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Crise algérienne, sur les ruines d'un socialisme algérien

Publié le 19 juillet 2010 par Boukhari Nacereddine

La crise n’est pas un effet du faux socialisme spécifique à l’algérienne, elle est plus due "cette crise" à l’absence de cet idéal !

Par N.E. Tatem avec ARGOTHEME Site de ARGOTHEME.       

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La crise algérienne peut-être observée sur plusieurs angles. Et choisir de l’analyser par celui de l’édification socialiste prônée aussi au temps de Boumediene, emporte inéluctablement la curiosité à l’appréhender selon l’axe du mouvement communiste algérien qui a suivi l’ensemble des péripéties de l’histoire contemporaine de ce pays de 1937, et bien avant, à ce jour.

La crise n'est pas un effet du faux socialisme spécifique à l'algérienne, elle est plus due "cette crise" à l'absence de cet idéal !

Beaucoup d’observateurs se demandent si le mythe algérien qui a été créé autour de la glorieuse guerre de libération, existe encore ?

Le rayonnement de la geste historique qui a été à l’origine de l’existence de l’Etat algérien, continue-t-il encore d’être idolâtré par les jeunes générations algériennes d’abord ? Et puis, si vit-il cet amour passionnel surtout de la diaspora, éprise d’observer ce pays souvent dérouté par les tourments, autant que par le passé ? Un espoir de retour à la voie du développement qui ne s’amenuise pas après la fin du pétrole, est-il possible ?

Ou bien se sont estompés l’aura et le prestige d’un combat qui a relevé la tête à un peuple dont les ancêtres ont été pendant bien de longs siècles sous moult occupations ? Car il n’est pas simple de regarder, sans susciter des passions, ce pays qui brasse des milliards de pétrodollars, sans se demander avec ses habitants ou bien se considèrent ressortissants, pourquoi tant de désespérance... Bezzzef, y’en a mare, vous diront certaines langues écœurées.

Pourquoi le pays vit la désolation de voir son système scolaire s’effondrer, après qu’il a fait de former une élite qui s’est toujours empressée de le quitter chassée par une razzia de médiocrité qui tient les centres sensibles qui gouvernent la société ? Des scandales de corruption ne cessent de détruire le semblant de stabilité, alors que les décideurs, et Bouteflika en tête, mettent leurs têtes dans le sable sans donner la lueur d’une conscience quelconque des vrais enjeux qui font l’avenir du pays.             

Et certainement il y a une multitude d’éléments (comme des observatoires) qui, à la fois traduisent et interrogent son identité, et ne sont pas connus ou consultés. Ces critères ou paramètres sont fondateurs de cette personnalité algérienne.

Que cela peut paraître peu plausible, ils permettent tous de se faire un angle, une position, une matière et un modèle pour méditer, ou analyser, cette construction, demeurée aléatoire, d’un Etat qui s’inscrit dans le contemporain des peuples. Et dont fait partie l’algérien, comme partie prenante des Etats émergeants, avide d’acquérir un bien-être.

Un socialisme spécifique avec lequel feu Mohamed-Chérif Messaâdia (ex premier responsable du parti FLN) mentait à feu Georges Marchais (ancien secrétaire du PCF).

Le choix du repère par lequel, comme un troue de serrure et sans voyeurisme on peut contempler l’évolution sociologique, politique, économique et culturelle de l’Algérie, est essentiel pour faire l’approche appropriée au thème de l’origine des différentes crises éternelles et multiformes. Une convergence des visions sur l’Algérie existe. Elle signifie qu’existent bien sources, méprisées, pour examiner de divergents arguments pour sortir de l’ornière.


Les pales étapes de l'histoire de l'Algérie
envoyé par DzCaNaL.

C’est pour cela que cette question du communisme algérien est comme un sentier tout tracé, et relevant de la trajectoire d’ensemble de cette véritable jeune nation, et ce pour plusieurs raisons. Et elle nous apprend le vécu de ce pays à travers ce qui communément désigné par les idées de gauche. Une contemplation bien quelconque mais instructive.

Les composantes de l’histoire algérienne, tel le fragment du communisme algérien que se partagent à longueur de plusieurs décennies les mémoires réellement présentent dans les annales et les chronologies, méritent d’être interrogées. Principalement les 2 sigles PCA (Parti Communiste Algérien, de 1937 à 1965) et PAGS (Parti de l’Avant-Garde Socialiste, de 1966 à 1990) nous informent sur les plans historique et idéologique, surtout et seulement, qu’il y a un reniement dangereux de certains spectres favorables à l’épanouissement de ce pays.

En effet, quel idéal a pu donner vie au projet d’un socialisme en Algérie et surtout à quoi est dû l’attachement des militants qui, d’une manière cornélienne, ont maintenu cette aspiration ?

Parce qu’au niveau de ces 2 partis politiques, la même composante humaine a parcouru presque tous les jalons temporels et périodiques depuis 1940 à 1988, puis demeurent encore à ce jour, en 2010, à l’état embryonnaire et de latence, cette évidence de l’existence de combats justes et infrangibles. Une telle dimension humaine recèle ou représente aussi un cadrage ou un pan de ce champ de vision ou de prospection, comme une jumelle ou un outil agrandissant, qui ne peut-être éloigné des réalités. Pour quoi nier que des algériens aspiraient au socialisme, du moins à l’une de ses doctrines. Est-ce un idéal, malheureusement, perdu pour les algériens ?

