Le couperet est tombé : le tribunal régional d'Aomori a rendu son verdict quant au procès des deux activistes de Greenpeace Japan accusés d'avoir volé un colis contenant de la viande de baleine dans un centre de tri de la compagnie Seinô. Ils ont été reconnus coupables et condamnés à un an de prison avec sursis pour une période de trois ans. C'est à mon avis une très bonne nouvelle. Il est juste dommage que Sato et Suzuki n'aient pas écopé de peines de prison ferme étant donnée leur absence totale de remords.
Greenpeace défendait l'action de ses deux activistes en prétextant qu'ils avaient cherché à obtenir la preuve d'un soi-disant détournement de viande de baleine par des membres d'équipage du Nisshinmaru, le bateau-mère de la flotte de recherche japonaise sur les cétacés. Pourtant, comme je l'ai évoqué précédemment, le parquet de Tokyo avait abandonné les charges qui pesaient sur les marins japonais faute de preuves concluantes, et cette décision avait été confirmé par un comité d'enquête composé de civils indépendants et chargé d'examiner l'enquête du procureur suite à un appel fait par Greenpeace Japan.
Autrement dit, toute l'argumentation de Greenpeace reposait sur une soi-disant affaire de détournement de viande de baleine qui, à défaut d'avoir été démontrée, n'existe vraisemblablement pas. L'ONG pseudo-écologiste prétend que les deux activistes japonais ont agi dans l'intérêt du public en cherchant à dévoiler des pratiques illégales, mais il est clair que l'effraction et le vol qui ont été commis dans ce but ne pourraient être tolérés et justifiés. Autrement, n'importe qui pourrait entrer chez autrui et subtiliser des biens dans le but de faire "justice".
Il s'agit d'ailleurs d'un problème de ce qu'est la justice dans cette histoire. Greenpeace, une ONG clairement opposée à la chasse à la baleine (sans aucune raison scientifique valable, par ailleurs), pouvait-elle vraiment être neutre et objective dans cette histoire ? Dès le début, la soi-disant affaire de détournement de viande de baleine a été exploitée comme un moyen de diffamer les programmes de recherche scientifique conduits par le Japon sur les cétacés. Greenpeace a d'ailleurs monté une importante campagne médiatique à ce sujet, à commencer par la conférence de presse qu'elle avait organisé le jour même où elle avait porté plainte au parquet de Tokyo, en mai 2008.
Il est d'ailleurs intéressant de constatéer que les informations diffusées en anglais par l'ONG était souvent abrégées telles que dans le pamphlet qui avait été préparé le jour où tout a commencé et dans lequel la référence faite par leur informateur au sujet des cadeaux reçus par les membres d'équipages japonais avait tout simplement été omise (voir ici). De la même manière, Greenpeace n'a jamais annoncé la décision du comité d'enquête de confirmer celle du procureur de Tokyo dans les médias de langues européennes. On peut penser que toute cette mascarade avait été orchestrée afin de mobiliser les dons des sympathisants occidentaux plutôt que de convaincre l'opinion publique japonaise de la nécessité de stopper la chasse à la baleine. D'ailleurs, je ne vois pas comment ils osent se plaindre que le procès et le traitement de leurs activistes aient pu nuire à leur liberté d'expression au vu de tout le charivari qu'ils ont fait.
Sato et Suzuki ont d'ores et déjà annoncé qu'ils feront appel de la décision du tribunal d'Aomori. Greenpeace, qui avait déjà préparé des banderolles avant même avoir connaissance du verdict, a d'ailleurs réclamé que le gouvernement japonais lance un enquête indépendante sur le soi-disant détournement de viande de baleine... mais c'est vite oublier qu'un comité indépendant a déjà statué à ce sujet. Autrement dit, le cirque médiatique de cette ONG continue aux frais des contribuables japonais.
J'espère que la Cour d'appel confirmera la décision du tribunal d'Aomori, et qui sait, lèvera le sursis pour envoyer ces deux fanfarons arrogants derrière les barreaux.
Moi, je vais fêter ça dignement avec du bacon de baleine :)
Magazine Asie
Petits pois et bacon de baleine II - le verdict !
Publié le 07 septembre 2010 par IsanatoriCes articles peuvent vous intéresser :
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