Magazine Société

La transhumance du pauvre

Publié le 29 juillet 2010 par Tanjaawi
Il va de ville en ville
De rue en rue
De banc en banc
Dans l’espoir de trouver
Enfin son petit coin de paradis.

Il a soif de vie et de reconnaissance.
Il quête plus les regards bienveillants
Que l’argent des quidams qui passent
Sans bouger l’œil ou l’âme
Détournant leur conscience vers le néant.

Pauvre bougre abandonné par les siens
Lâché sans remord par la société
Il erre ne sachant ou se fixer.
Voyageur des quatre saisons
Il n’est plus qu’un reproche permanent
Envers ceux qui le haïssent
Et le chassent de leurs décors factices.
Il est le reflet de leur égoïsme.

Sous le mépris des belles âmes
Des dames bien mises
Et des hommes raides de conformisme
Il ne lui reste que le vin
Où son âme aime à se diluer.
Sa bouteille, au moins
Ni ne le juge, ni ne le condamne.
L’ivresse le libère de l’insolence
D’une foule qui n’a que faire du pauvre.

Il rêve d’une autre transhumance
Celle qui le mènera aux verts pâturages
D’un monde sans loi ni argent
D’un univers parmi les étoiles
Loin de ce monde d’orgueil
De nantis et de pharisiens.

Il rêve de se retrouver
Dans quelque journal
Lorsqu’on l’aura retrouvé
Au fond d’un canal
Ou se balançant au bout
D’une corde libératrice.

Pour une fois, même brièvement
On saura qu’il a existé
On saura qu’il a aimé
Qu’il a chanté et souffert
Qu’il fut un homme
Un pauvre, un marginal
Qui par acte de décence
A quitté ce monde
Qui jamais n’a su l’aimer…

---

© Jean Dornac
Paris, le 8 juillet 2010

couleurs-poésies

27 juillet 2010 / Altermonde-levillage


Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Tanjaawi 215 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Dossier Paperblog

Magazine