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A Separation

Publié le 11 juin 2011 par Amcomingsoon
A SeparationA Separation est un film Iranien, réalisé par Ashgar Farhadi, avec Leïla Hatami, Peyman Moadi et Shabab Hosseini entre autres. Le film débute par une scène formidable mais dramatique : un couple passe devant le juge afin de divorcer. La scène est mise en scène de façon presque comique mais nous met directement dans l'ambiance, il n'y a pas de longue préparation comme dans les drames habituels. Le départ de la femme oblige donc le mari a employé une aide soignante afin de s'occuper de son père malade atteint d'Alzheimer pendant qu'il travaille la journée. Une série de drames va alors se produire et tout ce beau monde va se retrouver confronter au milieu de la justice Iranienne. Le mensonge et la foi trouvent alors dans le film des places de choix ou, entre bien et mal, chaque personnage se retrouve tour à tour confronté à un dilemme moral.
Ces choix, le spectateur est invité à les vivre et à les faire également. Les personnages sont complexes et fort attachants, à l'image du vieillard malade qui attendrit autant qu'il ne désole ou de la toute jeune fille qui m'a personnellement fait rire à plusieurs reprises dans le film. Chacun peut en fait se retrouver ou du moins se projeter dans au moins une de ces questions: Faut-il mentir pour protéger sa famille? Peut-on excuser le mensonge? L'argent peut-il guérir le mal causé par un drame? Doit-on absolument trouver un responsable même si l'on n'est pas certain que ça soit le bon?... Le liste n'est même pas exhaustive tellement des points sont soulevés dans ce film riche. Au fond, tous les personnages sont humains et il n'y a pas ici de super héros vertueux comme dans les films Américains: tous ont fait une erreur et tous ont des torts. Seulement, ils ont acté pour une bonne cause. Peut-on faire quelque chose de mal pour faire quelque chose de bien? C'est une des véritables problématiques du film, au sens où je l'ai compris.
La scène de fin, où l'on voit défiler le long générique illustre bien ce sentiment: le réalisateur vous propose de réfléchir à la place de la fille du couple qui doit choisir la garde d'un de ses parents, ce qui en fait revient à se demander qui est le véritable gentil de l'histoire: le père ou la mère? Mais ici on est réellement dans le scénario Kafkaïen car personne ne peut être accusé et personne ne peut-être excusé: la situation est objectivement inextricable. Chacun aura sa propre opinion sur les personnages. Vous changerez sans doute même plusieurs fois de camp. La preuve en est la longue et "virulente" discussion partagée avec mon accompagnateur à la sortie de la séance. Virulente? Oui, car ici on touche au plus profond des valeurs, et donc le débat peut rapidement devenir houleux.
En parallèle de ces questions philosophiques, le film est un magnifique drame qui traite également de sujets sociaux comme la grossesse, le divorce, la justice, le travail des femmes en Iran ou encore la force de la religion qui est de loin plus juste que la justice elle-même. Le résultat est brut, intense, humain et poignant. Un film à voir et qui mérite amplement son Ours d'or du meilleur film au dernier festival de Berlin.

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