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L'éclat de Michel Mourlet

Publié le 19 juillet 2011 par Timotheegerardin
L'éclat de Michel MourletLe livre de Michel Mourlet paru aux PUF, L'Ecran éblouissant, est un excellente manière de se familiariser avec ce personnage que l'on connaît surtout pour avoir été théoricien du "mac-mahonisme". "Mac-mahonisme", pour le cinéma "Mac-Mahon", une petite salle près de la place de l'Etoile, qui fut dès les années cinquante le repère de cinéphiles érudits et emportés comme Pierre Rissient, Jacques Lourcelles ou justement Michel Mourlet. Quelques lointains échos m'avaient donné de ce groupe l'image d'une avant-garde un peu obscure, paradoxale, moderne comme un poème d'Ezra Pound, poussant à l'extrême les postulats des jeunes turcs des Cahiers tout en foulant du pied quelque unes de leurs idoles (pour leur en privilégier d'autres : Lang, Preminger, Losey, Walsh). En lisant les articles, entretiens et commentaires qui composent cet Ecran éblouissant, et en entrant dans le vif de la théorie, on s'aperçoit en fait qu'il y a une quête de la mesure, dans les écrits de cet aristotélicien.
L'article manifeste Sur un art ignoré a beau avoir été publié à l'époque par les Cahiers du Cinéma avec bien des précautions, comme s'il s'agissait d'un brûlot "anti-cahiers", Mourlet insiste quant à lui sur la continuité qui le relie à Rohmer puis à André Bazin. Comme ces deux derniers, Mourlet a le constant souci ontologique du cinéma, et il explique comment il fut plus bazinien que Bazin lui-même, à rejeter Orson Welles au nom des positions (notamment sur le montage) du père des Cahiers. Plus profondément que cela, il nous semble que ce qui relie Mourlet à ces aînés est une vison du cinéma comme art impur : du côté de la cristallisation riche et vivante plutôt que du côté du signe aride et figé.
Au lieu de s'échiner à interpréter sa formule un peu alambiquée qui fut placée par Godard en exergue du Mépris, et prêtée à Bazin - "Le cinéma substitue à notre regard un monde qui s’accorde à nos désirs" - nous préférerons nous intéresser à sa vision harmonieuse au cinéma, à sa défense du découpage (prévu à l'avance, et en cela naturel au récit) contre le montage (soupçonné d'être là pour maquiller les ratés), ou encore à ses papier sur Fritz Lang, Joseph Losey et Jacques Tati. Prochaine étape, donc : se plonger dans l'édition livre de Sur un art ignoré, re-publié aux éditions Ramsay en 2008.

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