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"Come baby" de Patrick Besson

Publié le 19 août 2011 par Francisrichard @francisrichard

Décidément les textes courts sont à la mode. Il y a les longs articles façon pamphlet, les nouvelles, les petits textes et il y a enfin les courts romans qui se lisent en une heure ou deux, et encore en prenant son temps.
Le dernier livre de Patrick Besson, Come baby, édité aux Editions des Mille et Une Nuits ici, appartient à cette dernière catégorie.
L'intrigue est aussi mince que le roman est court. C'est le principe des livres publiés par ce département de la Librairie Arthème Fayard , consacré aux longues nouvelles et aux courts récits...
A Paris le narrateur parle à la première personne. A l'occasion d'un déjeuner de prix littéraire il est mis en présence de son récent passé amoureux et littéraire en la personne d'Astrid de *, qui écrit comme lui. Une phrase résume ce qu'a été leur histoire, dont nous n'apprenons que quelques épisodes :
"On ne devrait pas dire une histoire d'amour mais une histoire, parce que vient toujours le moment où il n'y a plus d'amour."
A Bangkok les actions du même se conjuguent à la troisième personne. Il est en Thaïlande pour écrire un article. Il est déjà venu plus jeune. Il est là aussi pour avoir la certitude, si c'était nécessaire, que le plaisir sexuel est inepte. Ses contacts avec deux jeunes prostituées locales, Aom et Noï, lui en administrent la démonstration. La conclusion découle de source :
"On ne vient pas en Thaïlande pour assouvir ses besoins sexuels, mais pour voyager dans sa jeunesse avec la faculté de l'arranger à son goût."
L'intérêt de ce roman ne réside donc pas dans le récit proprement dit, mais dans les réflexions douces-amères, ce qui est très asiatique, qu'elles inspirent au narrateur. Ainsi se rend-il compte qu'il a 53-54 ans et se dit-il :
"La vieillesse, c'est quand l'esprit et le corps ne sont plus une seule personne, mais deux parts dont l'une survivra peut-être et l'autre pas."
Pour son autre lui-même repartir de Bangkok c'est se demander s'il n'est pas décédé après son dernier rendez-vous avec Noï, sa préférée, qui avait hâte de le quitter après l'avoir péniblement fait jouir dans sa bouche, d'où le titre du livre :

"Il se demandera  [...] si tout ce qu'il a vécu depuis n'est pas une invention de son âme immortelle. Ce récit serait alors le premier récit d'un mort."
Dans ce livre Patrick Besson est donc pareil à lui-même et à l'image qu'il donne de lui-même : inclassable, avec une liberté de ton qui n'épargne rien, ni personne, à commencer par lui.

Francis Richard

Le prix Duménil 2011 a été remis le 25 mai 2011 à Patrick Besson pour Come baby.  


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