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Grand Paris, ministère, Métrophérique, péages et vélos, ou tout est-il une question de choix ?

Publié le 04 février 2008 par Jean-Paul Chapon

jdd.1202137458.JPGLe JDD annonçait hier la possible création d’un ministère chargé des projets autour du Grand-Paris, à l’occasion d’un prochain remaniement ministériel. “Il s’agirait d’un secrétariat d’Etat aux “grands projets nationaux”, comme il y en a eu un aux “grands travaux” sous Mitterrand. Il serait chargé de coordonner toutes les interventions de l’Etat dans les grandes métropoles, Paris mais aussi Marseille, Lyon, Bordeaux… Mais il est vrai que les deux tiers des grands projets concerneront l’Ile-de-France”, précise dans le JDD Roger Karoutchi, Secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement et leader UMP de la région Ile-de-France. Pour la région parisienne, ce secrétariat d’Etat prendrait en charge par exemple l’appel à projets d’urbanisme discrètement lancé en décembre dernier par le Ministère de la culture et dont les dossiers auraient dû être remis le 2 février dernier, l’aménagement de l’Ile Séguin à Boulogne, la création d’un “grand centre d’affaires dans l’Est francilien“, j’espère que Val-de-Fontenay avec son pôle de transports sera ce nouveau grand centre d’affaires et « Métrophérique », le projet de métro de rocade de banlieue.

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Justement à propos de Métrophérique, le bus de promotion Orbival, la version Val-de-Marne de métrophérique était hier à Fontenay-sous-bois. Discussion avec un des porteurs du projet qui est persuadé qu’avec une approche du type Metrosur, la nouvelle ligne de métro de Madrid réalisée d’un coup et non pas par « arcs » comme le propose le SDRIF pour la rocade de métro parisien, on pourrait faire baisser le coût total du projet, simplement par effet de taille. Le financement de ce métro de rocade est bien entendu une des questions clés du projet. Et chsoe promise, chose due, c’est l’occasion de revenir à ma petite rencontre avec Denis Baupin, adjoint aux transports du maire de Paris, et sa directrice de cabinet Catherine Calmet-Reberioux, lors de l’escale de ce même bus Orbival devant l’Hôtel de Ville de Paris le 22 janvier. En attendant l’arrivée du maire de Paris, on patiente, échange de quelques mots sur le financement du projet, il faudrait faire preuve d’imagination, impliquer l’Etat, mais aussi la ville et la région qui sont riches et bien notées, pourquoi pas un emprunt, ou un PPP, Catherine Calmet-Reberioux me répond que la solution qui fait preuve d’imagination existe, c’est celle proposée par les Verts le péage sur les autoroutes de banlieues. Un à zéro, ça commence mal.

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Le “blogueur fou” que je suis pour Denis Baupin essaie de garder son calme et de continuer la discussion de façon positive. D’accord pour baisser la vitesse sur le périphérique, meilleure régulation du trafic, baisse de pollution et conduite apaisée, d’accord pour la voie réservée au covoiturage, c’est vrai que j’ai toujours été impressionné par l’exemple américain en la matière, je veux faire preuve de bonne volonté. Mais pour le péage sur les autoroutes de banlieue, non, tant qu’il n’y a pas d’offre alternative et que l’on n’a pas le choix. Denis Baupin ressort alors son argument sur la participation au coût. Quand je prends les transports en commun je paie un ticket, il est donc normal de payer quand je prends les autoroutes, oubliant simplement que lorsqu’on prend les autoroutes on paie l’essence et à travers elle un volume de taxes qui n’est pas négligeable. Et que s’ils avaient le choix, beaucoup d’automobilistes préfèreraient payer un ticket ou un abonnement qui serait beaucoup moins cher que le plein d’essence, l’entretien de la voiture, l’assurance sans compter la prise de risque sur la route.

Mais là où cela devient cocasse, et triste à la fois, c’est lorsque Denis Baupin revient sur la notion de choix. Je lui demande à quelle distance de son lieu de travail il habite. 3 à 4 kilomètres dans Paris. Donc vous avez le choix, entre aller à pied, en vélo, en métro, en voiture. Oui, mais me répond-il, j’ai fait le choix de ne pas avoir de voiture, pour pouvoir habiter dans Paris, la voiture c’est trop cher (moi je croyais que c’était plutôt l’immobilier à Paris qui était cher ;-)… Pourquoi pas, puis il ajoute que de toute façon on a toujours le choix. Après une hésitation pour reconnaître que tout le monde ne peut pas habiter dans Paris, je lui fais remarquer que pour cela il faudrait des tours partout, Denis Baupin m’explique que l’on a toujours le choix, et que l’on peut choisir de ne pas habiter loin de son travail, bien vu avec le marché de l’immobilier, ou encore de ne pas travailler loin de son domicile, bingo vu l’état du marché de l’emploi, deux réalités qui semblent totalement échapper à notre aimable candidat vert à la mairie de Paris. Les électeurs qui n’habitent pas à 3-4 km de leur lieu de travail, sont obligés de prendre les transports en commun saturés ou leur voiture faute de transports en commun saturés apprécieront la largeur de vues du candidat Baupin…

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Et quand je pense que Denis Baupin qualifie Paris est sa banlieue d’approche caricaturale. Tiens à propos de caricature et pour finir sur ce week-end. Hier soir j’ai vu au journal télévisé Marielle de Sarnez et ses 517 candidats Modem à Paris. Tous à vélo ou à vélib’. Le débat politique est-il désormais une question de coup de pédale, et les électeurs sont-ils aussi naÏfs qu’en guise de message il suffit d’enfourcher un vélo, le temps que photographes et caméras fixent l’image. Et hop dans la boîte, à la télé, le tour est joué. Dommage que l’on n’ait pas lancé à la place du vélo et de vélib’ la mode des échasses, faute d’équilibre cela leur aurait au moins donné de la hauteur ;-)

Jean-Paul Chapon


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