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Andrea H. Japp en ITV

Publié le 22 juin 2011 par Lemediateaseur @Lemediateaseur

Andrea H. Japp en ITV

Depuis quelques temps, nous arrivons enfin à vous proposer des interviews d’auteurs plus régulièrement et nous espérons que cela vous plait. En plus, aujourd’hui nous ne sommes pas peu fiers d’accueillir Andrea H. Japp, la reine du crime à la française.

Nous avions fait ici une chronique assez élogieuse de son nouveau roman Les cadavres n’ont pas froid aux yeux qui mélange à la perfection enquête policière et humour, et nous avons voulu poser quelques questions à l’auteure sur ce livre.

Cette dernière à accepter de nous répondre très gentiment et l’entretien est à lire ci-dessous. Bonne lecture.

Bonjour Andrea,

Bonjour à vous.

Dans votre nouveau roman Les cadavres n’ont pas froid aux yeux l’humour est très présent, on rit véritablement et on sourit beaucoup au fil des pages. Vous qui êtes considéré comme la reine du crime en France, comment avez-vous eu l’idée d’intégrer de l’humour dans ce genre d’histoire ?

La réponse est simple : j’avais envie de rire et de faire rire. C’était aussi un clin d’oeil malicieux à un critique qui avait fait un papier très élogieux sur l’un de mes romans qu’il concluait par « mais Mme Japp est dépourvue d’humour ». Si, si, « elle » peut être drôle !

En arrivant avec ce projet pour Cinq filles, trois cadavres, mais plus de volant (1er roman de l’auteure mélangeant policier et humour NDLR), avez-vous réussi facilement à convaincre les éditeurs ?

Les choses ont été rapides et simples justement en raison du décalage entre mes romans contemporains, assez noirs, et mes romans historiques, pas franchement légers non plus. L’aventure a amusé les Editions Marabout.

Ce sont donc de nouvelles aventures ici pour Hélène et ses amies, comment est née cette bande de copines ?

J’ai le sentiment que pas mal de gens croient toujours que l’amitié est une vertu plus masculine que féminine en raison d’une prétendue rivalité systématique entre femmes.  Je souhaitais démontrer le contraire, la réalité d’amitiés entre femmes. Je connais des histoires d’amies qui ont duré une vie. Je crois qu’il existe des douleurs, des craintes ou des bonheurs qu’une femme partage plus simplement, de façon plus évidente avec d’autres femmes, sans doute parce que le référentiel est identique.

Emma, Nathalie, Charlotte, Hélène, elles ont toutes un caractère bien spécifique. Avez-vous mis un peu de votre personnalité dans l’une ou l’autre ?

On se nourrit toujours des autres, de leur vie, de leurs souvenirs que l’on restitue de façon totalement différente et personnelle. Alors, bien sûr, chacune de mes héroïnes a quelque chose de moi, même si je partage un passé plus voisin avec la chercheuse Hélène, en raison de la profession que je lui ai attribuée.

A la fin du précédent roman, saviez-vous déjà que vous redonneriez vie à ces personnages ?

C’était une possibilité. Cela étant, pour « parler boutique », cela sous-entendait que mon lectorat, qui est très fidèle, me suive dans cette nouvelle voie. Ce fut le cas.

Chaque crime est totalement différents, combien de temps passez-vous à vous documenter puis à écrire un livre comme Les cadavres n’ont pas froid aux yeux ?

J’avoue que le GROS travail dans ce cas n’a pas été de documentation. J’ai été chercheur durant 20 ans et j’ai puisé dans mes souvenirs, dans mes bonheurs, dans mes déceptions pour donner un « territoire » à Hélène, une réalité de scientifique, même si, je vous rassure, j’ai travaillé dans un labo paisible et totalement dépourvu de cadavres !  L’épineux problème est l’humour. L’émotion est un sentiment assez universel. Quelque soit votre culture, votre religion, votre « provenance », la mort d’un enfant, par exemple, est un évènement affreux qui bouleverse n’importe quel être humain. En revanche, l’humour est culturel et même assez individuel en ce sens qu’il est en général lié à votre vécu. Ce qui me fait rire, ne fera pas nécessairement rire quelqu’un d’autre. Alors que ce qui me fait pleurer, fera également pleurer beaucoup de gens. Dans un roman léger, dont le but est de faire rire ou sourire, il convient de se tenir à distance de soi-même pour évaluer la drôlerie d’une situation.  C’est exactement l’inverse lors de scènes difficiles, d’émotion pénible : il faut plonger au plus profond de soi pour y retrouver les sensations de douleur ou de rage, ou de chagrin.

Ce roman est disponible depuis un peu plus de 3 mois maintenant, êtes-vous contente de l’accueil que le public lui a réservé à sa sortie et de son parcours jusqu’à présent ?

Je suis vraiment heureuse. Comme je vous le disais, il s’agissait un peu d’un pari : mes lecteurs allaient-ils me suivre ? Leur réaction est formidable et très encourageante. Et puis j’adore aussi la réaction des messieurs qui s’amusent beaucoup en découvrant l’univers de ces six fofolles qui ont le génie pour se mettre dans les ennuis. Un lecteur m’a dit « c’est le genre de romans qu’on s’achète en disant au libraire : euh, c’est pour ma femme. Bon, on est sympa, on lui prête après ».

Vous avez en tête de les martyriser encore un peu ou de laisser ces filles tranquilles après ce deuxième livre ?

J’avoue que mon idée est de les coller dans la panade tour à tour.

Pouvez-vous nous donner un petit scoop sur ce que vous avez en tête ?

Dans le prochain, je verrais bien Juliette, l’esthéticienne, dans les ennuis jusqu’au cou.

Et avant de vous laisser, avez-vous déjà des projets pour la suite ?

Je suis en train de terminer le premier volume d’une nouvelle série médiévale, plus sombre, peut-être plus « mystique » que Druon de Brévaux, avec un personnage masculin central : Monsieur de Mortagne. Il devrait sortir chez Flammarion, mi-octobre 2011.

 

Andrea H. Japp en ITV

Le Mediateaseur remercie une fois de plus Andrea H. Japp pour son amabilité et sa disponibilité. Les cadavres n’ont pas froid aux yeux est toujours disponible aux éditions Marabout et si vous voulez passer un bon moment, n’hésitez pas à vous le procurer.

Les cadavres n’ont pas froid aux yeux d’Andrea H. Japp, Editions Marabout, 312 pages 18,90€.


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