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Prague (2/3) : Où l’on commence à évoquer le séjour

Publié le 13 décembre 2010 par Corboland78

Nous voici donc à Prague, arrivés dans le sillage frisquet de la neige qui nous cache les infrastructures de l’aéroport quand je colle mon nez sur la vitre du hublot. Bien entendu dans mon guide jamais avare d’envolées poétiques il est écrit « Si romantique quand elle se couvre de blanc, Prague n’en paraît que plus vivante et authentique ». Moi je dis, « ouais, ouais ! » pour une seconde visite certainement, mais la première fois venez plutôt au printemps découvrir la ville et seulement après revenez-y (car il faut voir et revoir Prague) en hiver, apprécier la lumière déclinant tôt sur la ville, la brume sur le fleuve et les monuments ensevelis sous la neige. Car quand il neige, ça tombe sans retenue, c'est-à-dire qu’il faut marcher dans plusieurs centimètres de neige durcie et glissante ou bien de la neige qui fond où le pied s’enfonce et se noie dans de l’eau glacée, mes chaussettes et chaussures ont beaucoup souffert. Des toits des immeubles des blocs de neige tombent ou bien de grosses gouttes d’eau vous coulent dans le cou, vous voyez le topo ? Comme vous êtes venus pour visiter, il faut regarder où l’on met les pieds pour ne pas tomber ou déraper sur les pavés des ruelles, regarder les façades magnifiques des immeubles, lire dans son guide qu’on consulte avec ses gants aux mains les informations historiques (autre option, pas de gants mais les doigts gelés, c’est vous qui voyez !) et si possible faire des photos aussi ! Ceci dit, je félicite les personnels de la voirie qui font des miracles sur les chaussées et les trottoirs, ainsi que ceux qui montent sur les toits pour les désenneiger, on sent qu’ils ont l’habitude et ils ne chôment pas – si vous voyez ce que je veux dire …

Après ce préambule qui n’est qu’une remarque climatique, je tiens à dire immédiatement que Prague est une ville absolument magnifique et ce serait trop compliqué et trop long à expliquer par écrit, mais la richesse architecturale et la beauté des sites m’ont un peu rappelé Venise, une autre ville complètement différente mais où tout est superbe, coloré et romantique à la fois. 

En tant que touriste on peut visiter Prague à pied et se passer du métro et des tramways nombreux desservant tous les quartiers. Sachant qu’on ne connaît réellement une ville que lorsqu’on y habite, nous n’avons pas tout vu bien évidemment et de nombreux séjours aux différentes saisons n’épuiseraient pas toutes les beautés qu’elle recèle, disons que nous l’avons parcourue – du moins les quartiers cités ci-dessous - afin de nous en faire une idée générale.

La ville historique est nichée dans un coude de la Vltava, le fleuve qui traverse Prague, et les principaux quartiers sont Staré Mesto, la Vieille Ville faite de ruelles, églises, incluant l’ancien quartier juif de Josefov, classée au Patrimoine Mondial par l’Unesco, Nové Mesto, la Nouvelle Ville quartier d’affaires. De l’autre côté du fleuve la ville s’élève vers les hauteurs, avec Malà Strana, ruelles pentues et maisons aux toits rouges puis Hradcany, le Quartier du Château et de la cathédrale Saint-Guy qui dominent Prague.

Nous logeons au cœur de la cité, place Venceslas (Vaclavské Namesti, mais j’arrête ici la transcription des noms dans leur langue d’origine car mon clavier ne propose pas toute la gamme des accents nécessaires à une rédaction sans fautes). En fait de place, il faut plutôt l’envisager comme une large avenue, longue de sept cents mètres, bornée par la statue équestre du saint du même nom, le mémorial à Jan Palach dédié aux victimes du communisme et le Musée National couronné d’une coupole, accueillant une galerie zoologique et des expositions temporaires. Tout au long de cette avenue/place, se succèdent les vitrines de grands magasins (les godasses Bata viennent d’ici) et de très beaux immeubles style 1900.

Durant toute la visite de la ville, l’architecture sera un point fort et un fil rouge, toutes les maisons sont remarquables, que ce soient par les couleurs pastel des façades, les toits tarabiscotés, les statues dans leurs niches, les églises baroques, le style Art Déco décliné ici dans ce qu’on nomme Sécession, un régal pour les yeux qui oblige à avoir l’œil aux aguets en permanence. Je ne m’arrêterai donc pas à tout vous décrire et ce qui va suivre n’est qu’une esquisse frustrante des merveilles que nous y avons vues.  

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La place de la Vieille Ville est un lieu incontournable, ce genre d’endroit où vos pas vous ramènent constamment sans que vous y preniez garde et qui laisse l’impression d’évoluer dans un décor historique. D’abord il y a l’Hôtel de Ville avec sa tour d’une soixantaine de mètres avec l’horloge astronomique, dont les trois aiguilles du cadran central indiquent l’heure et la position du soleil et de la lune, toutes les heures un mécanisme l’anime mais j’ai vu beaucoup mieux ailleurs (Strasbourg par exemple). L’imposante église Saint-Nicolas toute blanche et baroque, le mémorial Jan Hus (brûlé comme hérétique en 1415) et l’incroyable église Notre-Dame de Tyn très sombre et gothique qui contraste avec Saint-Nicolas. Elle date de 1380 et m’évoque ces châteaux de sorcières dans les contes pour enfants, ses deux flèches ont la particularité de n’être ni de la même largeur, ni de la même hauteur ! Le centre de la place est occupé par un marché touristique qui à cette époque s’est mis à l’heure de Noël, nous y goûtons un gâteau local, cylindrique et cuit à la broche (bof !). Très belle en plein jour, la nuit les éclairages drapent la place d’une atmosphère envoûtante.

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Nous poursuivons notre découverte de la ville, par le passage obligé et qui attire les touristes du monde entier, le Pont Charles qui enjambe la Vltava pour rejoindre Malà Strana. Mon guide précise qu’en hiver nous y serons peu nombreux et pourrons mieux l’admirer, si cela est vrai je n’ose imaginer ce que ce doit être en été ! Pont piétonnier, il réunit à lui tout seul, l’art et l’histoire sans oublier la très belle vue sur les deux rives de Prague dont l’inquiétant panoramique sur le Château qui nous domine et nous rabaisse au rang de foule anonyme, Kafka s’invite en mon esprit. Si la première pierre fut posée en 1357, il ne sera achevé qu’au XVe siècle. Une tour à l’entrée depuis Staré Mesto et deux à l’autre bout, tout du long du pont de chaque côté, une galerie de noires statues dont une Crucifixion, Sainte Luitgarde, et Saint-Jean Népomucène par exemple car il y en a plusieurs dizaines. Ces statues sont des copies, car certains trouvaient le moyen de les voler par morceaux… Chaque jour nous reviendrons voir le pont, de jour comme de nuit, empilant photos sur photos, lui aussi toujours superbe comme cette fois où noyé de neige il est survolé par un vol d’oies sauvages et qu’au loin nous distinguons à peine les contours du Château dans la brume humide. 

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