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Tabarnac

Publié le 23 juin 2011 par Badiejf
Prendre l’avion de Montréal pour Port-au-Prince est en soi une expérience. Les préposés au comptoir (je pense à Air Canada et Air Transat pour les vols directs) se battent avec des haïtiens ‘montréalais’ qui ont trop de valises ou encore des valises trop lourdes. C’est la danse des valises qui s’ouvrent pour faire passer deux kilos d’une à l’autre afin de respecter le poids maximum (32kg). Tout le monde qui retourne dans son Ayiti chérie revient les poches, les mains et les valises pleines. Ceux qui travaillent à la sécurité se battent conre les deux, trois ou quatre bagages de canine… On rapporte tout ce qu’on peut pour notre famille ‘pauvre’ restée là-bas. J’imagine donc les préposés qui se disent le lundi ou le mercredi matin : « On se prépare mesdames messieurs, ce sera une grosse matinée, il y a un vol pour PAP. » Arrivé à l’aéroport ‘international’ de PAP, le desod (le désordre) reprend. L’arrivée à Port-au-Prince était une aventure avant le tremblement de terre, les nouvelles configurations de l’aéroport post-12-janvier ajoutent à l’exotisme. En créole on parle de desod, en français, on parle de bordel. Un tourniquet à bagages improvisé autour duquel se retrouvent des centaines de passagers à la recherche désespérée de leurs malet (mallettes). Des affamés devant un buffet chinois. Il faut dire que les haïtiens vivent plutôt difficilement l’idée d’attendre leur tour. Faire la queue (comme on dit chez nous) n’est pas très prisée par cette collectivité où l’individualisme est de mise. 90 minutes après notre arrivée, on était encore quelques centaines de personnes à se marcher sur les pieds pour récupérer nos valises. La grogne commençait à monter au sujet du peu (ou de l’absence) d’organisation du service de récupération des bagages. Bien coincé entre deux neg qui attendaient leurs valises, j’ai entendu un vrai ‘tabarnac’. J’oserais dire un beau ‘tabarnac’. Mon voisin de derrière en avait plein le ponpon de voir le bordel s’étaler devant nous depuis plus d’une heure. Son cri du cœur m’a fait sourire… m’a fait du bien.

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