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Une reprise en beauté sur la Transfagarasan

Publié le 19 septembre 2011 par Atraversleurope

Depuis quelques temps je n'avais pas fait beaucoup de route étant donné que j'ai pas mal visité le pays en train avec les gens que j'ai rencontré (et oui les aventuriers aussi font les fainéants parfois) Et puis j'ai aussi passé deux semaine en France. De ce fait, j'ai redouté un peu la reprise qui je l'avoue, n'a pas été facile. Il faut dire que la route transfagarasan, que j'ai décidé d'emprunter afin de me rendre à Sibiu, ne m'a pas fait de cadeau. Mais les rencontres ne s'arrêtent jamais en Roumanie, et c'est donc une reprise en toute beauté qui m'attend, avec des courbatures, des douleurs aux pieds et des odeurs parfumés.

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Sur la Transfagarasan

Culminant à 2042 mètres, la route "transfagarasan" est la plus haute route de Roumanie. Avec une longueur de 92 kilomètres de long, elle escalade la vallée du torrent Bâlea au nord et descend au sud l'Arges, traversant les monts Fagaras en passant entre les deux plus hauts sommets de la Roumanie, Moldoveanu (2544 m) et Negoiu (2535 m). Inauguré le 20 septembre 1974, elle a nécessité la construction de 27 viaducs et ponts ainsi que 5 tunnels. A savoir aussi que dix hommes ont donnés leur vie pour la construction de cette route.

C'est donc sur cette route que je me suis engagé afin de rejoindre Sibiu, et croyez-moi, ça n'a pas été de tout repos. Celle-ci débute juste après la petite commune d'arefu, et après quelques petits kilomètres tranquilles, la route commence à monter, monter et monter. Traversant des ponts, des viaducs, des tunnels, ça monte comme ça jusqu'au lac Vidaru et son barrage, endroit plutôt charmant où tout le monde s'arrête pour prendre des photos. A partir de là, les montées cessent mais les virages eux s'enchainent, longeant le lac sur plus de 10km.

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Après le lac la montée reprend de plus belle. Je n'avance pas très vite et j'ai l'impression que mon sac est plus lourd que d'habitude. Voilà déjà deux jours que je suis sur cette route qui m'épuise avec ses montées et ses virages. De plus, à part une pomme et quelques biscuits il ne me reste plus rien à manger (même pas des verres à faire frire). Afin de me ravitailler il me faut atteindre le point le plus élevé de la route, culminant à 2042m à Balea lac où se trouvent des mini-markets. Mais pour ça j'ai encore beaucoup de kilomètres à parcourir. Pas le moment de faiblir, on prend son courage à deux pieds et on y va! Je continu donc ma marche sur quelques kilomètres avant de me faire accoster par une première voiture qui me propose de monter. Je refuse en jugeant que je peux encore tenir le coup. 

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Sur le mont Moldoveanu

Puis en fin d'aprèm une autre voiture s'arrête pendant que je fais une pause. A l'intérieur deux gars qui me demande où je vais. "Je traverse la transfagarasan à pied" leur rétorque-je. Ceux-ci m'expliquent alors qu'ils vont aller faire de la randonnée sur les monts Fagaras et me proposent de me joindre à eux. Je leur dis qu'il me faut aller jusqu'au mini-market à balea lac afin de me ravitailler. Mais décidément la générosité Roumaine est toujours au rendez-vous: "La bouffe c'est pas un souci, on en a plein. Allez montes!!" Bon allez, mais c'est parce-que vous insistez...

Je m'embarque alors avec ces deux gars qui semblent fort sympas. Ce sont deux bons amis qui sont pourtant très different. Il y a Mario, le plus âgé (42ans), l'ouvrier, qui lui est très actif, très bavard et très drôle. Ayant servi dans l'armée, il fait beaucoup de randonnée et il est très fière de dire que son père a participé à la construction de la route "Transfagarasan. Et puis il y a Alin, le docteur, qui lui est plus calme, plus réservé et qui s'inquiète sans cesse pour sa voiture. Car la nuit approchant, il nous a fallut trouver un terrain pour garer le véhicule et planter nos tentes. Et si Mario est plutôt spontanée, Alin lui réfléchis beaucoup plus. Mais nous finissons quand même par trouver une bonne place et pour la voiture, et pour nos tentes. 

