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Réinvestir la planète : l’art au service de l’environnement ?

Par Artilt
Réinvestir la planète

Par Fabienne

Les préoccupations écologiques ont une grande place dans la création contemporaine. La ville de Levallois révèle cet art au service de l’environnement et lui offre un espace d’exposition jusqu’en février prochain.

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Sensibiliser à la cause environnementale est au cœur de nombreuses manifestations artistiques, 2010 aura vu cette thématique largement déployée et discutée.

Avec par exemple l’exposition toulousaine « Chemins d’eau » , source de nombreuses polémiques elle avait effet soulevé la délicate question d’une conciliation possible entre art et respect de l’environnement. L’artiste Dimitri Xenakis avait dans le cadre de ce parcours artistique « emballé » des troncs d’arbres sur le long du canal du midi de film plastique… Suscitant ainsi le mécontentement des militants et associations de protection de l’environnement : « cette installation est contraire au code de l’environnement, elle est une menace pour ce site classé ». Le « message » initial et les conséquences de sa mise en place se sont finalement avérés être plutôt divergents :

Dimitri Xenakis • Le long cours
© Dimitri Xenakis • Le long cours

Autre grande manifestation notoire sur le thème développée fin 2010 : le grandiose 350 Earth qui a eu lieu du 20 au 28 novembre.  Présenté comme le tout premier projet artistique climatique mondial, artistes et grand public ont alors été sollicités en masse pour l’occasion et invités à être créatif pour relayer un message : l’urgence du problème qu’est le changement climatique. Le défi : mettre en place des projets visibles de l’espace !

Aujourd’hui…

La Ville de Levallois reprend le flambeau et s’engage ouvertement dans un démarche de pédagogie autour des questions de développement durable. Un mois sera donc consacré au sujet et ce, sous différentes formes parmi lesquelles une exposition d’art contemporain à la Galerie de l’Escale : « Réinvestir la planète ».

12 artistes via plus d’une vingtaine d’œuvres, se partagent la lourde mission de soulever des questions d’écologie et d’interroger leurs spectateurs.

Cette exposition révèle, en cinq parcours, que l’art peut être au service de l’environnement.

L’esthétique du désastre :

Nous l’évoquions avec le sourire dans un précédent article, la Chine est en « proie » à de nombreuses et bien souvent spectaculaires démolitions/reconstructions de bâtiments… L’artiste Zhenchen Liu, vidéaste chinois, exploite cette urbanisation en pleine croissance pour éveiller les consciences…

L’empreinte du vivant :

Arb-o-citoyen

Adrew Chartier • Arb'O Citoyen

Partant du constat que les interventions humaines sur l’environnement ne sont pas sans laisser de traces -plus ou moins- lourdes de conséquences, ce parcours s’exprime en mettant à l’honneur deux artistes particulièrement attachés à la notion d’empreinte…

Avec tout d’abord, l’artiste environnementaliste canadien -et fortement engagé-, Andrew Chartier. À l’origine de concepts surprenants, soucieux des rapports unissant technologie, humain et nature : il invente des machines -composées en grande partie de matériaux recyclés- sensibles et qui tendent à responsabiliser leur public. L’Arb’Ô Citoyens présenté ci-contre, est une éco-distributrice.On lui confie du papier à recycler elle distribue en échange des pousses de conifères…

Je pense que le simple fait de déposer une matière usée dans une machine et de pouvoir, de manière immédiate, toucher à la vie aura pour effet de stimuler la conscience individuelle sur l’incontournable relation des éléments dans l’environnement

Autre artiste concerné par la question de l’empreinte, Liu Bolin, photographe chinois reconnu pour ces mises en scène de camouflage. Le corps dans son environnement, -son corps en l’occurrence- s’efface presque intégralement au profit du site choisi :

Liu Bolin
© Liu Bolin

Jardiner la ville :

Petit détour par l’architecture avec les réalisations d’Edouard François qui présente des maquettes et dessins de ses différentes constructions « vertes » immergées dans leur environnement.

Edouard François • Maquettes
©
Edouard François • De gauche à droite : 1 et 2 : BMW showroom / Faubourg d’Egmont, Bruxelles , Belgique, SA Faubourg d’Egmont, Alkimmo •  3 : Eden Bio, Paris , France, OPAC de Paris, 2008.

Avec à suivre, les réalisations de l’artiste plasticienne Laure Molina qui interrogent les spectateurs sur la place occupée par l’environnement dans leur quotidien.

Laure Molina • Relation Durable
© Laure Molina • Relation Durable, Sélection, Série 2010, New-York.

Enfin, Laurent Gueneau, (image utilisée en « une » de cet article), se penche également sur cette question en exposant une série de photographies intitulée « Questions de nature ».

Recyclage et métamorphose :

Elen Boutang, designer créatrice de luminaires au formes organiques -constituées de matières naturelles recyclables et de composants économes en énergie- présente des réalisations engagées au quotidien vers une sensibilisation à l’écologie. Cette démarche se complète par une participation active et concrête : chaque commande correspond à une replantation de cinq arbres sur l’île de Madagascar.

À découvrir également les installations à base de matières plastiques récupérées par le plasticien  Georges-Pascal Ricordeau.

Réinventer la nature :

Isabelle Tournoud • Chemise de Lune

© Isabelle Tournoud • Chemise de Lune - 2005-8, monnaie du pape, colle, H 110cm

Cette dernière partie s’articule autour de l’usage fait des technologies actuelles pour transformer et créer en exploitant de façon respectueuse les ressources naturelles.

Isabelle Tournoud, sculptrice « du végétal » présente trois robes fragiles et délicates.

Les designers Mathieu Lehanneur , Ronan et Erwann Bouroullec, achèvent de compléter ce parcours avec une présentation de « Bel Air Ghost » , un dépollueur d’air par les plantes pour le premier et des « chaises végétales » :  pour les derniers.

L’exposition mise en place avec le partenariat d’Art Actuel communication ouvre ses portes jusqu’en février prochain, l’occasion de réviser les réalités conjoncturelles sources d’inspiration et d’engagement d’un point de vue artistique !


Exposition « Réinvestir la planète »
Du 13 janvier au 12 février 2011
Galerie L’Escale
25 rue de la Gare – 92300 Levallois
Entrée libre du lundi au samedi de 10h à 19h

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