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Souvenirs de Bamako

Par Marjoriem

Le matin, à 7h00. 400 km nous attendaient pour joindre Bamako

On est arrivé à Bamako par la route vallonée qui vient de Segou, en suivant le cours du fleuve Niger, invisible derrière les bosquets de manguiers.

Au fur et à mesure qu’on s’approche de la capitale, on croise de plus en plus de camions, de bus, de taxis-brousse  qui affichent à l’arrière des prières pour la route ou des affiches de Madonna à l’époque de « Like a vrigin » et les villages se suivent désormais, les uns derrière les autres.

Dans Bamako, pas de feux tricolores ou presque, pas de stop ou presque non plus. La circulation est rapide, anarchique, dangereuse.

Les taxis-brousse, par exemple, sont bondés, roulent très vite et s’arrêtent brusquement pour faire descendre ou monter quelques passagers. Un type sort alors la tête par la fenêtre et se met à crier pour signaler l’arrêt. On n’arrête pas de caler, le ralenti de la moto est encore mal réglé… Et puis enfin, nous arrivons au rond point du monument de la tour d’Afrique. C’est là que nous devons contacter Leonardo, notre hôte couchsurfing. Trois appels plus tard nous arrivons enfin la maison-local d’association, qu’il partage avec le président et le trésorier, et un membre tous trois togolais.
A Bamako, on a dormi, beaucoup. 800 Km de moto en deux jours, c’est éreintant. La femme de l’un d’eux, belle et plantureuse comme le sont ces mamas africaines aux seins généreux a préparé le second soir le cochon avec le gari (manioc rapé) à la sauce de tomate. Un vrai régal! Comme toutes les femmes africains (ou presque), c’est elle qui est levée avant tout le monde, et couchée la dernière.

Porc (prononcer "porque") au four et gari... Miam!

La vue du nouveau pont de Bamako. Dans le fond, le centre-ville.

Nous décidons de rester encore un troisième jour, pour visiter les marchés, le centre de Bamako. Pour accéder au centre ville de Bamako, il y a deux ponts : l’ancien pont et le nouveau pont. La circulation est dense et rapide, et c’est là qu’on tombe, stupidement, à cause d’un pneu mal gonflé alors qu’on voulait se ranger quelques instants sur le trottoir pour faire des photos. La chute a été assez brutale mais « grâce à dieu », les personnes  derrière nous ont pu freiner à temps. Je me relève très vite, jette un oeil à mon coude qui ressemble un peu à un steak. J’ai quelques écorchures sur le bras. Pavel se relève. Autour de nous, un petit attroupement se forme. Tout le monde nous observe pour vérifier qu’il n’y a pas de bobo majeur. Je prends quand même les photos du centre de Bamako et de pirogues qui passent sous le pont. La couleur du Niger est alors émeraude.

On reprend la route pour le grand marché. Il nous faut maintenant changer le phare, et le boîtier.

Circuler dans le grand marché de Bamako relève de l’exploit .

Les ruelles sont étroites, à sens unique. Taxis-brousses, piétons, camions de marchandises, motos, mobylettes, et toutes ces charrettes remplies de sacs de riz, poussées par des hommes, se disputent les 50 cm de voie libre devant eux pour se frayer un passage. On avance péniblement, mètre par mètre, avec mon coude qui saigne et un soleil blanc de chaleur au dessus de la tête.

On amène la moto chez un mécanicien qui au lieu de la moto, s’occupe immédiatement de mon coude. Il m’assied sur une chaise, discute avec une jeune femme qui porte sur la tête un panier à pharmacie et qui nous a suivi jusqu’ici. Il lui achète deux flacons d’antiseptiques, et de la gaz et nettoie ma plaie. On a vraiment eu de la chance, dit-il, de ne pas avoir fait un accident plus grave, parce que le pont est vraiment dangereux et si tu tombes « c’est fini pour toi »… Pour réparer la moto, il nous faudra aller plus loin encore parce que le modèle est trop récent, et qu’il n’a pas les pièces. Je veux le rembourser pour les pansements et les antiseptiques mais c’est hors de question. « Aujourd’hui c’est vous, demain cela sera peut-être moi… En Afrique c’est comme ça, si vous avez un problème, on s’aide, et puis Dieu nous le rendra ».

On visite le marché des marabouts, le temps que la moto soit réparée.

Vente de poudre dindigo sur le marché.

Nous rentrons enfin à l’association. Afin de reprendre un peu du poil de la bête, et nous débarrasser du sentiment désagréable que nous a laissé notre petit accident, on décide de nettoyer la moto. Prudence, la petite fille de nos hôtes vient nous aider et répète, infatigable « laver la motô, laver la motôôô ». Et j’exorcise alors toutes les mauvaises vibrations de la journée.

Pour en savoir plus sur l’association de nos hôtes couchsurfers, je fais passer le lien :

Groupe d’appui aux organisations communautaires.



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