
Genre: Drame, guerre (interdit aux - 16 ans)
année: 1979
durée: 3 heures
L'histoire: 5 ouvriers sidérurgistes affrontent les fourneaux d'une petite ville de Pennsylvannie. Parce que c'est la guerre du Vietnam, 3 d'entre eux deviennent des soldats sur le départ. 2 ans plus tard, la guerre sévit toujours et ces derniers se retrouvent prisonniers dans un camp vietcong.
La critique d'EELSOliver:
Pour une raison que j'ignore, Michael Cimino est le grand oublié parmi les réalisateurs qui ont marqué le cinéma américain. Par exemple, on oublie trop souvent de citer L'Année du Dragon, un film remarquable dans lequel Mickey Rourke trouvait l'un de ses meilleurs rôles.
Mais revenons à Voyage au bout de l'Enfer, à la fois un drame et un film de guerre (c'est avant tout un drame).
Avec Voyage au bout de l'enfer, Michael Cimino signe son chef d'oeuvre absolu. Pour cela, Michael Cimino implique totalement ses acteurs.
A tel point que ces derniers en ressortiront avec de véritables cicatrices ! Jamais Robert De Niro ne s'est tant investi dans un film (mis à part dans le magnifique Raging Bull, de Martin Scorsese), et Christopher Walken livre une véritable performance.
Car avant tout, Voyage au bout de l'Enfer est un film traumatisant. Il s'agit d'une fresque sur l'horreur de la guerre du Vietnam. Avec Apocalypse Now, Voyage au bout de l'Enfer reste le film le plus éprouvant sur le sujet. Bref, difficile de se remettre de ce film de guerre à la fois beau, violent et saisissant. Pour cela, Michael Cimino prend le temps de nous présenter les différents protagonistes de l'histoire. Il s'agit de cinq jeunes américains qui travaillent dans un trou paumé de Pennsylvannie.
Parmi eux, trois partent pour la guerre du Vietnam. Très vite, ils sont faits prisonniers par des vietcongs.
Et là, le film bascule dans l'horreur absolu ! Condamnés, ils doivent subir la terrible épreuve de la roulette russe: un jeu sordide consistant à mettre une balle dans un révolver et à tenter sa chance en appliquant le flingue sur sa tempe...
Cimino ne nous épargne rien: gros plans sur les yeux, rires sadiques, bribes de cervelles explosant à la figure des héros... Cette scène restera à jamais gravée dans ma mémoire. Cette guerre stupide et inutile va marquer à vie les personnages.
A partir de là, Impossible de ressortir indemme de Voyage au bout de l'enfer tant Michael Cimino insiste sur la dimension psychologique, invitant le spectateur à partager la souffrance des protagonistes.
Un film magistral et essentiel pour tout cinéphile qui se respecte.
Note: 18.5/20
La critique de ClashDoherty :
Il y à des films qu'on se prend en pleine gueule, comme ça, et qui restent à vie dans notre esprit. Indéniablement, Voyage Au Bout De L'Enfer, réalisé en 1978 par Michael Cimino et ayant obtenu 5 Oscars dont le meilleur film et meilleur réalisateur, est de ceux-là.
Souvent considéré à tort comme un film de guerre, The Deer Hunter (titre original, qui signifie 'le chasseur de cerfs') est en réalité un drame sur la guerre...et contre la guerre, évidemment. Du Vietnam, mais contre la guerre en général. Sur les 3 heures du film, 2 heures ne se passent pas au Vietnam.
Voilà de quoi en faire un drame plus qu'un film de guerre. Mais il est vrai que l'heure centrale (en réalité, le passage 'Vietnam' central ne dure pas une heure, mais 45 minutes) est tellement marquante qu'on a rapidement fait de classer ce film dans les chefs d'oeuvres du film de guerre ; à tort, pour moi, mais c'est un avis comme un autre !
Le film est interprété par une foule d'acteurs épatants : Robert De Niro, Christopher Walken, John Savage, John Cazale, Meryl Streep, George Dzundza, Chuck Aspegren.
C'est le premier rôle d'Aspegren, un ouvrier sidérurgiste que De Niro (qui a bossé comme sidérurgiste pendant quelques semaines avant le tournage, pour découvrir ce métier que son personnage pratique) a rencontré et convié à jouer dans le film, tellement il était grandiose dans la vie.
C'est aussi le premier rôle de John Savage, qui restera à vie Steven, ce rôle l'a vraiment marqué. Premier rôle de Meryl Streep, alors compagne de John Cazale, et qui a accepté le rôle de Linda pour être jusqu'au bout avec John Cazale, atteint d'un cancer, et dont ce sera l'ultime rôle, celui de Stanley (il est mort avant la sortie du film). George Dzundza, qui joue John (tenancier de bistrot), est excellent.
Mais ce sont surtout De Niro et Walken qui tirent le film, à eux deux. De Niro joue Michael, et Walken (un de mes acteurs préférés, ici dans son meilleur rôle - c'est valable aussi pour De Niro, c'est un de ses plus grands rôles) joue Nick, jeune homme amoureux des arbres et de Linda, le plus pur et innocent de la bande. A l'origine, c'est Nick qui devait aller chercher Michael au Vietnam, à la fin, mais ce fut changé dans le scénario. Les deux acteurs portent vraiment le film sur leurs épaules, un film dur, cruel, violent par moments (la scène de la torture à la roulette russe est terrifiante, choquante, inoubliable aussi).
A propos de cette scène, De Niro exigera qu'on lui colle de vraies baffes, ce qui accentue le réalisme de la scène. Les acteurs sont stressés, ça se sent, et le visionnage de la scène (horriblement longue au premier coup d'oeil) n'en est que plus éprouvant.
Le Michael, il y a des rats là-dedans ! angoissé de Savage est tout sauf dans le script, l'acteur s'adressait à Michael Cimino, qui a conservé la réplique grâce à l'heureuse coïncidence des prénoms (Savage s'adressait au réalisateur, mais un des personnages s'appelle aussi Michael) !
Autre scène culte, le final entre Michael et Nick, déchirant (le crachat de Walken sur le visage de De Niro était prévu, mais De Niro ignorait ce détail, et son expression de surprise dégoûtée est totalement vraie, il quittera même le plateau par écoeurement, avant d'apprendre rapidement que c'était prévu), et le final définitif dans le bar, God Save America...
Violent, brutal dans sa section Vietnam, et émouvant dans le reste du métrage, Voyage Au Bout De L'Enfer est une film-somme, certes long, mais on ne saurait imaginer ce film avec la moitié de sa durée seulement (ça serait possible, mais le résultat serait nul).
Avec sa longue scène de mariage orthodoxe au début (quasiment 40 minutes !) et son final déchirant, avec sa galerie de personnages et leurs évolutions, ce film est une sorte de roman russe en version filmique et américaine. Une oeuvre dense, forte, inoubliable, servie par des acteurs au sommet, et une réalisation totalement sobre (mais efficace dans le segment Vietnam).
Un film traumatique, traumatisant, magnifique et, je me répête mais qu'importe, littéralement inoubliable.
Note : 20/20 
