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Comment jardiner en période de sécheresse ?

Publié le 27 juin 2011 par Bioaddict @bioaddict
Mieux arroser pour ne pas gaspiller, choisir des plantes adaptées aux disponibilités en eau, utiliser l'eau de pluie, avoir recours au paillage... découvrez les techniques et astuces de jardinage à adopter en période de sécheresse.

Les experts sont de plus en plus alarmistes : l'eau deviendra une denrée rare dans les prochaines années. D'ailleurs, la France connaît actuellement une période de sécheresse quasi-inédite : pas une goutte depuis mars, ou presque, avec des risques de canicule pour l'été. Nous sommes aujourd'hui tous concernés par les restrictions d'eau qui touchent 58 départements. Une irrigation limitée est ainsi demandée aux golfs et aux agriculteurs. Voici quelques conseils pour que vous aussi vous participiez à ce mouvement de solidarité écologique.

Les écogestes anti-gaspillage

En jardinier consciencieux, la première des attitudes à adopter est l'économie d'eau lors de l'arrosage. Rien ne sert d'arroser en trop grande quantité quand la terre est trop sèche, car l'eau sera mal assimilée par la plante ! Il est nécessaire de connaître la nature du sol qui accueille vos cultures. Une terre drainante, tel le sable, va laisser s'infiltrer l'eau vers les couches profondes du sol, la rendant inaccessible pour les plantes qui puisent l'eau avec leurs racines. En apportant à votre sol de la matière organique ; une terre plus argileuse, par le biais d'un compost par exemple, vous allez augmenter sa capacité de rétention de l'eau.

L'idéal est bien-sûr de ne pas avoir à utiliser l'eau du robinet. Pour cela, installez un récupérateur d'eau domestique ou d'eau de pluie qui se sert de votre toît comme surface de récupération. Dans le commerce, on trouve des récupérateurs d'eau de plus de 500 litres à partir de 150 €. Pour vous économiser cet achat, pourquoi ne pas tout simplement utiliser des bassines ou des cuves à disposer un peu partout dans le jardin lorsqu'il pleut ? Dans votre maison, vous pouvez sinon récupérer l'eau de vos rinçages, tant qu'elle est dépourvue de détergent. Il suffit de disposer une cuvette dans le fond de votre évier ou de votre douche.

La manière dont vous arrosez est également déterminante dans les économies d'eau que vous faites. Ainsi, n'arrosez pas en plein milieu de l'après-midi car le taux d'évaporation est maximal. Arrosez plutôt le matin ou à la tombée de la nuit à des heures plus fraîches. Privilégiez alors les jeunes pousses qui ont des besoins importants en eau. Enfin, repérez les stades de développement de la plante : c'est essentiellement à la floraison que les végétaux ne doivent pas manquer d'eau !

Il est important d'arroser la plante à sa base pour éviter toute déperdition. Le jet en brouillard est donc à proscrire : il ne ferait qu'humidifier les feuilles ou le tronc. Pour ceux qui ont un potager productif, pourquoi ne pas investir dans un système de goutte-à-goutte qui apporte l'eau directement à la base de la plante ? Certes, celui-ci nécessite une batterie de tuyau, mais vous pouvez les dissimuler sous la terre. Et une fois encore, si cela représente un trop gros investissement une multitude de sites vous aident à fabriquer ce système vous-même. En voici un pour exemple : www.econo-ecolo.org.

Si vous avez la chance de disposer dans votre jardin d'un puits, d'une mare ou mieux encore d'un ruisseau, assurez-vous de pouvoir en profiter. Faites auparavant une analyse afin de contrôler la qualité de l'eau. Si celle-ci fait apparaître des contaminants, vous devez la filtrer impérativement. Il est vivement conseillé, avant toute utilisation, de se renseigner auprès de l'Agence de l'eau de votre région (www. lesagencesdeleau.fr) car il faut savoir que cette eau n'est pas votre propriété propre. Effectivement, il s'agit d'un bien public utilisable par tous les citoyens. Il convient d'en connaître les règles d'usage et de partage.

Enfin, binez régulièrement vos massifs facilite l'absorption de l'eau par la terre et élimine les mauvaises herbes qui font concurrence à vos plantations. Avoir recours à un paillage qui recouvre le sol permet également d'éviter à la fois ces mauvaises herbes, le gel en hiver et l'évaporation de l'eau en été. Il peut être fait avec des déchets de tonte, du carton ou encore des débris de taille (éviter la paille ou les feuilles mortes qui peuvent brûler la base de la plante en se décomposant). Le paillis disposé sur une terre déjà humide va ainsi protéger le sol des rayons du soleil. Pensez-y !

Des plantes adaptées au climat et au sol

Si vous êtes un jardinier confirmé, vous pouvez agir directement lors de la sélection de vos plantes.

Avant tout chose, il faut déterminer quelles sont les plantes qui poussent bien et/ou naturellement dans votre sol. Ce dernier n'est pas acide ? Oubliez les plantes de terre de bruyère. Il est trop argileux et imperméable ? Evitez les feuilles duveteuses et les plantes grasses. Préférez les plantes grimpantes et les rosiers rugueux. Des coquelicots poussent spontanément ? Pourquoi ne pas semer des pavots de Californie ? Etc.
Le mieux est de se renseigner auprès d'un horticulteur ayant toujours travaillé dans la région et de vous inspirer des parcs et jardins qui se visitent dans votre région. Observez les espèces qui poussent spontanément sur les terrains vagues et les bords de route.

Bien que les municipalités ne donnent pas toujours le meilleur exemple dans la gestion des ressources naturelles, on constate aujourd'hui que les grands massifs excessivement fleuris laissent progressivement la place à des mélanges plus "secs", à base de graminées ou de semis d'annuelles, nécessitant moins d'arrosage.
Car le geste le plus déterminant est bien celui du choix des plantes. Non moins esthétiques que le traditionnel jardin à la française, un jardin à plantes arides donnera un petit air de Provence à votre jardin tout en économisant votre facture d'eau.

Voici quelques exemples de plantes à favoriser :

• Arbustes : rosier rugueux, buddleia (arbre aux papillons), potentille.
• Bulbes à floraison printanière : tulipe, narcisse, scille, crocus.
• Plantes aromatiques : romarin, thym, fenouil, sauge, lavande, armoise, laurier, hysope.
• Vivaces : valériane, la plupart des graminées, verveines, joubarbe (sempervivum), sédum.
• Annuelles : cosmos, coquelicot, oeillet d'Inde, souci.

On remarque que parmi ces plantes, nombreuses sont celles qui fleurissent abondamment et qui donneront de la couleur à votre jardin.

Alicia Muñoz


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