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En 2011, les 140 ans de la Commune de Paris, l'enterrement de Jules Vallès, l'hommage rendu aux Communards

Publié le 27 novembre 2010 par Jcgrellety

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Le "peuple" n'a jamais été aussi "puissant", par le nombre, l'omniprésence, les formes d'engagement, et nénamoins, il continue d'être dramatiquement faible, comme le prouve les évènements continus en France depuis 2007. Depuis la Révolution, qui a été mise en échec par la grande bourgeoisie au coeur de la Terreur puis avec Thermidor, ce que Alain Badiou rappelle à ses interlocuteurs des autres peuples, à savoir la force et la méchanceté de la "réaction" en France, a réussi à faire échec, en partie, à cette force et à cette volonté populaire - devenir sans maîtres. La Commune de Paris en est le symbole, dramatique. C'est un symbole, dramatique, parce qu'une tragédie conduit des milliers, d'hommes, de femmes, d'enfants, à la mort, assassinés par les Versaillais, soutenus par les Prussiens, c'est un symbole, dramatique, parce que la Révolution incarnée et mise en oeuvre est étouffée dans l'oeuf et dans le sang, même si la 3ème République s'inspirera des principales lois et finalités de la Commune (comme avec l'Ecole laïque, gratuite et obligatoire, mais en pervertissant son esprit pour qu'elle serve les objectifs colonialistes), c'est un symbole, tragique, parce que tant d'insurgés, après la Commune, considéreront que la défaite populaire est d'une certaine manière inévitable et qu'il faut accepter de se sacrifier et de mourir (ce qui pourtant appartient à l'idéologie des ennemis de la Commune et du peuple,). Parce que les Versaillais d'hier et d'aujourd'hui ont toujours eu le souci de faire ignorer ces évènements en le faisant quasiment disparaître de la mémoire étatique officielle ET DONC scolaire, les citoyens ne connaissent pas leur Histoire et cette Histoire, et lorsqu'ils la connaissent, ils font l'éloge de cette lutte ET de ce sacrifice, alors que les Communards ne voulaient pas mourir, mais enfin, VIVRE. Des ouvrages nombreux ont été publiés et le sont, comme l'Enterrement de Jules Vallès, d'Eloi Vallat, ou "La commune de Paris par ceux qui l'ont vécue" de Laure Godineau. Des ouvrages plus anciens existent : "le Dictionnaire de la Commune", par Bernard Noël, "La Guerre de 70 et la Commune", de Michel Lhospice, auxquels il faut ajouter les récits de quelques témoins, le célèbre Lissagaray (dont "L'Histoire de la Commune de Paris" peut être lue ici), Louise Michel. Comme pour l'enterrement de cette D'âme de la Commune, Jules Vallès eut des obséques POPULAIRES nationales. Les artistes et les êtres qui appartiennent à la vie universelle sont accompagnés à leur tombeau, à leur enterrement et après (comme la tombe de Jim Morrison au Père Lachaise, celle de Nerval), alors que les Thiers et consorts quittent ce monde dans le silence et le mépris. C'est que, faire l'Histoire de la Commune pour rendre hommage aux Communards, existence, volonté et victimes, c'est aussi déterminer et connaître les Versaillais, noms, conditions, biographies antérieures à la Commune et postérieures, et examiner par quelles conditions dramatiques la France a été dominée par ces assassins, à partir de 1871, dans l'oeuvre coloniale, jusqu'à l'instauration du règne pétainiste et comment, après qu'une guerre mondiale eut établi et leur défaite et l'apparente destruction de leur "philosophie" économique et politique, celle-ci a pu se trouver des héritiers et parvenir, ENCORE, à s'imposer pour, en 2010, 140 ans après la Commune, recréer en France et le climat et les conditions d'une "guerre civile". Et depuis 140 ans, les Héros et héroïnes de la Commune de Paris sont tout autant ignorés des livres scolaires que de beaucoup trop des 36000 communes de France dans lesquels aucun hommage ne leur est rendu, ni oralement, ni par l'établissement d'une stèle. Il ne faut rien attendre des communes "versaillaises", mais les communes dirigées par des conseils municipaux de gauche devraient préparer cette commémoration d'une manière sérieuse et solennelle, enfin. Dans ce devoir-de-mémoire, il faudra aussi considérer la création et la diffusion d'une propagande littéraire contre la Commune, accomplie par des grands bourgeois et quelques "nobles", qui ont tant bavé sur les Communards, leurs femmes-singes, leurs orgies, alors que d'autres ont goûté et admiré son atmosphère paisible et festive. Depuis 1870, nous vivons DANS LA COMMUNE, réalisée, dans son atmosphère, ses principes, mais elle est toujours menacée par celles et ceux qui n'aiment rien tant que les fiefs et les chefs. 

La Commune de Paris, par Louise Michel  Téléchargement Michel_la_commune


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