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TingaTinga Festival, Pastoriepark, Liedekerke, le 10 septembre 2011

Publié le 10 septembre 2011 par Concerts-Review

A10, afrit 19a : Affligem, 3 kilomètres plus loin: Liedekerke, "Likert" en patois local ( un sabir où une belle madame devient "e skoeë vraamensj"!), direction het centrum, gotj no rechts: Opperstraat, tu gares ta koesj et à panard tu te rends dans le Pastoriepark où se déroule le gratis wereldfestival TingaTinga.
Un festival familial, ambiance bon enfant où tu pourras te régaler de mets congolais, marocains, argentins et, après, t'empiffrer de smoutebollen. Pour ta progéniture: diverses animations, pour soulager ta vessie, t'es prié de ne pas ouvrir ton froc et de faire pleurer gracieuse sur un marronnier malade, tu te diriges vers les lavatories du centre culturel local, sis à 10 mètres.
Bref un chouette événement 'folk/world' avec un son correct malgré quelques balbutiements et, pour une fois, une météo acceptable!
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Pour débuter le programme musical, à 14h40': Sens Unique!
Un band qui avait déjà ouvert au Crisis Festival d'Erps-Kwerps.
Le folkrock à la française de Wouter, Michaël, Guy, Geert et Nele en apéro, rien de tel pour mettre les gens de bonne humeur.
A la longue, tu finis par connaître leur répertoire par coeur, mais jamais t'es déçu.
Le quintette marie énergie, virtuosité, tendresse, enthousiasme, fantaisie, positivisme ... des ingrédients indispensables pour une recette délectable.

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' Moi-même' ouvre le bal, suivi d'une ' Scottish d'aujourd'hui' fringante, puis le Louise Attaque soundalike ' On aura raison'.
Une surprise, la cover de Del Amitri, ' Nothing ever happens' devenue ' Jamais rien qui se passe' .
Brillant!

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Liedekerke, fait beau aujourd'hui, non?
Evidemment sur le podium le taux d'humidité est de 120%, je nage dans mon T-shirt, mais le titre suivant est de circonstance ' Quelle belle journée'.
' Si clone' aux touches folk des Balkans est proche de Malicorne.
En nu, een stevig nummer: ' Il a tout dit' rocke et cogne comme du Lindisfarne.
Un polkarock au message social ' Encore' sera suivi du philosophique ' 'Je me plains'.
Il était pas sur notre playlist, mais puisqu'il est enfin là 'Enfin, voilà l'été'.
Puis un tango bestial ' La bête est là' avant d'adapter le ' Poolijs' de Bart Peeters qui deviendra l'irrévérencieux 'Prince Albert' et une dernière avant de nous doucher: ' Ca ne fait rien', au démarrage treurliedje virant danse tzigane vivifiante.
Merci, TingaTinga!
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On reste dans le registre folk avec Donder in 't Hooi.
Un groupe né à Damme en 1996, qui en janvier 2010 eut à déplorer le décès accidentel de leur jeune guitariste, Ramses Verlinde.

