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Shakhrisabz

Publié le 06 juillet 2010 par Argoul

Avant de quitter le pays, une visite s’impose.

Tamerlan descendait d’une tribu turco-mongole. Appelé aussi Timur, il est né en Transoxiane, à Kesh, ville aujourd’hui appelée Shakhrisabz. Fasciné par le prestige de Gengis Khan, orphelin de mère très tôt, Timur eut une jeunesse agitée. Chef d’une bande de malfaiteurs, il attaquait troupeaux et pillait les villages. Il reçut une éducation limitée, mais était doté d’une grande force et d’une volonté rare. Il avait aussi, dit-on, une chance insolente. Celle qui appartient aux audacieux !

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Il voulait faire de la cité de ses ancêtres l’égale de Samarkand. Après sa victoire sur Kounia Ourgench, puissante et superbe capitale du Khorezm au Turkménistan, Tamerlan fit déporter les meilleurs maîtres et artisans à Shakhrisabz et Samarkand. Ainsi furent construites mosquées, medersas, caravansérails, riches habitations. Shakhrisabz est ‘la ville verte’.

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De l’Ak-Saraï, le palais blanc, il ne reste que peu de choses. Les ruines du portail sont immenses, 30 m encore couvertes de majolique. L’émir de Boukhara le fit détruire au XVIe siècle.

Il reste ça et là un peu de ce qu’a pu être cette ville au temps de sa splendeur ; la mosquée Kok-Goumbaz a été reconstruite et dispose d’une acoustique exceptionnelle. Deux fois l’an des milliers de personnes s’y réunissent pour prier.

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L’intérieur du Makbarat Goumbaz Sayydan est magnifiquement décoré de fresques géométriques, florales et d’inscriptions coufiques.

La ville verte de Shakhrisabz est une petite cité située au cœur des collines de l’aride chaîne du Zeraoshan. Elle n’aurait rien de spécial sinon qu’elle n’était la ville natale de Timur !

Les vieux sont enturbannés, ils portent encore aujourd’hui de hautes bottes maksi, des tchoupan flottants et sur la tête des tioupes, calotte rectangulaire et noire, aux motifs symboliques brodés signifiant l’appartenance à un clan, à une région, à une confrérie religieuse. Ils m’interpellent : « opa ! », c’est un appel respectueux à une inconnue qui signifie « sœur » en ouzbek. Les vieux prennent le tchaï (thé) dans la tchaïkhana, la maison de thé typique de l’Asie Centrale. C’est une véritable institution dans le pays. Des dais en bois, sortes d’estrades carrées recouvertes de moelleux édredons colorés sont alignés sous un kiosque les protégeant du soleil ou dans une maison à étage ouverte aux quatre vents. L’intérieur est orné de suzani, ces tentures en coton très coloré, faites d’aplats de tissus cousus entre eux, que l’on accroche traditionnellement au mur en Ouzbékistan. Dans la maison de thé, l’on s’y déchausse pour s’asseoir en tailleur ou s’allonger sur le côté. Que faire sinon palabrer en buvant du thé vert, désaltérant en plein été. Dans les campagnes, les dais sont installés près d’un ruisseau.

La fatigue du séjour se faisait de plus en plus lourde, je me demande si je suis toujours capable d’apprécier à leur juste valeur les monuments que je visite, dommage !

J’aime la couleur bleue, les bleus de la mer, du ciel, des yeux, j’étais donc attirée par les coupoles, les décorations, l’histoire de l’Ouzbékistan et n’ai pas été déçue même si, hélas,  je n’ai retenu qu’une infime partie des explications données par les guides.

C’était un fabuleux voyage !

Sabine


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