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Le Sens Paris, by Compagnie des Comptoirs : plutôt un contresens ou un sens intedit!

Publié le 01 février 2008 par Chrisos

Sens, par la Compagnie des Comptoirs, restaurant, bar, lounge, club.
23, rue de Ponthieu, 75008 Paris.
Tél. : 01 42 25 95 00/02. Site Web.

Les Frères Pourcel et leur Compagnie des Comptoirs essaiment un peu partout dans le monde et en France. À Paris, dans le huitième arrondissement, ils ont repris les locaux autre fois occupés par le Tanjia, maghrébo-lounge des Guetta. C’est à la fois un restaurant, un bar et un club. Le soir, ça peut donner ça. À midi, ils servent uniquement à manger, et c’est très moyen. Critique assez moyenne dans le Lebey 2008, alors qu’ils étaient plutôt encourageants dans l’édition 2007. Si vous voulez une description dossier de presse : ici. Sur l’internaute, alors que les critiques sont souvent gentilles, ils frôlent le zéro pointé. Lesrestos.com, sont, une fois n’est pas coutume, trop complaisants. La carte n’a plus grand chose à voir avec cette description.

Je retrouve ma mère, qui vient d’arriver en taxi (circulation difficile rue du Bac à cause de l’incendie chez Deyrolle, parait-il), vers 12h30, à l’entrée du Sens. Nous donnons notre nom pour la réservation, laissons nos manteaux et duffle-coat respectifs au vestiaire en échange d’un ticket, sommes installés à droite en entrant dans la grande salle, grise, terne, triste à mourir. C’est lounge version 8e sous antidépresseurs, mochement monotone. Nappes en tissu gris, serviettes aussi. Il y a bien quelques couleurs avec les coussins rouges, mais ça ne sauve pas grand chose. Le soir, sans lumière, ou avec très peu de lumière, c’est peut être bien? Je ne le saurais sans doute jamais!

À ma gauche, une grande table de quinqua-sexagénaires, que je qualifierai de touristes provinciaux (la Province a souvent un côté bon enfant et positif, pas cette fois, on dirait des ploucs). Ce sera à peu près plein après 13h, quelques repas d’affaires, peut être d’autres touristes égarés, le reste étant finalement assez indescriptible. Service longiligne, tout de noir vêtu. Parce que le gris ne suffit pas, il faut encore du sombre. À part la serveuse qui était presque à la hauteur, les autres ne valaient pas une peau de cacahouète (surtout l’espèce de responsable, un Monsieur Jourdain contemporain). Jad nous rejoint un peu après 12h40. Nous sautons les formules (entre 18 et 28€, si mes souvenirs sont bons) et choisissons parmi les propositions de la carte. Ma mère tient à ce qu’il y ait de l’eau en bouteille lorsqu’il y a des invités : donc un litre d’Evian (8€, nous prendrons une seconde bouteille un peu plus tard) : elle n’a pas encore complètement assimilé le concept de la carafe d’eau au restaurant! Un verre de Brouilly (6€) pour elle, un verre de vin espagnol (rioja : riscal, 7€) pour moi. Jad ne boit de vin que le soir… La commande prie, on nous apportera un amuse bouche (gratuit, encore heureux, mais marqué sur la note) : toast de pain de campagne grillé, guacamole et tourteau. Cela se mange, mais ce n’est pas particulièrement original.

Velouté de potimarron et châtaignes (18€) pour ma mère. C’est encore la saison? Toujours est-il que l’intéressée ne l’a pas trouvé mauvais. Une salade verte (7€) pour Jad.

Pour moi, ce seront des croquettes de cabillaud (18€). Un peu sèches toutes seules, elles passent mieux avec un peu de sauce. C’est assez copieux et plutôt gras, mais j’ai plutôt aimé.

Jad enchaine sur un parmentier de volaille (26€) : du poulet sur de la purée quoi?

Un pavé de canard aux épices + polenta (26€) : très subtiles les épices, on les sent à peine, la polenta n’est pas mal, mais servie en mini portion. Quant au canard, rosé, il se mange, mais pourquoi diable le couper en 3 pour le cuire puis le servir? La brandade de morue et compotée de légumes (23€) de ma mère semblait convenable.

Niveau service, cela traine. Le pire, c’est quand on veut demander quelque chose et qu’il n’y a personne, ou qu’ils ne regardent pas du bon côté… Mais la coupe du scandale et du foutage de gueule arrivera lors du dessert. Mon choix initial était un soufflé (ou un moelleux à la châtaigne). Le maitre d’hôtel pédant m’annonce 10 minutes d’attente. Il est 14h passées, je n’ai plus le temps. Je demande donc une poire pochée au vin (12€), alors qu’en face ce seront deux brochettes d’ananas, sauce à la mangue (12€). Ce ne seront pas 10 minutes d’attente, mais plus d’un quart d’heure. Un gros raté, surtout que la grande table de ploucs, qui a pourtant commencé après nous, et qui n’avait pas l’air pressée, a finalement été servie en desserts avant nous!

On aurait pu penser que l’attente valait le coup et le coût, mais le pire, c’est que ma poire au vin est grossière et n’a pas vraiment de goût. Et bien figurez-vous que j’avais de la chance : pas de goût c’est mieux que mauvais goût. Sans intérêt et pas bon, voilà comment ma mère a décrit sa brochette d’ananas. Ce n’est pourtant pas très compliqué comme recette!

Ma mère terminera avec un décaféiné à 3,5€.

L’addition ne trainera pas trop à arriver : un peu plus de 60€ par personne, alors que nous avons été plus que raisonnable sur les boissons. Malgré le quartier, c’est bien trop cher! En effet, le service est lent, désorganisé, inefficace. Dans l’assiette, ça alterne entre pas mal et pas bon. C’est moyennement copieux. Le cadre et l’ambiance sont déprimants. Même pour récupérer mon Duffle Coat ça a trainé, alors qu’il n’y avait personne (à part le manager, encore lui, qui prenait de la place inutile). Jad a testé l’adresse le soir, version boîte de nuit et a confirmé que le service et l’accueil étaient ausi mauvais et détestable la nuit.

J’ai volontairement laissé passer un peu de temps entre le déjeuner et la rédaction de cette note, mais je ne parviens pas à leur trouver de circonstances atténuantes. Nous avons vu, nous n’y retournerons plus. En même temps, je suis presque content de cette triste expérience, à force de ne fréquenter que de bonnes adresses dans le 75008, je commençais à me dire que l’endroit pseudo in, avec de la nourriture quelconque et un service exécrable n’étaient plus qu’un mythe et un lointain souvenir. Grâce au Sens, me voilà rassuré, il est toujours possible de passer de mauvais moments au restaurant.


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