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Le site annonce six musiciens. Sur scène, on en compta cinq: la fondatrice, Mieke Van Loo: accordéon, chant, flûtes diverses , fifrelin- Johan De Waele, son conjugal: cornemuse, chant, contrebasse, bodhran - Hilde De Ketelaere : vielle à roue, chant, violon - John Dierickx: guitares et Jan Morre: drums.
Ce collectif nous a servi un set de pure traditional folk enthousiasmant, d'un haut niveau technique et d'une puissance émotive inégalable.
Tu te croyais revenu dans les seventies, avec les hoogdagen du folkclub 'De Mallemolen' à Hoeilaart , ou du festival 'Le temps des cerises' à Floreffe et de 'Marie Clap' Sabots' à la RTB, pas encore F.
Donder in 'T Hooi c'est la Flandre qu'on aime, celle du boerenbal, d' Hendrik Conscience et de son 'Loteling', qui t'a fait pleurer, celle de 'Mira', tiré de ' De teleurgang van den Waterhoek' de Streuvels, celle qui te rend fier d'être né dans un petit pays qui, malheureusement, a enfanté des pourris, des extrémistes de tous poils, des connards médiatisés slimste mens...sorry, on s'éloigne du sujet.
Un instrumental, cornemuse en goguette, ouvre le bal, suivi d'une danse bretonne ( an-dro) en West Vloams, Mieke à la blokfluit:
..Beste vrienden, kameraden... ( ' Oast je wèr je' ?) style 'Die Moorsoldaten', en plus enjoué. Tes pieds battent la mesure, sur ton écran cérébral, des Yproises , coiffe de lin blanc, copie d'un tableau de Rogier Van der Weyden, robe simple à quatre pans, pommettes rougeaudes.....,tournoient au bras de rustauds endimanchés.
La nostalgique 'Scottish du regret' est vêtue d'une redingote jazzy, elle sera suivie d'un tovercirkel qui verra du mouvement sur la piste, face au podium, quelques gosses délurés virevoltent autour d'une Margot blonde au physique pas désagréable et aux guibolles alertes.
Une gigue trépidante et puis un titre dédié à tous ceux qui ont pris un aller simple pour le paradis, ' Trip to Skye' ( de John Whelan), une superbe valse céleste mélancolique.

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Un reel bouillonnant: 'Een zak petatten': violon voltigeur, bodhran fougueux.
On va souffler en vous interprétant un traditionnel norvégien, narrant la triste histoire d'une belle jeune fermière qui par un beau matin décida d'aller admirer le lever du soleil avant de traire ses 329 vaches, elle secoue son homme, qui bourré comme une outre, refuse de quitter son plumard tout en ronchonnant, elle ira seule voir l'astre pointer.
Tous des ivrognes dans les fjords!
Hilde se colle au chant scandinave.
L'idyllique 'Rue des prés' suivra.
Donder in 't Hooi réussit, tour à tour, à te faire rire, danser et pleurer... l'ABC du folk authentique.
Composé par Mieke, ' Den intieme draai', une bourrée, précédera an Irish tune ' The Spanish Lady', une Carmen qui fit chavirer le coeur d' un grand nombre de gars de Dublin.
Un vif instrumental de Damme avant la présentation de l'équipe et finir sur un Irish traditional aussi emballant qu'un titre des Pogues .
60 minutes revigorantes et un bis:
' Off she goes', joué à toute vitesse, off they go!
Geydi Gonzales
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Direction La Havane pour un voyage latino aux rythmes de la salsa, du son, du merengue, du reggaeton, de la rumba auxquels on ajoute quelques notes de rap, de funk, de hip hop, de jazz.
Geydi Gonzales ( G&Di) naît à Cuba, elle y apprend à chanter, se joint à quelques groupes de salsa puis arrive en Belgique où elle participe, en tant que choriste, au groupe Doble Impacto.
Depuis quelques années, elle s'est lancée dans une carrière solo, menée avec l'aide du leader de Doble Impacto, le
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saxophoniste/chanteur Juan Carlos Rosquete ( Twanque , Martin de Marneffe Band...).
Ce dernier dirigera le combo accompagnant la ravissante Cubaine, il a embrigadé quelques musiciens pas nazes : Fania Rodriguez (Doble Impacto) aux claviers- Gonzalo Rodriguez de Séville (Doble Impacto) à la basse - Yusbel Ramon aux congas et l'Anversois Nico Manssens ( Sophie Tassignon, Multitude, Lady Linn, Trixie Whitley...) aux drums .
Le chaloupé et sensuel ' Se ha enamorao' ouvre le feu et sera suivi d'un "son" langoureux et sensuel ' No tiene Perdón'.
Where Gloria Estefan meets Jennifer Lopez...chaud, chaud!
Geydi annonce une rumba: ' Rumbera', pendant laquelle elle esquisse quelques pas de danse suggestifs.
Juan Carlos abandonne la playlist et s'attaque à un latino 'Fusion' funk expérimental .
Effectivement la basse groove à mort, le sax s'envole et pendant le bridge on a droit à un passage rap piquant.
Un merenguito, un truc bien épicé ' Te deseaba' (?) auquel succède du latin/pop à la Miami Sound Machine avec intervention gluante du sax.
Une bachata nostalgique et langoureuse, le genre de morceau bien pute pendant lequel tu aimerais te voir coller à une femme fatale, jupe fendue, bas résilles et rouge à lèvres pas des plus discrets: 'Acuerdate de mi'.
On enchaîne sur une nouvelle plage lascive à la longue intro aux congas, probablement le 'Mi Tierra' popularisé par Gloria Estefan.