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Après avoir installé notre campement, nous mangeons un petit repas bien chargé. "Vas-y manges! Sois pas gêné" me répètes sans cesse Mario. N'ayant pas mangé grand chose de toute la journée, j'en profite pour reprendre des forces. Et puis vu la journée qui m'attends le lendemain, il vaut mieux. Après une courte nuit de sommeil, tous levés à 5h du mat, nous décampons et montons avec la voiture jusqu'au parking du lac de Balea. Au programme aujourd'hui, randonnée jusqu'au mont le plus élevé de la Roumanie, le mont Moldoveanu, rien que ça. Comptant faire l'aller-retour dans la journée, nous prenons juste le nécessaire, l'eau et la bouffe. Puis nous entamons la route qui commence avec une belle montée très raide. Et ça continue avec des montées et des descentes, à travers les versants et les crêtes.

Aussi j'avoue avoir été impressionné par ces deux vétérans de la rando. Ils ont même réussi à m'épuiser. Les pauses sont assez rares, tout comme les points d'eau pour se ravitailler. Ajoutez à tout ça des chemins très raides et assez dangereux où le moindre faux pas et c'est la mort assurée. D'ailleurs, au vu des nombreux mémoriaux, il y en a pas mal qui sont décédés sur cette montagne. Pas très rassurant tout ça. Mais bon, le gout pour le risque, avec les roumains je commence à y être habitué. Ceci dit, après plus de 6h de marche, nous parvenons finalement au sommet du mont Moldoveanu depuis lequel nous jouissons d'une vue tout simplement magnifique. Emplis d'une certaine fierté, nous prenons le temps de nous reposer un peu et d'admirer ce tableau qui s'offre à nous. Et croyez-moi, ça vaut le coup d'oeil.

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Bref, c'est pas tout mais il faut aussi retourner au camp qui n'est pas à coté. Après ce petit moment de répit nous entamons donc le chemin de retour qui cette fois-ci, est un peu plus tranquille. Nous faisons même une petite sieste près d'un petit lac avant de reprendre la route qui monte et descend toujours. Mais heureusement, ça descend plus que ça ne monte. Aussi nous rencontrons beaucoup de monde sur le chemin, dont deux jeunes allemandes que nous prenons le temps de renseigner. Mario étant un excellent guide (il connait le nom de chaque pic, chaque lac et pleins d'autres choses), mais ne parlant pas anglais, je fais la traduction Roumain-anglais et vice-versa. Puis nous reprenons la route avant de finalement arriver jusqu'à la voiture, tous épuisés. Donc après une petite toilette et un bon repas, on saute dans la tente pour nuit de sommeil bien méritée. 

Le lendemain il me faut quitter Mario et Alain, ces deux drôles de spécimens au cœur débordant de générosité. Ils m'on même offert de la bouffe pour la route. Car oui c'est pas tout mais j'ai encore pas mal de kilomètres jusqu'à Sibiu. Bien que Mario et Alin m'aient épuisé durant cette rando, ils m'ont quand même regonflé le moral à bloc. C'est donc avec une volonté de fer que je défie à nouveau la Transfagarasan qui à partir de maintenant ne fait que descendre, bien que les virages soient toujours de la partie durant les premiers kilomètres.  Mais après deux jours de marche j'arrive finalement à Sibiu, mais je pense qu'on va s'arrêter là pour aujourd'hui, je commence à avoir des crampes aux doigts. 

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Donc voilà, une petite reprise en beauté avec une semaine riche en épuisement, mais aussi en sensations fortes. Mais il faut dire que les roumains sont toujours là quand on en a besoin et ma rencontre avec Mario et alin a été très enrichissantes, surtout que, ne parlant ni l'un ni l'autre anglais, nos conversations se sont toutes faites en Roumain, que je commence à maîtriser plutôt bien. Quant à la traversé de la transfagarasan, bien qu'épuisante, fut assez impressionnante. C'est quand même fou ce que l'homme est capable de faire parfois au niveau constructions. Mais je pense que c'est une route dont il est plus sympa de traverser en voiture ou en moto, ce dont beaucoup ne s'en privent pas. Mais heureusement, pour ceux qui sont à pied, les randonnées aux alentours sont très sympa également, et là aussi, beaucoup en profitent. 

Sur ce, je vous laisse ici pour le moment et je vous donne rendez-vous au prochain épisode pour la suite de mes aventures.

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