Tout est sale ici. Même l'amour propre a foutu le camp.
Ça fait quinze minutes que j'attends. Je regarde le petit sac à main que la cliente a laissé et je ne tente même pas de deviner ce qu'il contient. Je sais que je ne verrai pas la couleur des 30 dollars qui s'affichent au compteur. La jeune amérindienne attend toujours devant une porte de chambre qui ne s'ouvre pas. Dans son regard hébété, je comprends que la réalité n'a plus grand emprise sur elle. Je comprends aussi que ça ne servira à rien de m'énerver. En fait, vu la destination de la course, je m'y attendais un peu.
Quand je réalise que je n'ai qu'à moi à m'en prendre, j'appelle la cliente, lui redonne son sac et reprends la route. Depuis, je songe aux êtres qui viennent s'échouer dans ce motel. Aux êtres qui se retrouvent tout au bout de ce que la vie a à offrir.
Pour certains, c'est le dernier motel avant le grand voyage.






Ajouter un commentaire