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Yangon

Publié le 04 février 2008 par Jean-Michel Frappier
Est-ce une bonne idée de se rendre au Myanmar, un pays dirigé par une junte militaire qui bafoue depuis des années les droits humains et qui, en septembre dernier, n'a pas hésité à tirer dans une foule constituée principalement de moines bouddhistes qui manifestaient pacifiquement? Selon nous, oui, mais il faut bien s'informer avant de partir en ancienne Birmanie. Le plus important c'est de savoir à qui profite notre argent et de réfléchir avant de le dépenser. Les hôtels haut de gamme, certains restaurants et plusieurs attractions touristiques sont des propriétés gouvernementales qui sont un des moyens utilisés par les dirigeants pour financer leur dictature.
Un ami Birman nous disait :
Si vous parcourez notre pays entre vous dans votre bus de luxe, fréquentez les hôtels cinq étoiles et déversez vos dollars dans les poches de ceux qui nous oppriment, vous êtes complice de notre malheur. On n'a pas besoin de vous et de vos caméras chez nous. Si vous venez par vous même, dépensez avec discernement dans des commerces privés et prenez le temps de discuter avec nous, vous êtes plus que les bienvenus, vous devenez des amis. Dites-le aux gens une fois chez vous et parlez-leur de ce qui se passe ici. Des habitants du Myanmar qui veulent pratiquer leur anglais, s'informer sur l'étranger, parler discrètement de politique ou tout simplement bavarder, il y en a beaucoup. Selon plusieurs d'entre eux, les voyageurs sont leur vraie université et certains, par un jour de congé, vont se rendre sur un lieu touristique uniquement pour en rencontrer.
Ce que l'on remarque en premier en débarquant à Yangon, la capitale, c'est à quel point l'influence occidentale a été retardée à pleins de niveaux par l'isolement du pays. Au point de vue vestimentaire, c'est flagrant, on aura jamais vu autant d'hommes en jupe! Tous genres confondus portent le longyi, un grand bout de tissu qui se fixe un peu comme une serviette en sortant de la douche. Du côté des critères de beauté, être bien en chair est un signe de santé, donc du même coup une belle qualité, rien de plus gentil que de se faire traiter de gros. Pour avoir une belle peau, on s'enduit le visage d'une crème faite à base de branche de tanaka, une technique vielle de plus de 2000 ans. Un anti ride qui traite l'acné, qui sert de crème solaire et d'hydratant, mais surtout de maquillage parce qu'il laisse sur la peau des motifs de couleur jaune pâle ravissants. Par contre, côté dentition, c'est moins joli. La forte population indienne arrivée du temps où le pays faisait partie de l'Inde britannique a amené avec elle la manie de la noix de bétel. Enveloppée dans une feuille avec de la poudre blanche et de la lime, la noix est chiquée, produisant un liquide rouge sang qui est recraché un peu partout et qui laisse les dents tachées et une haleine du tonnerre.
Au Myanmar, en plus des Indiens, il y a beaucoup de Chinois. Les Birmans, eux, représentent en fait huit groupes ethniques sous divisés en plus de soixante sous-groupes. En changeant de ville, on a l'impression à chaque fois d'explorer un nouveau pays. Il n'y a pas beaucoup à voir à Yangon, mais en même temps tellement à découvrir. On fait un tour à pied pour admirer quelques vestige d'immeubles britanniques qui ont certainement déjà été grandioses, mais en fait on marche plutôt au hasard pour observer les gens qui vivent à des années lumière de notre mode de vie. Un instant on est émerveillés par la beauté d'une pagode et presque aussitôt on est attristés par un gamin tout sale qui mendie. Le Myanmar, c'est des hauts et des bas, l'odeur du curie à la noix de coco qui cuit au coin de la rue et celle des égouts à ciel ouvert qui se mélangent. S'il y a un lieu à ne pas manquer, c'est bien la Shwedagon Paya, autant pour la beauté des pagodes dorées et des sculptures de bouddha que pour la rencontre des familles qui viennent s'y recueillir. On a discuté avec des moines, des nonnes, serrer des mains à en avoir des ampoules, posé pour des portraits de familles et même pris des bébés. On aurait dit deux vrais politiciens!
Si on écrit plus aussi souvent qu'auparavant c'est que l'on se trouve dans un pays où internet se fait rare et lent, où les pannes d'électricité sont longues et fréquentes et surtout que notre ordinateur n'a pas survécu aux pires routes d'Asie et c'est pas peu dire. Il va donc falloir attendre notre retour en Thaïlande pour les photos.

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