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Le roman de Tolstoï - Vladimir Fédorovski

Par Emmyne

51ovJ6elbxL__SL500_AA300_Léon Tolstoï nous a quittés il y a cent ans, et plus que jamais il demeure dans notre mémoire. Vladimir Fédorovski présente ici un véritable roman de la vie du géant de la littérature russe : celui d'un homme en avance sur son temps, tiraillé entre les plaisirs de la chair et ses aspirations spirituelles. A partir des archives et de témoignages rares, dont certains inédits, l'auteur a mené une minutieuse enquête, bousculant les idées reçues et dévoilant des secrets à demi enfouis. Des débauches tsiganes de sa jeunesse à sa romance avec une cosaque du Caucase, de sa passion fougueuse pour une humble paysanne aux aléas de sa vie conjugale avec la volcanique Sophia Andreïevna, l'existence de Tolstoï fut dominée par une quête inlassable de l'amour, en une complète et déchirante contradiction avec ses élans mystiques. À la lumière de son Journal, surgit l'image inattendue d'un écrivain érotique par excellence. Guerre des sens, paix de l'âme : voici Tolstoï au coeur d'un dilemme moderne, au sein duquel sa sensualité débridée et sa soif de transcendance se livraient un lumineux, harassant et fécond combat.

- Editions du Rocher -

Ne pas se laisser tromper par le titre, ni prendre par cette quatrième de couverture emphatique. S'il s'agit bien d'une biographie, elle n'est pas romancée mais se lit effectivement comme un roman; si elle est documentée, elle n'est pas particulièrement fouillée ou approfondie. Ce livre est un ouvrage de vulgarisation agréable à lire, approprié pour une première rencontre avec Léon Tolstoï, permettant de découvrir son univers familial, son environnement culturel et historique.

Sur une narration qui s'attache aux grands moments et aux anecdotes significatives, qui s'attarde sur les descriptions, retraçant ainsi l'apparence et l'atmosphère de Moscou, Saint-Pétersbourg, de la campagne et des régions russes du XIXème, citant abondamment le journal de l'écrivain et sa correspondance, V.Fédorovski dresse le portrait d'un homme plus que d'un auteur, d'un homme pris dans son époque, dans ses contradictions. C'est toute une personnalité complexe qui se dessine sur les pages, son évolution, sa vanité et l'idéal de perfection, la quête philosophique et spirituelle bien plus que l'oeuvre littéraire; le penseur exigeant et tourmenté, le réformateur populaire et pédagogue, l'auteur engagé et moraliste plus que l'écrivain de Guerre et Paix et d'Anna Karénine, ce roman qui m'a si profondément marquée.

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J'ai complété cette lecture par le titre signé Michel Aucouturier dans la collection Découverte Gallimard :

Léon Tolstoï " la grande âme de la Russie " *

- * expression de Romain Rolland -

Le ton y est à la fois plus académique et plus passionné, l'ouvrage plus développé et plus précis quant aux contextes et principes idéologiques. Le texte se divise en périodes chronologiques correspondant au cheminement intellectuel et aux choix de vie de l'écrivain, toujours accompagné d'une iconographie aussi riche que variée, d'extraits, des témoignages et  des documents qui font la beauté et l'excellence de cette collection.

" Mon but est la gloire littéraire. Le bien que je peux faire avec mes écrits. "

Evidemment, ces deux lectures biographiques appellent à revenir aux écrits de Léon Tolstoï ( avec Enfances, Les Cosaques et Tempête de neige, titres que j'ai notés car ils sont des oeuvres de jeunesse inspirées d'expériences vécues ) et invitent à se plonger dans la prose de Sophie Tolstoï. Ce n'est ni son Journal, ni son autobiographie qui titillent furieusement ma curiosité mais son récit A qui la faute ? rédigé du point de vue de l'épouse en réponse au roman de son illustre mari La sonate à Kreutzer, lu il y a... même pas sûr que je retrouve le livre. Les éditions Albin Michel proposent un volume avec les deux textes, ce serait parfait -)

Et puis, comment se refuser la biographie écrite par Stefan Zweig dans Trois poètes de leur vie ( avec celles de Casanova et de Stendhal ) ?

Avant de céder à ses folies livresques, je peux dignement ajouter à ce billet le logo des bonnes résolutions ...

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Noté par Léon Tolstoï dans un de ses carnets en octobre 1870, cité par Vladimir Fédorovski dans son Roman :

" La poésie est une flamme qui s'allume dans l'âme d'un homme. Cette flamme brûle, réchauffe et éclaire. Le vrai poète se consume malgré lui, souffre, et brûle les autres. "

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