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Charly 9 - Jean Teulé - Julliard

Par Lescalelitteraire

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La sortie d'un nouveau livre de Jean Teulé est en soi un événement dans le petit monde des livres. Quand cet excellent conteur s'empare d'un personnage ou de faits historiques, c'est toujours drôle ! Drôle, mais pas bête. Vous connaissez les faits de la Saint Bathélémy ? Vous connaissez un peu (beaucoup peut être) le personnage de Charles IX et celui de sa célébrissime mère, Catherine de Médicis, réputée pour sa cruauté légendaire ?

Avec Jean Teulé, on revisite ces personnages de l'Histoire de France. L'écriture au vitriol de ce surdoué est toujours adaptée à l'époque étudiée. On se souvient avec bonheur de son "Montespan", largement impregné du vocabulaire et des formules des précieux du XVIIème ou de "Je, François Villon". Ici, c'est bien sûr la Renaissance qui inspire Jean Teulé. On se régale des frasques de Charles IX (1550-1574 seulement !), qui ne se remettra jamais du massacre de la Saint Barthélémy qu'il a laissése produire, fortement influencé par sa mère et ses "conseillers"...

C'est drôle mais il s'agit tout de même d'une véritable descente aux enfers pour l'avant-dernier Valois, qui ne maîtrise pas grand chose, à part peut être l'art de la chasse et les parties fines avec sa maîtresse...

Lorsqu'il se rend compte de l'importance du massacre du 24 août, ("Une seule nuit a détruit ma vie. Qu'à tous les diables soient données les religions") le jeune roi perd vraiment les pédales: Il chasse le lapin et le cerf dans les salles du Louvre, a une très vive propension à la violence, s'habille en peau de chien, "joue" à pleins poumons du cor de chasse dans les oreilles de tous... Délaissé par sa mère, raillé en permanence par son jeune frère, Charly 9 va finir par se détester lui-même. Peu avant sa mort, il ira jusqu'à dire "Je sens bon. Le cadavre de son ennemi sent toujours bon."

Pendant que Charly délire, le peuple meurt de faim et les caisses de la France n'ont jamais été aussi vides. Charly 9 est un roi détesté, sauf par sa jeune et gentille femme, Elisabeth d'Autriche et sa gironde maîtresse, Marie Touchet.

Vous découvrirez autour de ces personnages toute une galerie de portraits extrêmement amusants, comme celui de Ronsard, coureur de jupons incorrigible, répétant à toute jeune et jolie femme à sa portée "Migonnne, allons voir si la rose..." !

Révisez vite vos connaissances en Histoire avec Jean Teulé, c'est un grand moment de détente !


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