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C’est quand que ça chauffe ?

Publié le 30 mars 2011 par Alteroueb

Pas de doutes, la France s’est replongée dans sa léthargie coutumière. Chacun est retourné dans son coin, le responsable politique dans sa tour d’ivoire, le français moyen dans sa torpeur quotidienne qui consiste à se demander à quel nouveau sacrifice il va falloir bientôt consentir… La France a voté et transmit un message que personne parmi les décideurs n’écoute, obnubilés qu’ils sont à droite par une idéologie mortifère qui place la rentabilité au dessus de toute autre considération, et à gauche par le refus de prendre en compte des faits de société actuels, ce qui poussent notamment nombre de français à se détourner de la politique ou à glisser vers le FN.

C’est quand que ça chauffe ?
Le quotidien d’après les cantonales n’a pas changé de celui d’avant. Chaque semaine apporte son lot d’étonnement devant les étiquettes du supermarché, devant le prix des fruits et légumes pourtant essentiels, de la viande, du poisson pas encore irradié, des pâtes et du lait… Mais le plus douloureux reste bien celui de l’énergie. Eric Besson vient de démentir les velléités d’EDF d’augmenter le tarif applicable aux particuliers d’environ 30% d’ici 2015 pour faire face aux investissements liés au renouvellement des centrales vieillissantes et à la modernisation du réseau de distribution jugé vétuste. Bizarre d’ailleurs cette incapacité à investir quand on est une entreprise jouissant d’un absolu monopole, et très largement profitable (3,9 milliards pour 2009, 1 milliard pour 2010). On sait bien la valeur de ce genre de démenti : ces augmentations finiront par se faire. Pour le gaz, c’est demain : +5,2 %, soit une augmentation de 21 % en une année, de plus de 60 % depuis 2005… et je ne parle pas de celui du fioul et de la gazoline.

Ah, si mes revenus ne grimpaient que du dixième de ces valeurs annuelles, je serais aux anges. Du coup, hier soir, je me suis amusé, le mot est assez mal choisi en fait, à comparer l’évolution de mon salaire par rapport à l’inflation «officielle». J’ai compulsé mes fiches de paye depuis 10 ans, ce qui donne le constat suivant :

Année augmentation de la valeur
du point d’indice Inflation Résultat

2000 + 0,5 % le 1/12 + 1,70 % - 1,20 %

2001 + 0,5 % le 1/05 + 1,70 % - 0,70 %

+ 0,5 % le 1/12

2002 + 0,6 % le 1/03 + 2,20 % - 0,90 %

+ 0,7 % le 1/12

2003 rien… + 2,20 % - 2,20 %

2004 + 0,5 % le 1/01 + 2,10 % - 1,60 %

2005 + 0,5 % le 1/02 + 1,80 % =

+ 0,5 % le 1/07

+ 0,8 % le 1/11

2006 + 0,5 % le 1/07 + 1,60 % - 1,10 %

2007 + 0,8 % le 1/02 + 2.60 % - 1.80 %

2008 + 0,5 % le 1/03 + 2.80 % - 2,00 %

+ 0,3 % le 1/10

2009 + 0,5 % le 1/07 + 0,90 % - 0,10 %

+ 0,3 % le 1/10

2010 + 0,5 % le 1/07 + 1,80 % - 1,50 %

2011 déja annoncé : rien prévu à
+ 1,8 % - ? %

2012 déja annoncé : rien + ? % - ? %

2013 déja annoncé : rien + ? % - ? %

résultat - 12,90 %

L’indice multiplié par la valeur du point donne le salaire brut. Depuis 2000, c’est 12.9 % de salaire brut en moins, sans parler de «l’invisible» passage à l’Euro, plus par-ci, plus par-là, qui finit par faire moins ! C’est clair, dans la vraie vie, on est très loin de la communication officielle. Je vous laisse tirer les conclusions qui vous plairont. En tant que fonctionnaire, donc privilégié, donc nanti, j’ai pleinement conscience qu’il y a largement pire… mais quand même. On entend gronder et se plaindre de partout, mais à peine un électeur sur deux s’est déplacé dans les isoloirs, et nous ne sommes qu’une poignée dans la rue pour manifester notre opposition quand le besoin s’en fait sentir. Il faut croire que la France est depuis longtemps irradiée, sourde et aveugle, endormie assez profondément pour ne plus réagir que par réflexe mou. Même quand on est appelé à voter.

Ils ont raison, on est encore bien trop riche.


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