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And the winner is… Nicolas!

Publié le 26 octobre 2010 par Lababouchk

 

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 Que ce pays est mou. A chaque fois que la France tremblote, qu’un mouvement social pointe le bout de son nez, je me dis qu’une nouvelle révolution se met en marche. Finalement c’est les vacances scolaires, l’essence est en pénurie, madame Betancourt est une voleuse décomplexée, les ninjas musulmanes menaçantes se multiplient… (et j’en passe niveau divisons pour mieux régner et endormons la masse d’avantage) !

Et vlan dans ma face : ça retombe comme un soufflet. Toute la Gaule est hypnotisée par le(s) pouvoir(s) et les psychoses qu’il(s) distille(nt) ! Toute ? Non ! Car un village peuplé d’irréductibles grévistes-sans-papiers résiste encore et toujours à l’envahisseur. C’est ce que nous avons pu constater quand touristiquement parlant « nous sommes montés à la Capitale », comme ont dit en Province.

Après avoir arpenté Paris de long en large, mon moment si attendu était arrivé : THE visit of the Quai Branly. Résultat des courses : 1H30 de queue interminable et ma passion pour l’Anthropologie a finalement céder à la pression du groupe qui proposait de se rendre Porte Dorée à la Cité de l’Immigration. Ayant une puissante aversion pour ce lieu de pacotille, pure instrumentalisation politique de ce foutu ministère de l’Immigration et de l’Identité blablabla… ma mâchoire se serre tellement fort que j’aurai pu me péter une prémolaire ! Mais comme St Thomas j’ai coutume de ne croire que ce que je vois… puis en plus c’est gratis… et à 4€60 le café parisien même pas allongé ça fait plaisir.

Quelle fut notre surprise en relevant la tête pour admirer la splendeur coloniale du Palais Lyautey, quand un agglomérat de travailleurs-sans-papiers et de grandes banderoles CGT-istes nous bouchaient la vu ! Nous ne savions pas que le mouvement avait quitter Bastille pour s’implanter dans ce théâtre chargé d’une forte valeur symbolique (oui l’été était passé par là faut dire).

Deux attitudes dans la masse touristique. Ceux qui vont direct vers l’accueil récupérer les précieux audio-guides pour entamer leur visite. Et ceux plus ou moins interloqués qui se mêlent aux grévistes.

Comment font-ils depuis un an pour tenir ? Ils n’ont pourtant aucune potion magique ! La dignité, si ce n’est l’instinct de survie sont sans doute des moteurs beaucoup plus efficaces ! Je suis scotchée face à ce bordel à l’organisation quasi-militaire.

Chacun est à son poste. Les communicants sont à l’avant, distribuant des tracts et expliquant à qui veut bien les écouter leurs situations et revendications. Sur le parvis, le café est vendu 20centimes, le moins cher de la Capitale si je ne m’abuse et sans doute le plus chaleureux vu que ce fut un réel moment de partage. Et dans le grand hall aux fresques glorifiant l’époque coloniale, un troupeau de 500 grévistes qui font la queue au bon grès des « agents » CGT pour obtenir un dossier de régularisation.

Nous passerons le sujet des guerres intestines au sein du mouvement… du moins ce que nous en avant compris car comme toujours nous ne nous faisons pas la voix des sans voix !

Et loin de plaider pour une régularisation sous le coup de l’émotion, nous croyons sans doute utopiquement TOUJOURS à une libre circulation des humains aux mêmes titres que les marchandises et autres flux financiers plus ou moins douteux… euh… réguliers. Quand il s’agit d’un type du Nord qui migre vers le Sud on parle d’Expatriation… Quand la donne s’inverse, on ose parler de la misère du monde qui vient voler le pain au gaulois et ses femmes au passage.

La situation est des plus gerbante. C’est ça la France ? S’engager (le 18 juin 2010) à délivrer une autorisation de séjour avec des autorisations de travail pour les 6800 dossiers déposés. Et finalement après 1 an de grève, seul une poignée de grévistes a reçu la dite autorisation. Sur 1800 dossiers nous dit un gréviste seule 58 titres de séjour provisoires ont été délivrés.

Soutenez les si vous le pouv’oulez en leur apportant soutien, couvertures et vivres. Et pour citer celui-qui-se-reconnaitra : « Ce pays veut résoudre des problèmes par d'autres problèmes, c'est ça la French-Touch »

Provincialement La-Babouch-Team


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