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La guerre est déclarée, symbole d’un cinéma français régressif

Publié le 21 septembre 2011 par Sullivan
Le phénomènounet de la rentrée (le cumul total des entrées devrait s’arrêter en dessous du million, nous sommes donc dans un succès très citadin, pour ne pas dire parisien) est donc «La Guerre Est Déclarée». Le film est porté aux nues par une critique quasi-unanime. Dont il faut dire qu'elle fait beaucoup de mal au cinéma.
19766000Il ne s’agit pas de dire que «La Guerre est Déclarée» est un navet (ce n’en est pas un), ni qu’il n’y a aucune bonne idée (il y en a, et plusieurs). Juste que le film est, au mieux, très approximatif. Et que les bonnes idées ne suffisent pas à élever au rang de chef d’œuvre ce qui ressemble fort au résultat du travail d’un Lycéen en option cinéma.
Tout cela ne serait pas énervant s’il n’y avait pas dans «La Guerre Est Déclarée» le potentiel d’un vrai bon film, et si l’hystérie médiatique qui a entouré sa sortie n’était pas de nature à empêcher Valérie Donzelli de devenir une vraie réalisatrice, plutôt qu'à l’y aider.
Cette réaction n’est malheureusement pas complètement surprenante. Elle m’a d’ailleurs renvoyé à l’accueil critique qu’avait reçu «Les Chats Persans», célébrant outrageusement ce qui n’était jamais qu’une collection de vignettes maladroites, dépourvues de personnages et de dramaturgie. La sincérité et l’émotion brute transmises par les auteurs, qui racontaient leur vécu en Iran, avaient suffis, en dépit de l’extrême faiblesse cinématographique de l’œuvre.
J’y avais vu à l’époque une forme de condescendance un tantinet raciste, mais l’accueil du film de Donzelli me détrompe, en même temps qu’il m’inquiète. «Les Chats Persans» n’a donc pas bénéficié de ces dithyrambes parce qu’il était Iranien, mais parce qu’une certaine critique est désormais fétichiste de cet amateurisme ‘‘sincère’’ et porteur ‘‘d’émotions brutes’’. Pour elle, l’apprentissage et le travail sont désormais des filtres à bannir et le cinéma n’a nulle part où aller que vers l’infantile. Les réalisateurs sont invités à réinventer le fil à couper le beurre, film après film et chacun de leur coté. Voilà ce qui arrive quand on décrète que toute forme d’industrie est nuisible, et que toute règle est un vice.

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