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Le Fluturiste André Stocchetti défriche le Sentier des Halles

Publié le 24 novembre 2010 par Assurbanipal

 André Stocchetti « Fluturiste ».

Paris. Le Sentier des Halles.

Lundi 22 novembre 2010. 21h45.

André Stocchetti : flûtes, chant, électronique, récit

Il y a quelque chose de Médéric Collignon chez cet homme en plus fluide et plus joyeux. Il commence avec un scat qu’il passe en boucle grâce à l’électronique, chante, utilise son corps comme instrument de percussion ; Il chante de vrais textes, grande différence avec Médéric. Il y a toutes sortes de flûtes mais toutes sont droites. Pas de flûte traversière. Il enchaîne uine série d’aphorismes improbables. Il y a aussi un côté one man show dans ce spectacle même si la machine est un acteur à part entière. Elle s’arrête pour céder la place à un solo d’une longue flûte au son grave et mystérieux. C’est le poème de Ronsard « Mignonne allons voir si la rose » qu’elle accompagne. N’oublions pas que lorsque Ronsard écrivit ce poème, il avait 60 ans, la mignonne 20 et qu’elle l’envoya valser.

André Stocchetti a aussi la capacité de passer du rire à l’émotion, de jouer, de chanter, de conter. Il ne lui manque plus que le jonglage et la danse mais cela ferait peut-être trop. Très joli solo de flûte en bois, presque classique. Cette chanson triste sur un baiser froid qui glace l’amant n’est pas dans l’album.

Une chanson sur le temps au tempo haletant. Il change les paroles par rapport à l’album. Intéressant. Une chanson joyeuse mais avec une secrète mélancolie, celle du Tempus fugit derrière. Jeu d’écho entre la flûte et la machine. Alors que les mots temps, die zeit, time, tempo, tournent en boucle, la flûte entame une course folle contre le temps. Belle chanson sur le temps, sans nostalgie. Prenez le temps de l’écouter. Et revenez y de temps en temps. Ca repart en chanson d’amour, sur le bon temps passé à deux. S’ensuit un chant de flûte intergalactique. Avec une machine cet homme a plus d’imagination que bien des orchestres. Fin style Guerre des étoiles.

André repart seul avec une flûte en bois, en joyeux pastoureau jouant dans les montagnes pour guider son troupeau. Cela apaise après le déluge électronique du précédent morceau. Accélération vertigineuse jusqu’au final.

Il nous raconte une histoire sicilienne qui ne figure pas dans l’album. Je ne vous la raconte pas. Allez l’écouter au spectacle d’André Stocchetti.

S’ensuit une chanson « métaphysique ou tu vas prendre froid » qui ne figure pas non plus dans l’album. « Une chanson de rien ». Peut-être teste t-il son futur album en même temps qu’il promeut l’actuel. Nous jouons des nouvelles chansons que nous essayons sur vous et sur nous-mêmes comme disait Prince en club à Minneapolis avant la sortie de « Sign o’ the times ». Ici, il s’agit d’un mambo spatial et spécial. Il y a une surprise finale que je ne vous raconte pas.

« Soyons clairs » (Henri Michaux). C’est une chanson politique plutôt éloignée de « La Marseillaise », « L’Internationale » et autres chants militants. Il chante avec son corps comme instrument de percussion.

Une chanson de l’album. Un poème de Claude Roy. Une très belle chanson. Un beau texte sur la mort, le seul vrai sujet pour Louis Ferdinand Céline. Un spectacle total par un homme seul, voilà ce que propose André Stocchetti. Stéphane Eicher a commencé comme ça, dans un autre genre.

Une autre chanson belle et triste, celle de Clément Marot partant en guerre : « Adieu la cour, adieu les dames ». Que vous connaissiez ou non ce poème, bijou rare d’élégance et de mélancolie, il faut l’entendre interprété par André Stocchetti. Il dérive ensuite vers un solo de guitare électrique à la flûte électrique, évoquant les bruits de guerre comme Jimi Hendrix jouant Star Spangled Banner à Monterey en 1967. D’ailleurs, il cite cette version dans son solo.

« Le concert n’a pas été réussi » (Jacques Prévert), une chanson qui ne figure pas sur l’album non plus. Il y a 15 ans, André Stocchetti jouait du baroque dans un orchestre. Il n’en joue plus, il l’est.

Quant au bis règlement de comptes, il vous faudra aller voir le spectacle d’André Stocchetti pour savoir de quoi il s’agit, sapristi !


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