Magazine Journal intime

Éthéré

Par Francois Moussirou @LESALONIVRE
Éthéré

Rien ne fuse. Tout est sourd. Ou Presque. Du moins je n’entends rien. Des passants dont les paroles sont semblables au bruissement des feuilles mortes. Un air de paradis ensoleillé mais on se tait. Le temps anobli tout sur son passage. C’est symbolique. Ils ont le sourire. Une image de carte postale. Tous regroupés comme un troupeau. Dans un parc. Le beau temps ordonne. Tout le monde en rang. L’amour doit revenir et tant pis si la fatigue tu la ressens. C’est une saison faite pour toi mon homme. Montre-moi de quoi tu es capable. Tes muscles raffermis-les, s’il te plaît. Sois viril sinon je me barre avec le premier venu qui saura me châtier du regard.

Laisse-moi mettre des robes légères qui reflètent la délicatesse et l’érotisme de mon corps. Tu sais ce corps que tu aimes tant contempler à des horaires indiscrets. Ce corps que t’as tant désiré avant de me mettre dans ton lit. Ces parfums qui doivent se conjuguer. Humer les régions de ta peau. Mon ange, ma bête. Prends ce baiser pour moi. Délecte-toi de mapoétique pornographie.Attache tes pensées macabres. Fixe-toi dans le temps. Je suis en pleine lumière. Le temps me déshabille avec cette robe légère. Ma petite culotte n’a plus de secret. C’est comme une main qui passe sur mon corps. Je tremblote. La pelouse du parc est remplie. Verte d’émotion comme je tisse les vers du désir. Dois-je me dire que ce sont encore les mains de mon homme ou une orgie publique.

Quelque part dans mon corps se produit un référé suspension. A contretemps comme ces mélodies de compositeurs jazz. La distorsion de mes sens est solaire. Mon homme est immobile. De lui je ne perçois plus que ces muscles. Son visage aussi est muscle. Il se sculpte à l’intérieur de moi comme un organe.Tétanisé entre sa part réelle et mystique il enfante en moi un double infernal et tantrique. J’absorbe sa révolution érectile. Dans ma conscience le parc se vide. Nos corps sont purifiés d’un désir unifié.

Le souvenir de ma robe me laisse flotter, songeant et portant à l’esquisse de mes fantasmes la vue de mon corps nu face à cet homme qui arpente ma féminité. Ô mon Bel étalon ce que tu m’inspires ! Tes mouvements s’échappent comme des perspectives. Nous nous brisons de l’intérieur. Chaque membre répond à l’autre comme des vases communicants. Les Heures disparaissent, les minutes s’évaporent, les secondes s’éternisent et s’évanouissent jusqu’à ce dernier mouvement qui nous libère de notre corporalité. Mes cinq sens se sont embrasés pour s’ouvrir à ce sixième sens éthéré.


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