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Cortex – Trouver avant d’oublier

Par Bebealien

A y est, c’est la fin de mes vacances, je reprend le boulot lundi. Du coup, j’essaierai de garder un rythme régulier, mais je ne promets pas d’arriver à parler tous les jours d’un nouveau film. Nous verrons bien. En attendant, critique d’un film à l’exact opposé de celui d’hier. Un très bon petit film français, malin, bien écrit et très bien interprété.

Cortex – André Dussolier se bat contre Alzheimer

Nicolas Boukhrief, scénariste/réalisateur talentueux revient derrière la caméra après son déjà très réussi Le Convoyeur (avec Dupontel et Dujardin). Sa force : être un scénariste de formation. Il a également eu une bonne expérience dans la production, via Eskwad. Du coup, son nouveau film est à la fois bien écrit et bien foutu… et tant mieux !

Petit budget, petit film, mais grand acteur !

Charles est un flic retraité atteint de la maladie d’Alzheimer. Voyant sa mémoire partir petit à petit, il décide de se faire interner dans une maison spécialisée. Mais quelques morts étranges lui font suspecter quelque chose de pas tout à fait catholique… Il va tenter d’enquêter en luttant contre sa mémoire défaillante. C’est une véritable course contre la montre : trouver avant d’oublier.

Quelque part, ce film est l’inverse exact de Memento de Christopher Nolan, dans lequel un homme qui a une mémoire à court terme cherche à trouver l’assassin de sa femme. Ici, plus le film avance plus Charles, magistralement interprété par Dussolier, perd ses moyens et ses facultés. Car pendant l’heure et demi du film, son état empire, sa mémoire s’effrite de plus en plus, il a de plus en plus de mal à rassembler ses idées.

André Dussolier compte sur ses doigts pour ne pas perdre le fil

Le scénario, pourtant, pourrait passer pour un mauvais épisode d’Arabesque à la maison de retraite. Il n’en est rien. Boukhrief évite à tout pris la caricature. Sa description de la maladie est criante de vérité. Pour être plus précis, j’ai eu l’impression de revoir la gestuelle et le comportement de mon grand-père aux premières phases de sa maladie. Charles oscille donc entre phase de lucidité pure et phases où il oublie 24 ou 48h de sa vie. Dur pour lui d’avancer et de suivre le fil des évènements dans ses conditions. Et est-il vraiment sûr de ce qu’il croit voire ou comprendre, ou bien est-il réellement en train de perdre pied ?

Pascal Elbé et Claude Perron, très bons seconds rôles

Dussolier tiens clairement le film sur ses épaules. On a l’habitude avec lui, ses prestations sont toujours de haute volée, toujours autant à l’aise quel que soit le rôle. Il excelle ici dans son rôle de flic qui veut se prouver qu’il n’est pas totalement foutu, avant de ne plus pouvoir s’en rendre contre. Bon casting de seconds rôles également. Beaucoup de têtes croisées de-ci de-là dont Pascal Elbé dans le rôle du docteur en chef, Julien Boisselier dans celui du fils ou Claude Perron (madame Dupontel dans la vie) dans celui d’une infirmière ambitieuse.

Joyeuse ambiance à table (où on aperçoit entre autre Aurore Clément et Claire Nebout

Bref, l’antithèse parfaite d’Asterix. Petit film sans prétention, mais très bon moment en perspective. A voir aussi bien pour les fans d’Agatha Christie que pour les amateurs de thriller intelligent.


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