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Modeste appel à la désobéissance civique

Publié le 04 février 2008 par Pierre

Ces quelques lignes n’ont aucunement pour objet de remettre en cause le caractère républicain de votre blog politique préféré, ni même de promouvoir un quelconque changement de régime mais simplement de soumettre une question au lecteur qui nous fait l’honneur de les parcourir : « le jeu démocratique tel qu’il nous est proposé aujourd’hui nous permet-il d’influer sur notre quotidien ? ».

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Il fut un temps reproché à nos instances dirigeantes d’être trop technocratiques, de tenir leurs administrés à distance au moyen d’un langage pompeux tournoyant en verbes savants dans des phrases alambiquées où l’on picore ce que l’on veut bien nous laisser entendre. Barre, Rocard, d’Estaing, au piquet ! En ces instants, la gestion d’un pays nous faisait l’effet d’être une affaire de spécialistes entre les mains desquels on abandonnait notre avenir sans résistance. Seulement voilà, au-delà de leur condescendance, ces dinosaures sans aile ont échoué ; certains même sont morts, aux suivants…

C’est aujourd’hui une autre sémantique que nous propose le langage politique, celle du « parler vrai ». Le vocabulaire de l’animalis electis moderne s’est certes simplifié, ses phrases sont moins longues et négligent l’utilisation des négations. Ses intentions en sont-elles pour autant plus sincères ? Ses actes sont-ils, comme il le prétend, en adéquation avec son discours ?

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A l’instar des accusés, nous utiliserons des exemples simples. Alors qu’il n’était encore que Ministre, notre admirable Président profitait de la dernière rixe en date pour se fondre dans la population d’une cité dortoir et annoncer avec force plissure dans le front et yeux écarquillés que les lieux allaient être passés au karcher et que foi de lui-même, on allait voir ce qu’on allait voir. D’autres émeutes ont depuis fait les beaux jours des actualités sans qu’aucun appareil de nettoyage à pression d’eau, même de faible puissance ne parcoure les artères de nos banlieues aux façades toujours aussi grises.

Tandis qu’il soumettait sa noble personne au vote des français, ce même et inestimable Président nous annonçait la restauration de l’école républicaine avec comme symbole le retour du port de la blouse. De son côté, l’avenir des forces de progrès incarné par le magnifique Maire de Paris nous promettait la réponse ultime aux problèmes d’habitat dans la capitale par la construction d’un grand nombre de logements sociaux. Ces propos, aussi clairs qu’un matin d’été sous le soleil de Provence ont été entendus mais n’ont pas été mis en application, sans que leurs auteurs en soient complètement responsables.

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D’un côté les sondages bien-pensants interdisent aujourd’hui à un patron de café de fumer dans son propre établissement, de l’autre on projette de passer outre les résultats d’un référendum. Que choisissons-nous ? Choisissons-nous seulement quelque chose ? Notre pauvre voix électorale ne représente même pas un moyen de pression sur des élus solidement installés au cœur d’une caste politique aux entrées soigneusement filtrées et dont les membres rebondissent au gré des amitiés en dépit des urnes.

A défaut de choisir son avenir, choisissons de ne pas les choisir eux et parce qu’on nous prend pour des jambons, choisissons l’abstention.
Matthieu


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