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Le malade économique grec est-il passible de véritable guérison ?

Publié le 24 juin 2011 par Musengeshikatata

L´Union Européenne va-t-elle se transformer en Union de transferts européens ? On se le demande. A tout prendre ce n´est pas la petite Grèce qui va écrouler l´Union ; c´est plutôt la peste, l´effet de domino qu´on craint…trop de candidats sont en haute mer actuellement dans le monde industrialisé : l´Italie, l´Espagne, les USA, le Japon…

La Grèce est-elle déjà perdue et malgré ses efforts, condamnée aux calandres ?

Ou le patient grec était-il encore capable de se guérir par lui-même ? Apparemment les grecs n´ont pris, dans cette tourmente économique, qu´un embarquement…perclus de trous. Ils sont prix entre plusieurs feux : leurs dettes, leur retard d´infrastructures et de développement industriel, leur corruption et leur trop grand laisser-aller face au travail en noir, leur laisser-faire ruineux pour leurs caisses de pension, les salaires généreux et les avantages indus que se donnaient leurs bureaucrates. Un Etat de vices, d´abus et de corruption. Et maintenant ? La démocratie verbale, ce n´est pas tout…il faut lui garantir une crédibilité économique ; on ne peut tout de même pas vivre sur le compte des autres en leur chantant la démocratie, ou hypothéquer l´avenir de ses générations futures en condamnant ces dernières à la pire des pauvretés…pour prétendre faire démocratie au 21e siècle ? Démocratie à l´huile d´olive ? Une bonne façon de s´huiler…

Personnellement je ne crois pas du tout à la guérison de la Grèce, pourquoi ? Parce que ce pays est trop en retard d´investissement et de créativité industrielle par rapports à la grande moyenne des pays européens. Or, elle devra payer ses dettes d´une part et investir d´autre part pour refaire son retard, créer des emplois nouveaux pour ses jeunes et générer de nouvelles recettes pour son Etat. Actuellement la Grèce n´a que les moyens de payer les intérêts de ses dettes, et encore ! On a construit, avec l´argent facile emprunté, des routes, des hôtels, des aéroports, des immeubles coûteux et des villas avant-gardistes…pour bien vivre et se sentir bien européens, certes, mais tout cela ne produit pas assez pour survenir à sa vie sur grand pied « démocratique ». Les pensions et l´âge de pension étaient les plus généreux du continent, puis tout à coup fini la nouba…Papandréou levait la fin de la vie en rose. Mais comment faire maintenant pour rattraper les allemands, les français, les italiens, les hollandais, les belges et les britanniques qui eux étaient plus avancés dans la production industrielle ? Concurrencer des gens qui avaient l´expérience, la qualité et de meilleurs moyens financiers ? Si ce miracle est possible avec l´emprunt auprès de ces mêmes co-concurrents, l´Afrique serait déjà développée…or, ce n´est pas le cas, n´est-ce pas ?

L´Union promet, après l´emprunt passé de 110 milliards rapidement engloutis, un nouveau prêt de120 frais milliards € aux naufragés économiques grecs en 5 ans. Cela va-t-il suffire pour tenir à flot ce pays et l´assainir en tenant compte qu´il devra subir une très dure rationalisation d´environ 30% sur tout : salaires, pensions, frais administratifs, coûts des études et bien sûr une très sensible augmentation de l´imposition ? Ce sera dur, très dur et même avec une cession de dette considérable, les grecs vont devoir, pour en sortir, travailler á bas prix deux fois plutôt qu´une. Or, on observe déjà une fiévreuse fuite de capitaux grecs vers les autres pays européens et particulièrement vers l´Allemagne. Ce n´est pas cela qui va arranger les choses. Pas du tout, mais peut-être s´agit-il seulement d´un courant momentané d´incertitude ? C´est un peu tout cela qui ne rend sceptique ainsi par ailleurs que les lourdes dettes de l´Italie, de la Grande Bretagne, de la Belgique et même de la France ou de l´Allemagne. Le contexte européen des dettes était bien…étalé. En fin de compte je pense que les grecs ont tout intérêt à profiter de l´aide de leurs amis européens. Tout le monde n´a pas de tels amis. Mais j´ai bien peur qu´à la fin l´échec et la route des calandres ne soit le seul résultat qu´on tirera de cette affaire. Les grecs, après s´être assainis tant bien que mal et plutôt mal que bien avec les subventions et les emprunts européens, devront décrocher car pour eux l´€ sera trop pressant à l´épargne et à la productivité.

La Grèce quittera donc l´Union et si cette dernière souffre encore de ses endettements aigus, son entité, telle que nous la connaissons aujourd´hui, se verra diminuée par tous ceux qui seront piégés dans la maigre croissance et les taux dévastateurs de hauts emprunts. Eh oui, tout dépendra de la croissance et de la fin heureuse de la crise économique. Si elle dure et dure…et qu´elle met les USA dans l´embarras, rien ne pourra nous sauver de la grande catastrophe d´une incroyable correction financière dans le monde entier. Celui qui ne saura pas montrer patte blanche à ce moment là devra dévaluer et prendre les sentiers épineux et solitaires du failli. Ce sera fini de vivre bien et sur grand pied au crédit avec les épargnes des autres. Le crédit sera mort, la plus dangereuse phase de la crise économique aura commencé !

Musengeshi Katata

"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"


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