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INFO – Les banques françaises réussissent les tests de résistance européens

Publié le 15 juillet 2011 par Labasoche
Savons de Marseille
Image via Wikipedia

Les banques françaises réussissent les tests de résistance européens.

Huit banques européennes échouent… Nous ne savons pas encore lesquelles.

Bien entendu, en économie nous ne sommes pas à l’abri d’une bulle (pas de savon de Marseille)… Mais la planche est savonneuse.

Huit banques européennes ne sont pas assez solides pour résister à une récession prolongée et doivent lever 2,5 milliards d’euros de capital. Voilà les conclusions des « stress tests » destinés à mesurer leur solidité financière en cas de choc économique, publiés vendredi 15 juillet par l’Autorité bancaire européenne (ABE)

Cinq banques espagnoles (Caja Mediterraneo, CatalunyaCaixa, Unnim, CajaTres et Banco Pastor), deux grecques (Banque agricole de Grèce (ATE) et Eurobank), ainsi qu’une autrichienne (Volksbank) ont échoué à ces « tests de résistance » menés sur quatre-vingt-onze banques dans vingt et un pays européens, a précisé l’ABE. Les marchés s’attendaient à ce que cinq à quinze d’entre elles y échouent. Tous les grands établissements financiers les ont réussis, comme attendu.

LES BANQUES FRANÇAISES RÉUSSISSENT

Les groupes bancaires français BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole et BPCE ont tous réussi « avec succès », a annoncé le régulateur français, l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP).  Les quatre principales banques de l’Hexagone, qui ont soumis leur bilan financier 2010 à un scénario de crise équivalent à deux années de récession « particulièrement sévère », affichent un niveau de fonds propres durs de 7,5 %, « très supérieur » au seuil de 5 % exigé par l’ABE.

Contrairement aux attentes, les quatre principales banques portugaises ont également réussi. La banque centrale du Portugal a toutefois précisé que les deux premières banques privées du pays, la BCP et la BES, devront dans les trois mois procéder à des « augmentations de capital ou vendre des actifs ». C’est également le cas des banques italiennes, qui avaient quasiment toutes procédé depuis le début de l’année à des augmentations de capital afin de renforcer leurs fonds propres.

SUCCÈS POUR LES BELGES, LUXEMBOURGEOIS ET NÉERLANDAIS

Les banques belges, dont le franco-belge Dexia, luxembourgeoise et néerlandaises ont toutes réussi l’examen, selon les régulateurs nationaux. Les quatre banques néerlandaises ING, Rabobank, ABN Amro et SNS ont également annoncé dans des communiqués séparés avoir passé les tests avec succès. Leur résultats sont largement supérieurs au seuil de 5 % de fonds propres durs, requis pour satisfaire aux tests, dans l’hypothèse d’un scénario défavorable. La Banque et Caisse d’Épargne de l’Etat de Luxembourg (BCEE) a sans grande surprise réussi haut la main.

Cas litigieux

Le cas d’un neuvième établissement est litigieux. La banque allemande régionale de Hesse-Thuringe (Helaba) a refusé que l’on publie ses résultats, après avoir contesté la méthodologie. « Nous ne pouvons pas publier des résultats sans le consentement de la banque », a indiqué le président de l’ABE Andrea Enria.

Voici des réactions d’analystes et de spécialistes des marchés aux résultats des tests de résistance publiés vendredi par l’Autorité bancaire européenne (ABE) et montrant que huit banques européennes ont échoué aux tests sur les 90 qui ont participé.  (Actualisé avec nouvelles réactions).
MICHAEL SYMONDS, ANALYSTE CREDIT, DAIWA CAPITAL MARKETS, LONDRES
« Avec seulement huit banques qui échouent, et la nécesité pour ces banques de lever 2,5 milliards d’euros de capital, ce n’est pas la solution si l’on veut restaurer la confiance. »
« Ce dont nous avions besoin, c’était de voir davantage de banques échouer et devoir à terme lever davantage de capital. »
« Ceci dit, je ne pense pas que les gens s’attendaient vraiment à un tel résultat. Mais le remède au malaise plus général dette souveraine/banque en Europe doit aller plus loin qu’une simple injection de nouveaux capitaux dans les banques du continent européen. »

AJAY RAWAL, ADMINISTRATEUR SENIOR, ALVAREZ & MARSAL, LONDRES
« On a largement critiqué l’ABE pour n’avoir pas inclus un scénario de défaut souverain mais cela serait revenu à admettre tacitement que les actions en cours échoueront et, pire encore, cela aurait sans doute été une prophétie auto-réalisatrice. »
« Les grandes banques de Grande-Bretagne sont largement en avance et les derniers stress tests n’ont rien révélé de nouveau. Le principal souci des banques britanniques et ce qu’il leur faudra mettre dans le projet de sanctuarisation de la Commission bancaire indépendante, ainsi que les implications d’avoir à tenir le ratio de capital Tier 1 recommandé de 10% -cela va bien au-delà des scénarios des stress tests ».

