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Promenade (3/4)

Publié le 20 septembre 2007 par Lyskald
Troisième partie de ma nouvelle Promenade: style fantastique et visite montpelliéraine sont au rendez-vous. Bonne  Lecture!

Première Partie - Deuxième Partie

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Promenade

Troisième partie

Une fois abandonnée à l’extrémité de l’édifice, elle se retrouva aux pieds de l’homme qui ne la considéra pas et parla à la bête dans un langage inconnu. Elle acquiesça par un éternuement cendré qui sortit presque fumant de ses naseaux et déploya ses ailes en partant en direction de l’Arc de Triomphe. Médusée, la promeneuse suivait le déroulement de cette scène irréelle, en regardant d’abord la créature gracieuse et titanesque, aux yeux rubis et à l’échine luisant dans la nuit puis l’homme, mystérieux, comme évadé d’un autre âge. Dissimulé sous un manteau de toile noire, il était vêtu de braies ligotées dans des bottes à lacets et d’une tunique de cuir foncé complétée d’un large ceinturon qui retenait le fourreau d’une épée curieuse. Une demie-queue de cheval nattée tombait sur ses cheveux bruns mi-longs.

- Tu vas bientôt traverser des temps infinis, comparable à des éternités qui t’étaient alors anonymes et interdites… Le monde où tu prospèreras désormais, ressemblera à celui-là même où tu te débats aujourd’hui, à la différence que tu verras ce qu’avant tu ne voyais pas et entendras des mélopées jaillir du silence de ce jour passé. Tu renaîtras…, dit-il d’un ton froid et monocorde,

- Quoi ? Mais vous délirez ! Laissez-moi tranquille ! lança-t-elle prise de panique. Je me fous de votre monde psychédélique… où il faut traverser l’éternité pour entendre et voir chépaquoi ! Et puis comment je fais pour descendre de là, hein ! Ne comptez pas sur moi, là, on se calme, je vais partir doucement... et on va faire de mal à personne…

- Tu ne peux refuser l’appel de ces temps immémoriaux, c’est ainsi, il faut l’accepter, reste auprès de nous…

Lui attrapant les bras, l’homme appela la bête qui revint aussitôt.

- De… de quel appel parlez-vous ? Et pourquoi m’appeler moi, y’a sûrement un tas d’imbéciles qui seraient heureux de vous suivre… moi, ça ne m’intéresse pas, laissez-moi partir… je vous en prie… appelez quelqu’un d’autre… laissez-moi…, implora-t-elle en commençant à craquer sérieusement.

- Ta conscience est aveuglée par les habitudes de cette vie, mais ton inconscient est prêt à recevoir notre message, c’est lui qui, malgré ta volonté, anime les désirs de ton âme. Elle transparaît au milieu de ce monde comme un îlot de lumière fragile, nous sommes là pour lui donner plus de vigueur… Cesse ta révolte inutile, abandonne-toi à nous.

La bête s’était posée sur la corniche du dôme et exprima un doux râle pour signifier sa présence ; l’homme, par le regard, lui intima un nouvel ordre qu’elle comprit instantanément. D’une courte envolée, elle se posta derrière la jeune fille, en maintenant son flottement dans les airs par un majestueux et léger battement d’ailes. Quant à l’appelée, si l’on peut dire, qui gesticulait par des soubresauts répétés dans les bras de l’homme, en geignant et conjurant sa pitié, fit tomber son sac étalant ainsi son contenu à ses pieds.

- Ne me parle pas de ce sentiment hypocrite qui n’arrange que les élites, dit-il en trahissant pour la première fois une émotion, celle du courroux. Ce n’est pas une infamie qui t’attends mais une grâce dont tu savoureras la portée, crois-moi…

L’homme la lâcha et suffoquée par ce discours et cette liberté incomprise d’elle qui lui était rendue, la bouche entrouverte d’hébétude, elle recula à pas feutrés tout en le dévisageant de ses yeux larmoyants et hagards.

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