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Tchad : Aide en faveur des réfugiés tchadiens présents sur le site de Madana au Cameroun et de la population de N’Djamena affectée par le conflit de février 2008.

Publié le 24 février 2008 par Thierry Mauricet

Au Tchad, la situation politique est instable depuis de nombreuses années. Différents groupes dissidents se sont formés et s’insurgent contre la politique du Président tchadien Idriss Déby Itno. A la fin du mois de janvier 2008, d’importantes colonnes rebelles lourdement armées sont venues du Soudan et se sont dirigés vers N’Djamena. Les principaux groupes rebelles sont l’Union des Forces pour la Démocratie et le Développement (UFDD), le Rassemblement des Forces pour le Changement (RFC) et l’Union des Forces pour la Démocratie et le Développement Fondamentale (UFDD-F).

Dès le 2 février 2008, les troupes rebelles et l’armée nationale tchadienne se sont affrontées dans les rues de la capitale. Ces combats ont perduré jusqu’au 4 février 2008, date à laquelle les rebelles ont été repoussés par l’armée gouvernementale ou selon d’autres sources ont effectué un « repli technique ». Depuis cette date, ces groupes dissidents se sont tout d’abord dirigés vers le Sud du pays, avant de remonter à l’Est dans la région du Dar Sila, à quelques kilomètres de la frontière soudanaise.

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Ces combats ont causé de nombreux dégâts. Les infrastructures publiques (Ministères, Parlement, banques, marché central…) ainsi que certaines habitations ont subi d’importantes dégradations ou ont été entièrement détruites. Parallèlement, N’Djamena a été le théâtre de nombreux pillages, en particulier dans les maisons inhabitées suite à la fuite de leur propriétaire.

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Suite à ces affrontements, des milliers de civils tchadiens ont fuit N’Djamena pour se réfugier au Cameroun dans la ville de Kousséri ; ces deux villes n’étant séparées que par un pont. Cet afflux massif de réfugiés a été estimé jusqu’à 55.000 personnes par le Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies (UNHCR) mais ce chiffre est à prendre avec précaution. Aucun véritable enregistrement n’étant effectué par l’UNHCR, il était très difficile de connaître le nombre exact de réfugiés présents à Kousséri rendant ainsi difficile le travail des organisations humanitaires. Cela a également eu pour effet, d’empêcher de distinguer les réfugiés tchadiens de la population camerounaise de Kousséri.

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Ces réfugiés se sont installés sur le site de Madana (à 700 mètres de la frontière), de Sitik (Lycée Professionnel de Kousseri) et en ville chez de la famille ou des amis. Dès le 5 février, une vague de retour pouvait être constatée bien que quelques habitants de N’Djamena continuaient à venir se réfugier au Cameroun. Ces retours étaient accompagnés de va et vient par les chefs de familles réfugiées à Kousséri afin de vérifier si les conditions sécuritaires étaient réunies pour permettre leur retour.

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Première Urgence propose d’intervenir au profit de 3.206 personnes en mettant en œuvre un programme alliant distribution de kits de reconstruction et de kits non alimentaires. Ces kits seront faits sur mesure selon le degré de vulnérabilité des bénéficiaires et la gravité des dommages que leur logement a subi. Les dommages sont classés en trois catégories : destruction totale de l’habitation, destruction partielle et importante dégradation. En effet, certains bénéficiaires ne recevront qu’un kit de reconstruction ; d’autres (comme les veuves avec des enfants en bas âge) recevront en plus de leurs kits une aide financière leur permettant de disposer de journalier pour le déblaiement des gravats ou les travaux de maçonnerie.

L’opération sera menée simultanément à N’Djamena dans le 7ème arrondissement quartier Djayri et dans le 3ème arrondissement quartiers de Gardolé et Sabangani, et sur le site de Madana (Kousséri) au Cameroun à 700 mètres de la frontière avec le Tchad.

➢ Concernant le programme mis en place à N’Djamena au Tchad :

Les bénéficiaires sont les familles ayant perdu leur logement lors des affrontements entre l’armée nationale tchadienne et les groupes dissidents. Le choix des bénéficiaires s’est fait selon leur seuil de vulnérabilité (incapacité des bénéficiaires à reconstruire eux-mêmes leur habitat, perte des effets personnels et/ou des outils de travail, décès du chef de famille…).

➢ Concernant le programme mis en place à Madana au Cameroun :

Pour l’octroi des bâches au sol, les bénéficiaires sont l’ensemble des réfugiés du site hormis ceux qui sont installés à l’intérieur de concessions privées. Ces derniers n’ont pas pu bénéficier de bâches car les propriétaires des concessions ont refusé que Première Urgence les installe dans leur concession.

Concernant les abris communautaires, Première Urgence a choisi de faire bénéficier ces abris aux réfugiés les plus vulnérables. Les critères retenus sont l’absence d’ombre dans leur ancien emplacement et les familles ayant de nombreux enfants.

Pour la distribution de biens non alimentaires, Première Urgence a retenu les critères de vulnérabilité classique à savoir les personnes âgées, les handicapés, les enfants en bas âge. De plus, les personnes ayant bénéficié de ces biens sont celles qui ont été omises lors de la précédente distribution de biens non alimentaires.

Pour en savoir plus sur nos programmes au Tchad.


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