Magazine Humeur

La socialisation par l'arrière

Par Francois Moussirou @LESALONIVRE
La socialisation par l'arrière

L’endroit est bruyant. Vers la cuisine du fast-food, un groupe de filles attendent pour un entretien d’embauche. Devant moi, deux jeunes filles se sont levées de leur table. L’une d’elle me regarde d’un air aguicheur.Un bonjour inconscient s’échappe de sa bouche. Elle doit avoir dix-huit ans à peine. Soudainement elle me demande du fric : « T’aurais pas un euro s’il te plaît ?

- Une prochaine fois peut-être.Ai-je répondu.

- Eh ! Sarah ! Laisse tomber ! Il a des problèmes. Je lui demande un euro, il me dit une prochaine fois.

-Tu pouvais pas dire non simplement ! »

Je n’ai pas répondu comme pour fermer la discussion et les laisser dans leur jeu puéril et malsain. Sérieusement ! J’ai l’air d’un cave moi ! Faut pas déconner ! La gamine est moins âgée que la somme de toutes mes ex réunies. Société hallucinante. Suffit-il de mettre quelques coups de blush pour dominer le monde ? Ces euros elle peut se les mettre là où je pense et bien profond quel que soit son âge ! Véridique.

Il y a des personnes qui souffrent vraiment dans ce pays ! Des gens qui ne trichent pas avec les faveurs du système et ces deux gamines veulent me faire avaler qu’elles ont besoin d’un euro. Son portable pourrait m’habiller une année entière. Son sac pourrait payer une année universitaire. Je vais finir par croire qu’il faut être un escroc-né.

La semaine dernière j’ai eu affaire à ce genre de vermines sociales qui veulent vous vider les poches avec le sourire. J’errai près d’un centre commercial à la recherche d’un sourire métissé qu’on ne trouve qu’en banlieue. Un brave type dans sa bagnole s’arrête et me lance sournoisement : « Eh cousin !Je vends des parfums et des vestes aux mecs du quartier. Ça net’intéresse pas ?

-Non merci ! J’ai ce qu’il faut. Bonne chance. »

Soyons sérieux ! Les mecs du quartier. Tu veux rire ! T’habites le soixante-quinze et tu viens spolier la populace avec des parfums contrefaits. Il ne croît quand même pas qu’il va me vendre de la pisse alors que je donne dans la parfumerie de très haute couture. La poésie. L’éphémère, le . Qu’est-ce que ça peut me foutre d’investir dans du désodorisant de masse. Un peu plus il m’aurait fait le coup du mec du coin qui essaie de s’en sortir. De se frayer un chemin dans la France d’en bas. Je n’avale pas aisément ce genre de balivernes électorales.

Un bâtard de plus qui joue sur la fibre humanitaire pour te refaire tes convictions et t’injecter de la morale dans ton amour-propre. Je ne crois en rien. Y a pas de frères, ni de cousins qui tiennent. J’ai pas de compte bancaire à l’Unesco. Qu’on me lâche les baskets avec ce genre de foutaises. Je ne vais pas enrichir des couillons qui enchaînent filouteries sur filouteries pour aseptiser ma passivité de citoyen.

La dernière supercherie à la mode est de se faire passer pour une association d’aide aux enfants handicapés. On vous sort deux ou trois cartes postales tirées d’une imprimante bidon avec retouche photo-crotte et le tour est joué. Une jeune fille vient vous offrir son sourire, le physique moulé dans un jeans qui vous soulève tous vos désirs. Marketing sensoriel oblige ! Après tout cinquante centimes ou un euros. Ça vient, ça part. Elle te vend de l’humanitaire. Du bonheur soi-disant collectif mais personne n’ajamais vu la couleur. Aucun handicapé à leur côté mais des cartes postales et des commerciaux bien valides qui veulent se payer des vacances avec le consentement populaire. Aider ! Aider. Mais qui ? Si nos plus grandes associations font aussi dans le pillage de fonds publics… Je donne à qui je veux et avec le cœur. Ce ne sont pas des petits pèlerins qui vont m’apprendre la générosité. Tu veux rire ! Trace ta route…


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