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Le sommet du Puy de Dôme - Puy de Dôme

Publié le 02 février 2011 par Gérard Charbonnel @gcharbonnel
Volcan symbole... enfant de la terre
Cet enfant de la terre surplombant Clermont-Ferrand fut tour à tour, vénéré par les Romains, prisé par Pascal pour ses expériences sur la pesanteur ou théâtre d'exploits sportifs. Il reste le plus emblématique des sommets auvergnats... et le plus parcouru !
Le sommet du Puy de Dôme - Puy de Dôme
Destinée d'un volcan
Au commencement, il y eut la masse imposante d'un volcan né d'une terre en éruption et, sur sa tête arrondie, les multiples variations de l'air en mouvement. Puis vinrent les hommes, probablement dés le néolithique, qui firent de ce sommet un lieu sacré. Ils y édifièrent, au premier siècle, un grand temple à la gloire du dieu Mercure. Au XVIIe siècle, avec Pascal, s'ensuivirent les expériences sur la pesanteur qui firent s'élever le mercure dense du baromètre. Elles trouvent encore leur actualité dans l'Observatoire météorologique édifié au-dessus des ruines. Témoin de ces avancées scientifiques, Mercure s'appuie t-il à la longue antenne de l'émetteur de télévision piquée dans l'air vif et changeant ? A t-il vu l'exploit de l'aviateur Renaux qui s'est posé sur cette éminence volcanique ? Observe t-il de nos jours l'envol des parapentes ? Est-ce lui encore, qui, chaque année, attire vers ce sommet les centaines de milliers de visiteurs de l'Europe entière ?
Mystérieuse Antiquité
Le sommet du Puy de Dôme porte les ruines d'un grand temple dédié àMercure dont le rayonnement dépassait largement les frontières de l'Arvernie. Découvert en 1872, lors de la construction de l'Observatoire, il fut érigé au cours des deux premiers siècles de notre ère sur le lieu même d'un sanctuaire gaulois plus ancien. Son plan est celui des temples gaulois traditionnels avec cella, déambulatoire et ouverture vers l'est.
Selon Pline l'Ancien, une fabuleuse statue du dieu Mercure, haute d'environ 18 mètres, avait été exécutée par le sculpteur grec Zénodore vers 60 avant Jésus-Christ. Aucun vestige n'a été retrouvé et on ignore tout de la chute du sanctuaire vers les IIIe, IVe siècles ou plus tard. Fut-il abandonné lors de l'avènement du christianisme ou ravagé par les invasions barbares ? Les objets découverts autour des ruines, antérieurs au Ve siècle, n'apportent aucun renseignement précis. Nulle trace de présence sur le site n'est relevée pendant les sept siècles suivants, nulle évocation dans les documents de l'époque, d'un quelconque lieu sacré.
Au XIIIe siècle, on retrouve l'existence d'une chapelle romane habitée par un moine ermite. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, quelques récits de voyageurs font allusion aux ruines existant au sommet du Puy de Dôme. En 1872, les travaux de construction du premier observatoire permanent de montagne de France conduisent au dégagement des vestiges jusqu'en 1878. La construction, en 1956, d'un relais hertzien, entraîne la destruction de l'ensemble des vestiges gallo-romains et médiévaux situés sur la partie sommitale du puy.
Enfant de la Terre
Contrairement à la légende, les Romains n'ont probablement jamais soupçonné la nature volcanique du site sur lequel ils édifièrent le temple de Mercure. Il fallu attendre le milieu du XVIIIe siècle pour que soit imaginé la genèse volcanique des " montagnes d'Auvergne ". Mais jusqu'au bout du XIXe siècle, la formation du puy de Dôme restait un mystère pour les géologues : ils ne pouvaient l'identifier à aucun des types éruptifs alors connus ( hawaïen, strombolien puis vulcanien ). C'est l'éruption de la montagne Pelée, de 1902 à 1905, qui, pour la première fois, offre un modèle applicable au " géant des Puys ".
Ce double dôme de trachyte naquit voici 11.000 ans, sur un emplacement où 30.000 ans auparavant s'étaient édifiés plusieurs cônes de scories ( notamment le " Petit puy de Dôme " ). L'interruption momentanée de sa croissance, par l'écroulement de sa moitié orientale, explique la dualité de sa forme. Cette activité ne s'est accompagnée que de phénomènes explosifs modérés, alors que l'explosion de son discret voisin, le " cratère Kilian " ( près du col de Ceyssat ), il y a 8.500 ans, dévasta la forêt sur 25 km2.
Le Dôme culmine à 1465 mètres mais repose sur un plateau granitique à 1000 mètres d'altitude. Comme tous les volcans de la chaîne des Puys, le puy de Dôme résulte d'une éruption unique. Endormi depuis 11.000 ans, il ne risque pas de se réveiller. Certes, un nouveau volcan peut naître à tout moment, à cet endroit précis ou à proximité. Il est probable, heureusement, qu'il préviendra !
Volcan de la science et de la communication
Blaise Pascal fut habité dans son enfance clermontoise par la présence familière du puy de Dôme. En 1648, il choisit tout naturellement ce sommet symbolique comme théâtre et comme témoin de sa fameuse expérience sur la pesanteur de l'air. Il démontra que le niveau dumercure dans la colonne du baromètre baissait graduellement avec l'altitude. Pour cela, il fit mesurer la différence entre l'appareil laissé à Clermont et celui installé au sommet du puy de Dôme. Deux siècles plus tard, en 1875, un laboratoire de physique fut édifié au sommet du puy de Dôme. Il avait pour mission l'étude de l'atmosphère et surtout des nuages. Les travaux s'étendront aussi à la volcanologie, la sismologie et le géomagnétisme. Le laboratoire devient, en 1925, " l'Institut et l'Observatoire de Physique du Globe du puy de Dôme ".
Le sommet du Puy de Dôme - Puy de DômeL'installation de l'émetteur de télévision entraîne, en 1956, la démolition du premier laboratoire et la construction d'un nouveau pour servir de base à la tour. Il abrite un centre interministériel qui intéresse la communication ( TV, radio ), la Défense ( services radio goniométriques de l'armée de l'air ), l'Education Nationale ( Observatoire ) et l'Equipement ( navigation aérienne civile ).
Le puy de Dôme peut se targuer d'avoir servi d'essai à l'avancée des techniques. Les exploits accomplis ont marqué des tournants décisifs, notamment dans les domaines de la mécanique et de l'aéronautique.
Volcan de l'exploit
La coupe Gordon-Bennett ( course internationale de vitesse automobile ) en 1905, et surtout l'atterrissage de l'avion d'Eugène Renaux en 1911 remportant le Grand Prix Michelin, figurent parmi les évènements sportifs du début du XXe siècle.
Le Tour de France cycliste honore parfois le puy de Dôme de son passage. Parmi les grands vainqueurs de l'étape, on a compté Coppi en 1952, Bahamontès en 1959, Anquetil en 1964, Gimondi en 1967, Ocana en 1971 et en 1973, Zoetemelk en 1976, Arroyo en 1983, Mechler en 1986 et Weltz en 1988.
Avec les libéristes, l'exploit devient extrême. On assiste en 1973 au premier envol à partir du sommet du puy de Dôme. Les ailes multicoloresfont aujourd'hui partie intégrante du paysage de la chaîne des Puys. Saura t-on encore imaginer la nature de nouveaux défis lancés au géant des Dômes au cours du prochain millénaire ?

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