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Prague (1) : Où l’on parlera du trajet

Publié le 12 décembre 2010 par Corboland78

Vous me connaissez, avec un rien je vous fais peu de chose, alors si avec un seul voyage – court certes, mais voyage quand même – je n’arrive pas à écrire plusieurs billets, ce serait à désespérer. Les plus perspicaces d’entre vous, et je vous sais nombreux, auront deviné grâce aux indices déposés dans mon dernier post, que je suis parti en République Tchèque et plus précisément à Prague, ceux là comme toujours ont gagné mon admiration et mon estime qu’ils pourront venir retirer à l’adresse habituelle. Quant aux autres, ne désespérez pas, votre tour viendra certainement un jour.

Un gros malin a dit « L’important dans le voyage, ce n’est pas le but à atteindre mais le voyage en lui-même ». Comme toutes les belles phrases, elle donne envie d’être soulignée ou notée pour pouvoir s’en resservir à bon escient, mais ce n’est qu’une apparence car confrontée à la réalité des faits, parfois elle semblera bien proche du ridicule. Comme nous allons le voir.

J’habite l’Ouest Parisien comme le suggère le 78 dans la bannière de ce blog et pour atteindre l’aéroport de Roissy par les transports en commun c’est déjà un minimum d’organisation. Comptez, un bus et deux RER dont la correspondance se fait au cœur de la capitale. Nous voilà donc partis, ma femme et moi, touristes lambda traînant nos valises à roulettes afin d’être bien identifiés par les populations autochtones et même les autres, sans que cela pour autant nous facilite le voyage. Nous sommes dans le second RER, appelons le « B » puisque le premier c’était le « A », nous avons déjà fait un bon bout du chemin, il est bondé et nous sommes debout nos bagages dans nos jambes, comme tout le monde ou presque, c’est agaçant mais nous partons en vacances et je tâche de ne pas y penser car j’en vois qui vont bosser ou rentrer chez eux dans ces paysages d’horreur rappelant Sarajevo aux mauvaises heures. La Courneuve, Drancy, le Paradis passe souvent par le Purgatoire, je me fais une raison et continue à prier, pas assez certainement car à Aulnay sous Bois, la machine s’arrête, tout le monde doit descendre sans qu’on sache très bien pourquoi, et attendre un autre RER sous un ciel gris plombé où volettent quelques flocons de neige, dans le froid. Finalement nous arrivons à l’aéroport et sa climatisation douillette nous redonne le sourire. Le sourire du benêt qui ne sait pas.

Le personnel aimable de l’aéroport nous a certainement identifiés comme petits vieux malhabiles et s’offre pour éditer nos cartes d’embarquement à partir des machines automatiques et bien que le brave garçon qui se soit dévoué doive s’y reprendre à trois fois pour parvenir à éditer le papelard, je ne ricane pas et l’encourage par de mielleux sourires à persévérer dans son effort. Suivra la fouille des bagages à main et la mise à nue ou presque de nos intimités devant des centaines de personnes qui comme nous doivent passer sous le portique qui voit tout, nos ceintures retirées et ultime brimade pour celles qui ont des bottes, les retirer pour enfiler des sacs plastique en taille unique et franchir le contrôle. Ah ! Ah ! Ah ! Les bêcheuses qui il y a quelques minutes à peine paradaient devant les boutiques de l’aéroport ont vraiment l’air cloche avec des sacs poubelle aux pieds et leurs fringues en vrac dans les bacs qui glissent sur le tapis roulant scanné par l’œil de la sécurité.

Quand nous entrons dans le bus qui nous conduit à notre avion nous pensons être presque partis, funeste erreur, le véhicule reste bloqué quinze minutes sur le tarmac et notre Airbus A320 décollera avec les vingt minutes du retard pris à son arrivée de Tel Aviv. Finalement, nous aurons mis près de six bonnes heures entre notre départ de la maison et notre arrivée à l’hôtel de Prague, sachant que le vol en lui-même ne dure que quatre-vingt minutes.

Le voyage aller s’est donc déroulé sans problème aucun dirai-je sans même grincer des dents. Qui dit aller, envisage souvent retour, comme je ne suis pas du genre contrariant j’ai moi aussi cherché à revenir. Nous nous sommes donc rendus à Ruzyné, l’aéroport de Prague, comme convenu avec le chauffeur mis à notre disposition par le voyagiste, vers 13h45 pour prendre notre avion de 15h40. Prague est sous la neige et le journal télévisé de France2, vu sur TV5 Monde à l’hôtel mercredi soir m’a fait dresser les cheveux sur la tête, toute l’Île de France est ensevelie sous la neige et je pressens un retour demain à Paris difficile.

Dès que nous consultons le tableau des « Departures » le pressentiment se transforme en confirmation, notre vol est annulé. L’agence Air France ne peut le modifier que pour un avion à 20h35. Sur le tableau, de tous les vols pour les quatre coins de l’Europe, seuls ceux pour Paris sont annulés ! Je ne chercherai pas la polémique mais il est rageant d’avoir la sempiternelle impression qu’en France nous ne sommes jamais à la hauteur dans les situations exceptionnelles – mais annoncées - comme celles-ci. Je respire un grand coup pour me calmer et illico j’annexe deux fauteuils accueillants dans le hall pour nous installer confortablement.

L’aéroport de Prague est très agréable (je le connais bien maintenant, je vous le certifie !), calme et peu bruyant. Tranquille et reposant. Ma femme en explore chaque boutique pour passer le temps, tandis que moi vautré dans mon siège, je contemple la faune en civil qui attend son avion ou en uniforme qui vaque à ses occupations professionnelles. D’habitude je ne sors jamais de chez moi sans un bouquin sous le bras, aujourd’hui bien sûr je n’en ai pas emporté ! Même mon Ipod est resté à Paris.

L’agence d’Air France qui a modifié notre horaire sur nos billets, nous a offert deux bons d’achat valables dans tous les snacks de l’aéroport, en dédommagement. Une aumône que ne réussit qu’à nous payer un chocolat chaud (chacun !). De retard en retard, d’espoirs en déceptions, le temps passe et nous lasse. Enfin, notre avion est confirmé pour 22h. Un Airbus A321 cette fois qui ne décollera qu’à 22h45 après dégivrage de la carlingue. J’englouti en deux bouchées affamées le casse-croûte au saumon distribué par l’hôtesse, car ayant dépensé toutes nos devises dans Prague avant de repartir, nous n’avions plus une couronne tchèque pour acheter quoique ce soit dans l’aéroport.

Bien entendu ce départ tardif nous amène à Paris Charles-de-Gaulle après minuit, nous attendrons vingt minutes nos bagages devant un tapis roulant profondément endormi le veinard, et comme à ces heures il n’est même pas envisageable de rentrer dans notre banlieue par les transports en commun, nous attendrons encore une trentaine de minutes un taxi en plein froid et qui nous coûtera bonbon pour la course ! A peine sommes nous rentrés, il est plus de deux heures du matin, je me laisse tomber sur mon lit, demain est un autre jour. 

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