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Retour sur Terence Malick : Badlands est sur les écrans

Par Ninelililabo

Retour sur Terence Malick : Badlands est sur les écrans
RésuméEst-ce dans la ville de Waco ou dans une ville similaire du cœur de l’Amérique ? Kit (Martin Sheen) y ramasse les ordures avec un tel manque d’enthousiasme qu’il finit par se faire virer. Il courtise la jeune et timide Holly – interprétée par Sissy Spacek – malgré l’interdiction formelle du père de celle-ci. Après un geste irréparable, les deux amoureux fuient précipitamment, s’engageant dans un road trip sanglant.

Mini CritiqueIl y a eu ce cinéaste trop rare, cinq films en quarante ans ; il y a eu Cannes et la Palme d’or pour « Tree of Life » ; il y a depuis une semaine la possibilité de (re)découvrir le premier film de Terence Malick : « Badlands » (« La Ballade Sauvage ») qu’il tourna en 1973.Le décors est planté : la ville américaine à la fois faussement paisible et retirée, la nature omniprésente qui coupe l’écran en deux entre ciel nuageux et terres sans fin, et cette première scène d’amour esquissée sur les bords d’une rivière. Il y avait dans « Tree of Life » une rivière inquiétante où les jeunes enfants pouvaient se noyer ou cacher le long des rives abritées des trésors improbables ; un désert rouge et un désert blanc que Sean Penn traversait d’une démarche hésitante ; une maison perdue dans une rue sans fin où se nouaient tous les conflits de cette famille fragile où le père – impressionnant Brad Pitt – était à la fois faible et tout puissant.« Badlands » esquisse d’ailleurs le portrait d’un père protecteur – celui de la jeune Sissy Spaceck – que Martin Sheen abat froidement d’une balle dans le ventre, lui réglant son compte avant de le brûler dans sa maison. Un premier crime de cinéma symbolique qui en entrainera d’autres.Les deux jeunes gens poursuivent une quête sans but véritable, roulant à tombeau ouvert (c’est le cas de l’écrire) vers le Montana. Une fuite en avant comme un long plan séquence qui emmenait les soldats au sommet des collines meurtrières de Guadalcanal, au delà de la Ligne Rouge (insérer le lien). Martin Sheen finit par relâcher Sissy Spaceck et par faire face à ceux qui sont venus l’arrêter. Crânement. Mais surtout parce qu’il a fait ce travail de deuil d’une histoire d’amour née sous la contrainte.Il lâche prise et fait le deuil, en accéléré, d’une romance sans lendemain. Ce travail de deuil est une antienne chère à Térence Malick qu’il s’agisse d’un monde perdu (celui des Aborigènes de « La Ligne Rouge » ou celui de Pocahontas dans « Le Nouveau Monde ») ou de la disparition d’un être cher (Sissy Spaceck effarée devant l’assassinat de son père et Jessica Chastain interdite lorsqu’elle apprend la mort de son fils, de cet enfant qui lui dit – qui nous dit dans « The Tree of Life » -  « Find Me »).Un approche mystique dans notre monde de brutes qui est assez salutaire (même si elle peut être parfois déroutante). En acceptant la voix off et une narration inhabituelle, nous voilà remis à notre place : celle d’un spectateur humble et comblé.Charlie


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