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HANSEL & GRETEL de Yim Phil-Sung (2009)

Publié le 10 mars 2011 par Celine_diane
HANSEL & GRETEL de Yim Phil-Sung (2009)
Relecture sud-coréenne du conte des Frères Grimm, Hansel & Gretel s’est fait remarqué en bien. A mi-chemin entre conte de fées macabre et film de genre détourné, le film de Pil-Sung Yim obtient Grand Prix, Prix du Jury, Prix du Public et Prix de la critique internationale au Festival de Gérardmer en 2009, sûrement parce qu’il (d)étonne dans le paysage du cinéma horrifique asiatique, désormais nourri jusqu’à l’indigestion aux films de fantômes revanchards, genre amorcé par Nakata (Ringu), et imité ensuite par les The Wig, The Grudge ou The Ring (entre autres). Le film suit le personnage d’Eun-Soo, perdu dans l’immensité d’une forêt, après un accident de voiture, et qui atterri dans une maison féérique au fin fond des bois. Fleurs, bonbons et couleurs qui cachent une réalité terrifiante: impossible désormais de s’échapper du lieu et obligation de s’occuper des trois étranges bambins qui font régner la loi. Le mot d’ordre du cinéaste? Prendre le spectateur à contre-pied. Au cœur d’une imagerie soignée, qui rappelle souvent l’univers de Burton, on sent bien la présence du mal. Pil- Sung Yim, lui, est subtil: il filme un tremblement ou une goutte de sueur, et le soupçon se porte sur les parents. A peine l’idée jaillit-elle, qu’elle est balayée d’un revers de main par un autre indice, et que l’intrigue redémarre. On soupçonne ensuite les enfants. Hop! Il oppose une double lecture- aussi triste qu’intéressante- à nos certitudes. Dans Hansel & Gretel, on ne sait jamais sur quel pied danser. Et c’est tant mieux. Exactement comme dans L’Orphelinat de Juan Antonio Bayona et Le Labyrinthe de Pan de Guillermo Del Toro, il utilise le conte fantastique et ses pistes de réflexions (psychanalyse, anthropologie, etc.), pour délivrer un plus grand message (philosophique, social). Ici, une question cruelle en coup de poing, lancée aux visages- sur la dualité de l’enfance, merveilleuse, cauchemardesque. Son propos, qui questionne les notions de bien et de mal (tout comme le faisait initialement le conte avec cette sorcière maléfique que les enfants finissent par brûler), prend alors cent fois plus de sens dans un pays- à dominante masculine- où la maltraitance des enfants est répandue, et la compétition pour survivre une réalité quotidienne. Soit une manière intelligente, élégante et efficace de dénoncer l’horreur en mêlant littérature, cinéma et convictions.
HANSEL & GRETEL de Yim Phil-Sung (2009)

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