RICHARD COOKSON, RESPONSABLE INVESTISSEMENTS INTERNATIONAUX, CITI PRIVATE BANK, LONDRES
« Ce qu’il faut penser (de ces stress tests) c’est qu’ils mettent un peu plus d’information dans le domaine public mais ça restera très limité. Et au vu de ce qui s’est passé sur les marchés obligataires périphériques ces dernières semaines, ils étaient dépassés avant même d’êtres publiés ».

MARKUS HUBER, CHEF DES VENTES ET DU TRADING, ETX CAPITAL, LONDRES
« Beaucoup d’experts ont considéré les critères appliqués aux tests, comme une baisse de 15% de la Bourse et une croissance négative de la zone euro de 0,5%, comme étant insuffisants et pas assez réalistes. »
« Surtout des éléments comme un défaut grec potentiel, devenu non seulement une réelle possibilité ces dernières semaines mais qui fait les gros titres et influent sur les actions du marché depuis des mois maintenant, ont été omis des tests. »
« A la lumière de tout ceei, les résultats ne sont pas vraiment pertinents; on remarque que toutes les banques italiennes et portugaises ont réussi les tests. Le marché le prend bien, notamment parce que la rumeur a circulé que jusqu’à 21 banques avaient échoué alors que huit en réalité n’ont pas passé le test… Tout cela ou presque n’a aucun sens si la Grèce fait défaut et les retombées toucheront d’autres pays sous pression comme l’Espagne et l’Italie« .

GEORG GRODZKI, ANALYSTE CREDIT, LEGAL & GENERAL INVESTMENT MANAGEMENT, LONDRES.

« Les résultats des tests de résistance sont conformes aux indications qui avaient fuité et aux attentes des marchés. Ceci dit, il est probable qu’ils ne seront pas jugés fiables et qu’ils ne ramèneront pas de confiance envers les banques qui en ont le plus besoin, c’est-à-dire celles qui ne sont pas en mesure de se refinancer sur le marché à un coût abordable. »

RICHARD BARFIELD, DIRECTEUR, PRICEWATERHOUSECOOPERS, LONDRES
« Le principal point positif de cette approche est que des normes communes ont été appliquées dans toute l’Europe. L’an dernier, les chiffres du ratio Tier 1 avaient été utilisés, et ils divergent d’un pays à l’autre. »
« Les tests ont été conduits avec bien plus de rigueur et de logique que l’an dernier. En ce qui concerne la transparence, un volume remarquable de données a été diffusé, et il pourrait être difficile pour les banques de ne pas révéler ce genre de chiffres à l’avenir. »
« Reste cependant à voir si les tests seront toujours publiés de la sorte à l’avenir, ou si l’ABE compte suivre la voie de la réserve fédérale (qui ne publie pas les résultats détaillés de chaque banque). »

HANK CALENTI, DIRECTEUR DE LA RECHERCHE CREDIT, SOCIETE GENERALE, LONDRES
« Nous allons maintenant devoir décortiquer les chiffres pour voir ce qu’il y a vraiment derrière. Nous serons concentrés sur les banques ayant (un ratio de fonds propres Core Tier 1) entre 5% et 7%, puisqu’elles devront atteindre 7% d’ici janvier 2013.
« Le montant de capital que les banques devront lever n’est pas impressionnant, mais dans ce montant il faut prendre en compte des mesures déjà prises au travers d’augmentations de capital annoncées. »
« Tout rebond à partir de ces annonces sera de courte durée ».

GERAUD MISSONIER, TRADER, SAXO BANQUE, PARIS
« Toutes les banques italiennes ont réussi le test. C’est rassurant pour la zone euro. Le nombre de banques qui ont échoué semble globalement plus faible que ce que les marchés attendaient. Dans l’ensemble, nous ne pensons pas que cela aura beaucoup d’impact sur les marchés d’actions, tout a déjà été pris en compte. »

FREDRIK NERBRAND, DIRECTEUR GLOBAL ALLOCATION D’ACTIFS, HSBC BANK, LONDRES
« A première vue, c’est relativement en ligne avec les attentes. Attentes qui, au passage, n’étaient pas très élevées, vu que le scénario stressé n’est pas suffisamment défavorable pour que les stress tests aient une véritable valeur. »
« On ne s’attendait pas à ce qu’il y ait beaucoup d’échecs. »


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