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Le neuf se fait attendre - II

Par Placebo
Arthur BERNARD, Le neuf se fait attendre, Éditions cent pages, Grenoble, octobre 1995 (186 pages).
Liquidons ces quelques commentaires qui traînent dans mes brouillons (tout en prenant garde de modifier, merci Blogspot, la date de publication).
Je vous ai laissés, deux chapitres lus, sur une tentative de vous communiquer mon enthousiasme. Je persiste et signe aujourd'hui ayant lu les huit suivants.
L'intrigue est toute simple, et, ô joie, n'appelle aucune exploration ombilicale.
En quelques mots :
En une ville X, avec sa cathédrale « joyau de l'art roman », le personnage A, au cinéma, rencontre le personnage B. A accueille B chez lui, quartier bourgeois, adresse du bon côté de la rue. A est fondé de pouvoir, B intérimaire. Pétanque et péripéties diverses dans le petit monde de la ville, où il est question de l'espoir du genre humain. Retour sur l'histoire familiale desdits A et B. A rencontre A', liaison puis mariage dans la haute. B rencontre B', liaison puis mariage à la périphérie. On se perd un peu de vue, ainsi va la vie. Quelques temps après, rencontre fortuite, avec rejetons de part et d'autre : « L'avenir nous appartient [...]. C'est demain l'an 2000, le neuf se fait attendre ! »
J'insiste : quel bijou de prose sur ce scénario somme toute conventionnel. Mais, depuis que le roman est roman, combien de fois nous a-t-on, même chez les meilleurs, resservi Montaigu et Capulet ?
Le style :
« On avait mis Dupuis dans le nouveau cimetière, près des voies de chemin de fer à l'ouest de la ville, sur le décumane*, l'ancien était trop plein, trop habité. Dans le nouveau, s'alignaient les débuts de rangées, des commencements pour toutes ces fins, quelques mètres carrés remués ou maçonnés, un terrain encore vague un vague gazon, des allées ocres la terre battue, le tennis des allongés. Un mur de moellons séparait à peine les pauvres morts de ces halles préfabriquées où l'on vend de tout pour tout, aqualand pour la piscine et le poisson d'agrément, jardineland pour les semis et les rosiers, zooland pour les zoophiles. »
« On ne va pas skier le reste de notre vie sur les neiges d'antan. »
« La pasta, le minestrone étaient tombés sur le joues de Lièvremont (personnage A), le menton tirait vers le bas. Il tenait par la main un garçonnet, cinq ans à peine, habillé comme papa pour son âge un vrai petit homme, l'homme descend de l'homme se dit Cœurderoy (personnage B), la voilà la vraie malédiction du genre humain. »
* Voilà un mot qui m'a donné du fil à retordre, même Google s'y est perdu. Remontant au latin, il s'agit d'une « allée qui va du levant au couchant. »

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