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Prague (3/3) : Où l’on en termine avec ce séjour

Publié le 14 décembre 2010 par Corboland78

Le pont traversé nous continuons vers le Château. Un des plus grands palais du monde, avec son kilomètre de long il impose le respect et la crainte, il est le pouvoir et pour mieux nous le faire savoir, pour y parvenir il faut gravir des rues particulièrement pentues qui obligent à se courber. Quand enfin vous arrivez sur la place donnant accès aux grilles d’entrée, vous êtes récompensés par la vue sur Prague depuis les remparts, les ponts qui traversent le fleuve et la ville et ses monuments que vous avez visités précédemment vus sous un autre angle. Dire qu’on visite un château est un euphémisme, en fait vous entrez dans une ville dans la ville. Une journée complète ne suffirait pas pour tout explorer, les palais, la basilique Saint-Georges, la cathédrale Saint-Guy qu’on ne peut manquer car bien plus haute que le Château c’est surtout elle qu’on aperçoit de presque partout dans la ville. Il y a aussi des cours, des jardins mais en hiver … d’autres églises et un musée des Jouets, que sais-je encore ? Enorme. La redescente vers le Pont Charles, nous la faisons par une longue rue en escaliers, cramponnés à la rambarde pour ne pas glisser sur la neige et le verglas fripon. Il est alors plus que l’heure de casser une petite croûte revigorante, des tranches de porc rôti parfumées accompagnées de choucroute presque confite légèrement sucrée avec quelques petites boulettes à base de farine coupées en rondelles (knedliky) sans grand goût mais qui tiennent au corps, en dessert un strudel aux pommes et Chantilly, la boisson s’impose d’elle-même, une bière douce et peu alcoolisée car les bières tchèques sont très bonnes.

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Nous n’avons pas négligé une visite à Josefov, l’ancien ghetto juif situé entre le fleuve et la place de la Vieille Ville. A la fin du XIXe siècle, insalubre en raison de son isolement, il fut rasé à l’exception des lieux de culte, du cimetière et de l’Hôtel de Ville. Du coup sa reconstruction a créé une harmonie architecturale faite pour les belles maisons, de frises, portes sculptées ou balcons supportés par des statues. Cette communauté la plus importante d’Europe avec 32 000 habitants avant la guerre, génitrice de nombreux intellectuels, fut décimée par le nazisme et l’exode, aujourd’hui il ne reste que 1500 juifs à Prague. Si la guerre a aussi détruit de nombreuses synagogues dans la ville, dans ce quartier paradoxalement les nazis ont voulu faire  un « musée d’une race éteinte » et y ont rassemblé des archives et objets du judaïsme provenant de toute l’Europe. Dans une synagogue nous découvrons une collection d’objets liés aux traditions juives de la naissance à la mort en passant par bar-mitzva. Dans un autre bâtiment restauré de la synagogue Pinkas, sont inscrits sur les murs en lettre d’or, les noms de tous les juifs tchèques et moraves décédés durant l’holocauste (77 297 personnes). Cette longue litanie de noms seuls ne se contente pas de nous faire ressentir toute la souffrance d’un peuple, elle porte le poids insupportable de toute la souffrance humaine. Eprouvant. Pour que la coupe soit pleine, nous terminons par la visite du vieux cimetière juif datant du XVe siècle, le terrain est si exigu que les 12 000 stèles aujourd’hui s’entassent les unes sur les autres, mais sur plusieurs niveaux on comptabilise près de 100 000 morts, il n’est plus utilisé depuis 1787.

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Au hasard de nos promenades dans la ville, nous avons aussi vu la Tour Poudrière dans Staré Mesto, une haute tour noire gothique datant de 1475 qui marquait l’entrée de la Vieille Ville, mais ce n’est qu’au XVIIIe siècle qu’elle est utilisée pour le stockage de la poudre, d’où son nom. Dans un tout autre genre, plus rigolo, sur la place Jiraskovo près du fleuve, l’immeuble Ginger and Fred. Un immeuble avant-garde en verre, fait de deux bâtiments qui s’enlacent et dansent comme Fred Astaire et Ginger Rogers, l’audace de la nouvelle architecture praguoise. Près de l’église Saint-Gall, le marché d’Havelska où se côtoient marchands de fruits et légumes avec les étals de souvenirs pour touristes et artisans, dans une rue sous arcades qui abritent des cafés et un petit salon de thé où nous nous réchauffons avec un chocolat chaud dans une ambiance cosy. Il y a aussi ces vitrines lumineuses où s’exposent des marionnettes dont les Tchèques sont friands et ces marchands de saucisses dodues et délicieuses accompagnées de choucroute dans un morceau de pain, hot-dog local. 

Bien entendu à cette époque de l’année et sous la neige, nous n’avons pas pu apprécier les nombreux jardins et espaces verts qui doivent donner une tout autre vision de Prague quand le soleil de printemps la pare de ses nouveaux atours, ce qui imposera un retour dans cette merveilleuse ville.  

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