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Le dogme du Marché.

Publié le 05 novembre 2010 par Marx

texte déjà publié en 2008

    Il est à la mode le marché. Il devient une référence, être ou ne pas être pour le marché. C’est « tendance » mais voyons, il est une réalité et comment s’opposer à ce qui est. Forcément il est là tout comme le capitalisme, il est là, l’injustice est là elle aussi, l’exploitation et la faim également. Puisque c’est là cela devient pour certains incontournable. Puisque l’injustice est là il serait vain de s’y opposer, autrement dit il faut être contre ce qui n’est pas là et au mieux contre ce qui n’existe pas on est ainsi sur de ne rien construire et de ne rien changer dans l’ordre des choses. Quand Sarkozy est pour le marché, c’est qu’il est partisan du capitalisme. Quand Hollande est pour le marché, il le rejoint en rajoutant « régulé » sans pour autant préciser avec quels moyens en dehors du « bricolage » habituel qui sont au socialisme ce que la confiture est à l’astronomie et qui s’apparente à l’astrologie de madame Irma. Cela ne règle rien mais il y aura toujours des « bobos » pour y croire et des financiers pour en rire. Il est par ailleurs de bon ton d’être pour le marché, c’est moderne et intelligent et suppose d’y avoir longuement réfléchi . A l’inverse , être contre c’est répéter les vieux dogmes archéos marxistes, sans aucune réflexion tel un être primaire frappé d’illettrisme congénital à l’image d’un ouvrier de 1905. Il n’y a qu’a observer les débats politiques actuels : » comment peut-on être contre le marché ? il est là, il existe et fonctionne. Mais vous n’y pensez pas ! Comment régler les échanges ? Bien des choses ont existé et il y a bien eu des hommes des femmes et des forces qui les ont combattues, comme l’esclavage par exemple dont d’aucuns ont affirmé qu’il était nécessaire et indépassable. De quel marché s’agit-il, mondialisé de surcroît . De celui qui permet au système d’être ce qu’il est, injuste et inégalitaire. Qui est contre le marché hebdomadaire du village, c’est le marché. Ces marchés disparaissent des places publiques, avec les épiciers, les bouchers, les charcutiers et l’ensemble du petit commerce. En fait le marché supprime les marchés et l’argument du mode d’échange et de la proximité est un peu court devant la réalité des faits et des conséquences qui en découlent. De tout temps les hommes et les sociétés ont échangé des produits y compris dans les sociétés primitives autarciques comme dans des économies vivrières plus récentes et l’esclavage a certainement été le plus mondialisé des marchés dès le 15eme siècle, doit-on s’en satisfaire puisqu’il correspondait à une demande. Bien évidemment non ! Le problème actuel est que tout devient marchandise et que la fonction sociale disparaît au profit de la valeur marchande en fonction des profits et des seuls profits que quelques uns peuvent en retirer au détriment de tous les autres. Le marché n’est plus un moyen d’échange, puisque tout est marchandise, l’entreprise elle-même au delà de sa fonction première de produire. La vente et l’achat des moyens de production conduit à la concentration et le marché conduit à la disparition d’un certain nombre d’entre elles par le simple jeu de la concurrence. Cette bataille à l’échelle mondiale que se livrent les entreprises, c’est toujours et en premier lieu les salariés qui le payent au travers du « compressible », l’emploi et le salaire. Quand cela est encore insuffisant dans un secteur donné et que la marge peut être plus importante ailleurs, elles délocalisent, sur le dos des mêmes, les salariés. Quand la concentration a atteint un certain niveau il n’y a plus de concurrence et dont plus de marché et on ne régule plus rien, sauf les illusions. Il y a bien le marché du travail, hérité du marché aux esclaves, ou l’on négocie le salaire en échange de la force de travail disponible, manuelle ou intellectuelle et plus fréquemment de nos jours des deux à la fois. Lorsque la force de travail vient à manquer ou que son coût est jugé trop élevé par le patronat, relayé en cela par l’Etat, ils en font venir des bataillons entiers . Comme ce fut le cas dans une période récente, au coût jugé trop élevé afin de moderniser l’industrie automobile, les industriels encouragèrent l’immigration pour les faibles coûts que représentait cette main d’œuvre. C’est toujours le cas de nos jours dans le bâtiment et les TP. Tout est marchandise et on peut même vendre son âme au « diable » en donnant entière satisfaction au système par la privatisation du patrimoine public et des services publics en les arrachant du champ social pour les verser dans le champ marchand. Tout comme une appendicite, un accouchement, un cancer ou toute épreuve de la vie qui devient une marchandise dont la valeur peut évoluer selon l’urgence et la gravité. Lire écrire, compter, la culture, l’éducation n’ont plus une importance sociale mais marchande et un coût sur lequel on peut réaliser un profit et de fortes plus-values. Marché est devenu un synonyme de néo libéralisme, il en est la caractéristique et en aucun cas celui de liberté. Son mécanisme naturel le conduit à la concentration et non à l’inverse, c’est ce que l’on peut parfaitement observer depuis deux siècles. Il ne garantit en aucun cas la concurrence et de moins en moins selon son degré d’évolution et mon voisin , le dernier épicier du canton, ne pèse rien , il subit. Si les défenseurs du marché avaient raison, les prix n’en finiraient pas de baisser et les salaires de progresser mais nous savons que le marché c’est le serpent qui se mord la queue. Est-il nécessaire d’aborder le marché et son corollaire , la spéculation de plus en plus présente, comme un rouage important et indispensable au système pour réaliser le plus de profits dans un temps donné en jouant sur les fondements du marché « l’offre et la demande ». Que veut dire échange dans ce cadre là ? Au fait, le marché et le capitalisme n’est-il pas le système qui devait venir à bout de la faim dans le monde dont la fable nous est serinée depuis plus d’un siècle et qui devait développer les pays les plus pauvres. Et bien , le marché les a plumés et ils sont toujours aussi pauvre mais contents de savoir qu’il existe

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