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Sur la piste, le Liedekerke en jupon essaye, vaille que vaille, de tanguer souplement sur ces rythmes des Caraïbes: cela va du grotesque au pas trop mal, mais aucune de ces dames ne réussira à attirer le regard d' Humphrey Bogart en quête d'une Lauren Bacall.
Un dernier feu d'artifice remuant ' Dame el ritmo' et la fiesta est finie!
Àlaská

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Y a pas d'cerises en Alaska
Et goutchi goutchi goutchi goutchi hou wa wa
Sur la banquise pas d'mimosas
Et goutchi goutchi goutchi goutchi hou wa wa
Pas de petits moutons courant sur le gazon
Pas de macaronis et pas de bouillon gras...
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Mais il y a du ska, même si ces Alaskars viennent de Zingem.
Sont nombreux ( neuf) et de blanc costumés nos Esquimaux: deux saxes, une trompette, un trombone, un clavier, une basse, une batterie, un chanteur/guitariste et un MC zouave, rappeur, zievereir, majorette, cantatrice, ballerine, chômeuse... au choix!
Liedekerke, klaar pour du ska polaire?
Oui, le village est fin prêt, tous les potes sont présents, la famille aussi, va y avoir de l'ambiance carnaval.
Le show commence fort, les gars savent jouer et à tes côtés ça cabriole et ça rigole: ' Standing in the rain' suivi, logiquement, de 'Swimming in the pool'.

''Goodbye Clarice' brûle, les cuivres s'en donnent à coeur joie et les deux kets chantant se démènent vigoureusement.
Le reggae vamos a la playa ' Parasol Espagnol' entame une longue suite de singeries, MC Ramone en fait des tonnes, mais tu te dis: OK, faut amuser les lycéennes, une gaminerie, c'est pardonnable.
'Alaska' du skank kangourous sur la banquise, puis une suite 'Train Alaskain + Leyla' en français dans le texte, les soli jazzy des cuivres sauvent la mise.
Un reggae ' I don't fight' détruit par le boerenrap du MC.
Question: es-tu le seul à estimer que leur soupe commence à sentir le rance?
Regards autour de toi...
Oui!
' Jamaïca', heureusement que Bob nous a quittés!
Pire: ' Opera' un medley, daube indigeste mêlant La Castafiore aux riffs de 'House of the rising sun'.
Achille Zavatta baisant Lange Jojo: l'horreur!
L'intro de 'Out of space' des Prodigy, déjà piquée à Max Romeo, vire grand guignol: 'Hapiness'- Red Zebra 'Can't live in a living room' - 'Rocky' Dog Eat Dog- John Barry- Beastie Boys- et Jean Oublie, une sorte de quiz sauce ketchup, agrémenté d'une chorégraphie Frères Taloche, bref du ska tologique à te donner la diarrhée.
C'est pas fini, sont jaloux de Romano Nervoso et essayent de nous faire bouffer des 'Pasta Alaska'.
Une fête foraine foireuse.
La pantalonnade se poursuit: 'Bal Sénégal' pour finir avec ' Shut it up'.
T'espères qu'il va enfin la fermer, ce MC de mes deux, mais non, Liedekerke exige un bis!

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' Una cerveza per favor' du ska Pancho Villa aussi raffiné qu'un mammouth obèse.
Ces skalopes flamandes aux skalembours douteux ont eu raison de ta patience, tu ne verras pas Rootman J & the Zionyouth Crew.
Skamen!


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