Magazine Bons plans

La maison de Mozart à Vienne

Publié le 12 juillet 2011 par Cardigan

Eduard Mörike (1804-1875) fut un poète romantique allemand dont quelques uns des plus beaux poèmes atteignirent une condition proche du sublime en vertu de la musique que composa pour eux le grand compositeur de lieder Hugo Wolf dans la seconde moitié du 19ème siècle.

maison mozarte vienne

C’est précisément de la musique que parle son livre le plus beau et mémorable, un roman court d’à peine 130 pages intitulé Mozart chemin de Prague qui relate le cours d’une journée dans la vie du génial compositeur autrichien. Le livre en question, qui fut publié en 1856 pour le centenaire de la naissance du musicien, est non seulement une des premières tentatives de faire le portrait du caractère de Mozart, mais aussi probablement un des livres les plus beaux jamais inspirés par celui qui pour beaucoup est la personnification de la musique même et un des personnages les plus fascinant de toute l’histoire d’occident.

Dans les pages finales croise par le personnage d’Eugénie, la jeune fiancée, une tragique pensée qui a informée une vision de Mozart et avec lui d’un bon nombre des personnes que son incroyable talent aide à s’avancer sur leur temps en sautant des étapes, qui perdure jusqu’à nos jours. “Soudainement c’est devenu si vrai, si terriblement vrai, que cet homme était entrain de se consumer rapidement et irrévocablement dans ses propres braises et qu’il ne pouvait que faire une apparition fuguasse sur cette terre, car celle-ci n’était pas capable de supporter l’excès qu’il émanait”.

Malgré le jeu magistralement musical de miroir et de voix de sa composition, l’argument du roman n’est pas compliqué : Mozart et sont épouse Costanze s’arrêtent un moment pour se reposer pendant leur voyage à Prague, où le compositeur va diriger son opéra Don Giovani. Alors qu’il se promène dans le jardin d’un palace, dans un épisode qui d’une certaine façon sert de précédent à la Madeleine proustienne et les prodigieux effets des épisodes de mémoire involontaire, Mozart, prisonnier de l’invincible pouvoir d’attraction de quelques oranges, il en cueille une de l’arbre en gâchant ainsi involontairement un cadeau destiné aux fiançailles qui devaient se célébrer ce même jour dans le palace. Après être détenue par le jardinier, les maitres de la maison le reconnaissent et l’invite à la fête avec Costanze, où il interprétera pour la première fois quelques passages de Don Giovanni. Le jour suivant, ils reprennent le chemin de Prague.

En écoutant la musique de Mozart on peut prendre pleinement conscience du caractère architectonique de la musique et son incroyable capacité pour créer des espaces pour que l’imagination les habite et les parcourt, de la même façon que le fait la mémoire. C’est peut-être pour cela que l’on ressent une étrange sensation lorsque l’on visite la maison à Vienne où il a vécu avec Costanze (lui qui a eut une enfance et adolescence si nomade et sans racines).  http://www.mozarthausvienna.at/

Paul Oilzum Only-apartments AuthorPaul Oilzum


Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

Ajouter un commentaire