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Jean-Claude Delarue «prenait de la drogue pour écrire la nuit» et mener une recherche personnelle.

Publié le 22 septembre 2010 par Kamizole

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J’ai entendu cela dès potron-minet sur BFM/TV, confirmé par une dépêche de l’AFP du 21 septembre 2010 reproduite par Le Monde Jean-Luc Delarue “soulagé et apaisé”, veut “guérir et revenir”. Je suis loin d’avoir une vie super-active (ce que me reprochent certaines personnes de mon entourage mais je n’ai plus ni l’âge ni la santé) mais il se trouve que les insomnies aidant et sans nul doute le fait d’avoir souvent travaillé la nuit et en avoir apprécié l’atmosphère si particulière assez difficile à décrire des nuits habitées de tranquillité, de silence et de multiples petits bruits indétectables dans l’agitation de la journée, j’écris beaucoup la nuit et me sens beaucoup plus productive.

J’ai toujours usé et continue d’en abuser d’une drogue aux effets psychotropes bien connus mais parfaitement légale : le café. Ne croyez pas que ce fût cela qui entretienne mes insomnies. Quand je travaillais parfois la nuit, je stupéfiais les internes de garde et mes collègues par la cafetière que je m’enfilais mais elle ne m’empêchait nullement de dormir comme un bébé pendant les 3 heures de repos auxquelles nous avions droit pendant nos nuits de 12 heures. Il faut dire aussi que c’était souvent après une journée de travail normal.

Il n’est pas inintéressant de savoir que cette déclaration émane d’un entretien donné au journal Gala, archétype de la presse pipôle. Tout à fait emblématique du style populiste trash des émissions animées par Jean-Claude Delarue avec des participants venant déverser sans aucune retenue leurs problèmes les plus intimes. Pour le peu que j’en ai pu voir dans le passé cela m’a toujours insupporté. Je suis quelqu’un de plutôt pudique et réservée. J’estime qu’il y a des choses qui relèvent absolument du jardin secret et pour le moins dont on ne parle qu’avec les plus intimes ou sur le divan d’un thérapeute.

Sans doute est-ce cela qu’entend Jean-Claude Delarue quand il parle «de rendre supportable une recherche personnelle”, estimant “qu’il y a beaucoup de points d’interrogations” dans son passé et son enfance». Comme si nous n’en étions pas tous là ! Mais je ne crois guère que la cocaïne soit d’une quelconque aide pour mener une telle introspection. Forcément douloureuse.

Car je suis bien placée pour savoir, ayant connu les affres d’une grave dépression avec ses angoisses intolérables, que c’est la souffrance qui conduit dans le cabinet d’un psychiatre et à suivre une psychothérapie analytique. Tant que l’on ne souffre que légèrement et par épisodes, on a tendance à minimiser et remettre au lendemain. J’ai rencontré un trop grand nombre de personnes visiblement perturbées – ne croyez pas que mémé Kamizole “voit des fous partout” ! - mais qui refusaient avec la dernière énergie l’idée même de consulter un psychiatre et d’entreprendre une thérapie avec cet argument imparable «mais je ne suis pas fou» ! se contentant généralement de quelques béquilles et parfois d’une prescription de prozac – effet de mode garanti – par un généraliste pressé.

J’ai eu la chance d’avoir affaire à une psychiatre qui n’était nullement fana des médicaments. J’ai retenu ce qu’elle m’en dit une fois, à savoir que les médicaments – en ce qui me concerne, un antidépresseur et un anxyolytique pour calmer mes angoisses – permettaient de mener à bien le travail en psychothérapie en atténuant les souffrances. Certainement plus effica-cement que la cocaïne !


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