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Vient de paraître : " Qu’est-ce que la métaphysique ? "

Par Contrelitterature

L' Harmattan, 2010. 188 p., 19 €

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Peut-on encore parler de métaphysique aujourd’hui ? Cette question de facto en pose deux : en a-t-on le droit ? est-ce pertinent ? La première renverrait à une censure, une sorte de « politiquement correct » ou de mode, à laquelle aucune démarche philosophique ne saurait se soumettre ; la seconde revient à se demander si la métaphysique est possible.

Mais, pour pouvoir répondre à cette seconde question, encore faut-il savoir de quoi on parle et répondre à cette question que posait Heidegger, dans son discours inaugural de 1929 : Qu’est-ce que la métaphysique ? Une fois définie, ne serait-ce que dans les faits de son histoire, alors seulement sera recevable la question de sa possibilité.

Tout questionnement philosophique, et a fortiori métaphysique, impliquant le sujet qui l’affronte, le parti pris de ce livre a été de proposer douze réponses de femmes et d’hommes de lettres, de philosophes, d’un physicien et mathématicien. Bien sûr, en phase avec toute démarche philosophique digne de ce nom, il y est plus procédé par questions plutôt que par réponses formelles, par des questions dérangeantes plutôt que par des réponses rassurantes risquant le dogmatisme, des questions qui ramènent au cœur de l’interrogation humaine, plutôt que des réponses qui dispersent dans des « savoirs ignorants ».

Outre la propre réponse à la question-titre de Martin Heidegger, ici résumée, s’il s’agit de s’interroger sur les faits de son histoire, fut-elle orientale ou occidentale, antique, moyenâgeuse ou moderne, on y lira plusieurs synthèses éclairantes : Jean Borella, Kostas Mavrakis, Pamphile, Emmanuel Tourpe, Jean-Marc Vivenza.

Quant à sa possibilité, l’interrogation métaphysique s’appliquant à toutes les choses du monde, de la pensée et de la vie, celle-ci, au gré des contributions, va être éclairée par les exemples de sa pratique : Pamphile ; par sa confrontation à l’art, en particulier l’art contemporain : Aude de Kerros ; à la politique, dans la recherche de ses racines : Kostas Mavrakis ; à la poésie, dans un au-delà de la parole : Jean Biès ; à sa redécouverte récente de l’analogie : Emmanuel Tourpe ; à la logique dont elle constitue la limite : François Chenique ; à la doctrine chrétienne de la création ex nihilo : Alain Santacreu ; à la physique, à la phénoménologie et à la mystique selon « le voir » : Wolfgang Smith ; à sa possibilité en bouddhisme, en particulier suivant les implications ontologiques de la loi de « production conditionnée » : Jean-Marc Vivenza ; à toute doctrine dogmatique qui affirmerait la vérité aussi bien que le doute : Bruno Bérard ; et à l’évolution de son nom et de son concept jusqu’à la possibilité d’un connaître métaphysique : Jean Borella.

On le voit, le panorama est bien large pour une question aussi simple. Pour autant, on ne sera pas surpris de découvrir qu’il s’agit au fond, d’une seule métaphysique. C’est que la métaphysique n’est pas, essentiellement, affaire d’érudition. Certes, on pourra prendre un plaisir intellectuel à de nombreux et copieux traités de métaphysique mais, en fin de compte, n’est-ce pas la simple conscience existentielle de participer à l’intelligibilité des choses qui gouvernera ce plaisir ?


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