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Déficit de communication

Publié le 14 novembre 2007 par Omelette Seizeoeufs

En commençant leur grève reconductible hier soir, les syndicats des cheminots sont-ils tombés dans un piège? Juan se pose la question depuis plusieurs jours. Effectivement, le durcissement du gouvernement la semaine dernière, l'impression partagée par tous les syndicats concernés que le pouvoir "cherchait la grève", tout cela a des allures de piège, de traquenard politique. En somme, plutôt que de trouver des cheminots-traîtres pour remplacer les cheminots, comme l'aurait fait Reagan par exemple, Sarkozy entendrait anéantir la crédibilité politique des syndicats en les isolant dans l'opinion.

Le terrain a été bien préparé, et le coup de "génie" était de focaliser l'attention sur le caractère spécial des régimes spéciaux et dénonçant une situation "indigne", contraire aux principes Républicains d'égalité et/ou d'équité qui sont si chers à ce Très Grand Homme (TGH). J'ai bien le soupçon que ce sera plus ou moins la dernière fois que le TGH fera ainsi appel à l'égalité économique. Ce qui m'amène à un argument simple à proposer dans les débats informels :

Si les systèmes de cotisation et de retraite doivent être pareil pour tout le monde, ne faudrait-il pas uniformiser aussi les salaires entre le public et le privé? Les écarts actuels ne sont-ils pas tout autant indignes.

Ce n'est pas nouveau comme argument, bien sûr, mais ce qui est navrant c'est qu'il est, aujourd'hui, à peu près impossible d'entendre dans nos chers médias quelque chose de ce genre.

Donc, s'il y a un piège, son seul mécanisme (pour l'instant en tout cas), c'est la communication politique. Et c'est là où l'on comprend l'énorme désavantage des syndicats. Non seulement Sarkozy continue à bénéficier d'un très large soutien dans les médias, mais lui et ses comparses sont quand même très doués pour expliquer au public leur position. L'arsenal médiatique des syndicats est pire que limité. Et le timide PS (genre Dray) ne va pas leur prêter main forte.

Cela dit, tout est très loin d'être joué : la popularité de Sarkozy est en baisse, les anti-sarkozysmes primaires et autres montent, la grève est très suivie, ce qui indique que, du moins pour une certaine catégorie de la population, le message est bien arrivé. De plus, il n'est pas impossible que l'attention médiatique donne aux syndicats la possibilité, justement, de s'exprimer et peut-être de convaincre.


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