tout ce que cela implique de stress dans une affaire de ce type. Mais élevons le débat et proposons de nouvelles règles du jeu.  ·   Qu’est-il acceptable en matière de financement politique ? Une association comme le Premier Cercle permet elle réellement d’envisager un traitement égalitaire notamment en matière de fraude fiscale des donateurs ? Ne faut-il pas être plus rigoureux dans les règles de financement des partis politiques, en limitant uniquement aux campagnes les périodes de dons. Une telle mesure, particulièrement opportune en temps de crise, serait d’autant plus justifiée que le financement des partis politiques est public, et que ces « dons » ne font qu’accroître l’inégalité du financement entre grands et petits partis, partis au pouvoir et partis de l’opposition.
·   Le champ de la prise illégale d’intérêt doit être étendu et la question des conflits d’intérêt posée de manière juridique et pas seulement éthique. Ce sujet est très vaste, ne touche pas seulement le politique mais aussi l’expertise scientifique (lorsque ce sont les experts des lobbys qui conseillent les politiques) avec des conséquences lourdes (voir par exemple la gestion de la grippe H1N1 notamment au niveau international).
·   L’indépendance de la justice et en particulier des parquets, rendant impossible l’immixtion directe de l’exécutif dans les affaires individuelles, est à nouveau posée. Le mouvement directement inverse de celui que nous observons depuis deux ans, et même depuis 10 ans, doit être mis en œuvre sans délai.
Si nous entreprenions ces réformes indispensables pour revenir à une éthique élémentaire du politique, alors, nous n’aurions plus à redouter les relents nauséabonds de l’exploitation par le FN de la situation, car il n’y aurait plus d’exploitation possible.
http://corinnelepage.hautetfort.com

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