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Harry Potter au cinéma : cinquième volet

Publié le 08 septembre 2010 par Vance @Great_Wenceslas

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Un dossier par Nico

Après les quelques réserves émises par certains fans au sujet du précédent film, Harry Potter & the Order of the Phoenix s'est retrouvé dans les mains du jeune réalisateur Yates, dont c'était le premier film.

Un choix surprenant, le film est loin d'être le plus facile à adapter au cinéma. Il faut dire que c'est mon Harry Potter préféré en livre et que je l'attendais avec beaucoup d'impatience, notamment pour savoir comment l'histoire allait être condensée en un seul et unique film. Il s'agit du film le plus court pour le plus long des livres. Pour la première fois, le scénario n'a pas été confié à Kloves, mais à Goldenberg. Et le résultat est à la hauteur de mes espérances : le film est à la fois très bien mis en scène et très bien adapté par rapport au matériau de base plutôt complexe. 

Dès le début, on sent que Yates a envie de s'approprier l'univers, avec une réalisation inventive. Cette scène au jardin d'enfants est très belle, avec une musique très douce, et une photo remarquable. Peu à peu le film bascule et la mise en scène devient plus nerveuse. L'effet caméra à l'épaule est très lisible et rythme la scène avec les détraqueurs d'une manière inédite dans la série du sorcier. Cet effet de style m'a beaucoup plu car il ajoute une autre dimension au film. Il renforce la crédibilité déjà amorcée par Cuaron

D'autres idées m'ont également vraiment enthousiasmé telles que la narration par les articles de journaux (simple, parfaitement compréhensible et très efficace pour une question d'adaptation). En fait, après Cuaron, c'est le réalisateur qui insuffle le plus de vie à ce monde. C'est d'ailleurs, juste après the Prisoner of Azkaban, celui que je préfère. 

Par contre, contrairement à ce dernier, il faut avoir vu les précédents épisodes pour totalement le comprendre. C'est le film qui amorce le plus gros changement de la série : à partir de the Order of Phoenix, l'histoire s'accélère, les éléments s'imbriquent, et les épisodes seront fortement dépendants les uns des autres. 

Du coup, c'est un film de transition, qui ne raconte pas grand chose de terriblement palpitant, mais qui installe le climat de stress et la dictature qui seront au cœur de la suite. 

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Ici, plus de coiffures "négligées", tout le monde rentre dans le rang. Il y a une direction artistique très intelligente : Harry a les cheveux courts, les uniformes reprennent leur place, et les vêtements "normaux" des personnages sont dans des teintes qui correspondent parfaitement (Harry est souvent en bleu par exemple, Ron en vert ou en jaune avec des rayures sur la plupart de ses fringues, et Hermione est souvent en rose). 

L'histoire nous conte la prise de pouvoir insidieuse du ministère dirigé dans l'ombre par celui dont on ne doit pas prononcer le nom. Ainsi le récit insiste d'avantage sur le côté psychologique que sur le côté spectaculaire. La montée en puissance de Umbridge est au centre du film, son ascension est très bien retranscrite malgré des ellipses évidentes. Reste que j'aurais apprécié que le réalisateur s'attarde encore plus sur elle : la séquence de la punition, lorsqu'Harry écrit avec son propre sang, est un peu courte, ses altercations avec McGonagall, Trelawney ou Dumbledore ne sont pas assez montrées... 

Mise à part cette légère déception d'ordre scénaristique, je n'ai absolument rien à redire sur le reste du film. 

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Les décors retrouvent une élégance proche de celle de Cuaron, la maison de Sirius est à l'identique de ce qui est écrit dans les livres, le ministère est glacial et imposant (mention spéciale au Hall des prophéties, premier décor entièrement généré via ordinateur de la série, l'objectif étant de donner une impression de hauteur et profondeur abyssale, un peu comme les mines du film de Jackson). 

J'ai adoré les entraînements dans l'auberge ou dans la salle sur demande, les acteurs gagnent encore d'avantage en complicité, et je pense que cela fait du bien au public de les retrouver tous ensemble après un quatrième film trop centré sur Harry au détriment du reste.

La relation d'Harry avec Snape est assez fidèle, et le flashback où l'on apprend que le père d'Harry n’est pas si parfait que ça est plutôt bien fait (j'ai pas trop aimé le jeune acteur Potter, il a l'air peut être un peu trop méprisant, et je pense qu'il manque une scène pour expliquer les sentiments d'Harry après cette vision). 

Les interprètes sont de nouveaux remarquables, surtout Lynch qui joue une Luna un peu fofolle très convaincante et Staunton qui est totalement dans son personnage d'Umbridge. Ravi de voir l'actrice qui joue Tonks, elle donne en l'espace de quelques scènes une véritable épaisseur à son rôle (les cheveux qui changent de couleur par exemple). Bonham Carter est bien entendu excellente. 

Cette fois ci même Filch se paye de très bons moments. 

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Les effets spéciaux oscillent entre le très bon (les Sombrals, les incantations) et le très décevant (Graup). En fait, ce film fait un peu office de liaison entre les films de Colombus aux effets spéciaux ratés et les films de Cuaron et de Newell aux effets crédibles. Dans les Harry Potter il y a deux types de créatures : celles qui pourraient paraître quasiment vraies tellement elles sont réussies (l'hippogriffe, le dragon, Kreatur, Lupin, même le basilic) et celles qui font artificiel, qui seraient plus à leur place dans un autre univers, dans un dessin animé par exemple (le troll, Graup, Dobby l'elfe, les fantômes, et les centaures du premier film). 

La musique est excellente, elle arrive à apporter la touche magique et fantaisiste un peu absente du film, bravo Hooper. C'est aussi la meilleure bande originale après celle de Williams de the Prisoner of Azkaban

Un film qui se recentre sur l'essentiel, sur les rapports entre chaque personnage, qui cherche la magie ailleurs que dans les effets spéciaux, qui nous offre un spectacle dans le ministère très impressionnant et qui donne vraiment envie de connaître ce qu'il va se passer dans le prochain the Half-Blood Prince

Yates est un bon réalisateur. 


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