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Sur fond de Solaris

Publié le 22 novembre 2007 par Menear
Écrire en musique, ça, je le fais depuis à peu près... toujours. D'habitude, je ne prête pas beaucoup d'attention à ce que j'écoute (à ce que j'entends plutôt) : mes coups de coeur du moment, mes albums cultes, etc. Mais évidemment : ce n'est pas l'idéal. Ça déconcentre, ça fixe l'attention ailleurs et même, parfois, parfois, ça pousse à chantonner dans sa tête ou même pas dans sa tête d'ailleurs. C'est pourquoi je suis vite passé à autre chose, autre chose étant nécessairement de la musique d'ambiance qui ne soit pas susceptible de m'attirer hors de la feuille. Du coup, à peu près tous les morceaux avec paroles sont à proscrire. Exception faite de Madame Butterfly, un des rares opéras (le seul ?) que j'apprécie (et/ou que j'arrive à écouter) et que je me suis passé en boucle durant toutes les cent-cinquante pages gâchées de mon premier jet mort né sans titre (« Incrustation », ça s'appelait, mais c'était grandement provisoire car très moche) écrit l'année dernière. Pour le reste, c'est souvent assez atmosphérique (Brian Eno, Explosions in the sky, Red Sparowes, Art of noise, Mike Garson ou même Philip Glass quand je suis d'humeur à pas devenir dingue) ou alors des instrumentales (des bandes originales en tout genre, Yoko Kanno, Hajime Mizoguchi ou bien du « classique » : Debussy par exemple). Et surtout : j'essaie de ne garder qu'un seul album qui tourne et tourne et (se) retourne en boucle histoire de donner une cohérence à mon univers musical du moment. Pour « Décompte », c'est même un seul morceau que je me suis mis en boucle pendant tout le mois qu'a duré son écriture : La sonate au clair de lune, évidemment.
Sur fond de Solaris

Pour « Coup de tête », c'est différent. Parce que j'ai eu la mauvaise idée de beaucoup répartir mes périodes d'écriture dans le temps (roman commencé il y a un an et demi, tout de même) j'ai eu le loisir d'utiliser différentes musiques de fond : l'OST de REZ tout d'abord, histoire d'insuffler au texte le punch que je voulais lui donner. Et puis ensuite, pour un passage bien particulier, cette chanson superbe de Jack the Ripper sur Ladies first : Old Stars (malheureusement très vite aliénante et insupportable quand répétée en boucle : presque pire que du Philip Glass, tiens !), cf. la radio.
Depuis que je l'ai repris la semaine dernière, je ne m'impose pour seul fond sonore que la bande originale de Solaris (le Solaris de Soderbergh, j'entends, celui de Tarkovski étend toujours dans ma liste de films à voir), signée Cliff Martinez. Idéale. Suffisamment diffuse pour n'être pas remarquée et suffisamment forte pour me plonger dans un état d'esprit différent. Altérée. Idéale, disais-je, le tout concentré grâce à l'écoute au casque et c'est bon, ça marche, je suis là sans être là.
Du coup, avec Solaris dans les oreilles des heures durant dans la journée (quarante minutes l'album, ça tourne vite), j'ai aussi perpétuellement ces vers de Dylan Thomas dans la tête : And death shall have no dominion, tout simplement parce qu'on les entend dans le film (poème lu par George Clooney qui plus est, quel luxe) à un certain moment. Du coup, on repense aussi à ce remix de UNKLE qui mêle des samples de la BO avec quelques répliques du film... parmi lesquelles, ce poème de Dylan Thomas. La première strophe tout du moins, et ces deux fragments superbes qui s'y accrochent plus que les autres sans raison sinon peut-être que les os me parlent :

When their bones are picked clean and the clean bones gone,
They shall have stars at elbow and foot;

Y a pire comme vers en tête : l'impression d'être poursuivi par eux n'est donc pas désagréable, bien au contraire (je me suis même surpris à me réveiller en pleine nuit et, entendant vaguement le bruit de la pluie sur le toit, j'ai cru reconnaître cette musique dans laquelle je plonge plusieurs par jour, et les mots qui désormais vont avec). Le challenge sera d'éviter d'intégrer ces vers dans le roman, là où ils n'ont rien à y faire... Pas évident.
Voilà pour Solaris, sinon : un petit extrait du film avec, en fond sonore, la musique de Cliff Martinez et un bout du poème de Thomas lu par Clooney (gare aux spoilers cela dit).

Solaris - And Death Shall Have No Dominion Pour le poème entier, dans la langue de Shakespeare, c'est par ici. Pour une traduction française (mais difficile à trouver, la poésie ça se traduit pas, blablabla), c'est par là.

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