La genèse du communisme traduit aussi que le choc du 5 octobre 1988, est une rupture avec le mythe du socialisme algérien que ces 2 partis en ont faits comme objectifs de leur programme. Le dogme n’est-il pas déjà avec cette empreinte parmi les vérités algériennes, et qui sont gravement et dangereusement occultées ?

Si bien sûr cette dimension « socialiste », qui a été aussi instrumentalisée par Boumediene et l’appareil subalterne à son armée qu’est le parti FLN, peut figurer dans le parcours historique et identitaire des algériens. Au-delà de la réalité qui fait qu’en 2010, siège le PT (Parti des travailleurs de Louiza Hanoun) à l’assemblée nationale et de sa présence sur la scène politique comme un électron libre, les algériens rebutent et haïssent plus, qu’ils vénèrent, le socialisme. Il est certainement crucial de revisiter cette opposition positive dont s’est accommodé le PAGS pendant ces années de clandestinité.

Ce repère du 5 octobre qui a mis fin à la version socialiste du mythe algérien.

Le passage vertigineux du PAGS à la légalité, en 1990, constitue le point de fracture du socialisme avec les algériens. Les circonstances s’y prêtaient. Le mur de Berlin au niveau international et l’ostracisme des structures mentales locales, pour désagréger l’idéal socialiste en Algérie, n’ont pas été innocents. Avec d’autres conditions qui augmentent davantage la curiosité. Elles sont citées en interrogatoires à  la fin de ce sujet.

Si aujourd’hui le PT tourne-en-rond pour répondre au grand divorce de la population algérienne avec l’idéologie qui est doctrine du socialisme, dans la logique de son discours et de son identité, c’est parce que le communisme algérien qu’a combattu ce parti de Louiza Hanoun emporte avec lui le recul de la stratégie d’un parti révolutionnaire pouvant être un acteur majeur de la construction de la démocratie en Algérie. Un parti révolutionnaire est celui qui clarifie la vie, pour ne pas balancer encore davantage de confusion en matière de concepts politico-idéologiques…

En effet le manque de confiance des algériens dans le socialisme réside dans la disparition du PAGS ; Et de l’échec des tentatives de refonte d’un parti communiste ancré dans le mouvement social et les actions politiques qui expriment la soif populaire de démocratie, il y a aussi bien une certaine faillite du mythe algérien ainsi que de l’orientation édificatrice d’une nation moderne et démocratique.

Cet éclatement du plus vieil courant politique algérien est une fatalité à considérer, dans le sens d’évaluer et de rappeler un segment de la mémoire, comme un tronc du processus de l’évolution démocratique en Algérie. A moins qu’il faut rester encore autiste envers les pistes et les débats. Et à partir de cette dimension existe une analyse vivante et du moins décente de la crise algérienne, dont l’apogée est le terrorisme, qui semble toujours être en latence.

Cette extinction a emporté, chose qui se justifie comme une preuve, les fondements du progrès et de justice sociale qui devaient être dans le débat de la société algérienne. Cette dernière, comme communauté nationale ayant un Etat et une population en quête de citoyenneté, mérite de savoir où l’idéal réside.

Et pour qu’elle revendique, parmi toute l’humanité, un monde de paix et de libertés, elle a bien le droit de se faire, à l’instar des autres peuples, un idéal animé du respect des droits humains qui soit sa principale inspiration. Or vivre ce vide vécu par les algériens ne fait que multiplier les déceptions de sa jeunesse. Il est l’absence incarnée dans les débats actuels en Algérie, souvent loin de la clarté qui expose de vraies valeurs démocratiques. Et ce qui laisse place aux transgressions immorales nuisant aux normes et idées que certains définissent par la modernité.

La raison de cette perte de l’esprit militant ne donne pas, en premier lieu, un champ politique dynamique et prêt à instaurer la démocratie. Elle est le contraire, une négation bien voulue par les dominateurs qui ont toujours dirigé le pays, de ce qui crée et entretient le romantisme des combats les plus justes qui ont directement effet sur l’existence matérielle et collective.

Pour conclure, un tas de questions peut demeurer sans réponse dans cette exquise de la genèse du mythe du socialisme en Algérie. Elles peuvent être formulées ainsi :

Que s’est-il passé dans les rangs du PAGS pour qu’il se pulvérise ?

Les frappes des hostilités exogènes comme celles de Louiza Hanoun sont-elles venues à bout du communisme algérien ?

La théorie du noyautage sécuritaire est-elle plausible, ou bien la soupape dite des « militaro-staliniens » n’a pas fonctionnée pleinement ?

Le passage à la légalité, si dérapant, a-t-il été la 1ère déclaration à la dissolution, car la riposte a été sans une intelligente réactivé aux faits du 5 octobre ?

Car simplement la déferlante de la fin de l’URSS a empêché le parti révolutionnaire de se créer un idéal qui a pour sens le mythe algérien lui-même et dans sa globalité ?

La vacance du pouvoir, celui légitime et révolutionnaire, était depuis 1962 à combler, mais c’est l’autre histoire… Car celle qui a enclenché un épisode décisif dès octobre 1988, avec toujours la même vacuité de l’autorité légitimée par une gouvernance foncièrement progressiste. Comme le disait le militant assassiné par la machine terroriste qui exalte l’irrationnel : Demain reste à faire !  

Crise algérienne, sur les ruines d’un socialisme algérien


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